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    Europe

    «Panama Papers»: les réponses à l’onde de choc

    media En Islande, des milliers de manifestants ont appelé ce lundi 4 avril à la démission du Premier ministre, Sigmundur Gunnlaugsson, cité dans les «Panama Papers». REUTERS/Stigtryggur Johannsson

    Depuis dimanche 3 avril, les journaux du monde entier publient des révélations sur un vaste scandale mondial d’évasion fiscale. Le feuilleton ne fait que commencer : les révélations doivent s’étaler sur plusieurs jours. Mais d’ores et déjà, les premières contre-attaques ont débuté.

    Le Kremlin s’attendait à voir publiées des révélations sur des proches de Vladimir Poutine. Son porte-parole en avait parlé publiquement il y a quelques jours, dénonçant, avant l’heure, une attaque dirigée contre la Russie. Une fois les documents publiés, comme attendu, Moscou a balayé toutes les accusations d’un revers de main, parlant d’une enquête journalistique pleine d'« inventions », de « falsifications », destinées à nuire à la Russie, et estimant que parmi les journalistes qui ont décrypté ces documents, il y avait « d'anciens employés du département d'Etat, de la CIA, d'autres services secrets ».

    Selon le porte-parole de Vladimir Poutine, le « niveau de Poutinophobie » est si élevé « qu’il est devenu impossible de dire quoi que ce soit de positif à propos de la Russie ». Dmitri Peskov, est d’ailleurs lui-même évoqué dans ces enquêtes. Selon les documents, son épouse, Tatiana Navka, une championne de patinage artistique, aurait possédé une société offshore dans les îles Vierges britanniques, ce que l’intéressée dément.

    Selon les révélations des « Panama Papers », des associés du président russe auraient détourné jusqu'à deux milliards de dollars avec l'aide de banques et de sociétés-écrans, ce qui leur aurait permis, notamment, d’obtenir de l'influence auprès des médias et de l'industrie automobile.

    Les proches de Poutine visés par plusieurs enquêtes

    Les documents ne citent jamais directement Vladimir Poutine. Ils pointent en revanche, parmi d’autres, un violoncelliste, ami de longue date du président, parrain de sa fille cadette. D'après les enquêtes journalistiques, il serait son homme de paille et son porte-monnaie. Sergueï Roldouguine apparait dans au moins sept sociétés offshore, des structures qui auraient racheté d'immenses pans de l'économie russe à travers d'autres compagnies offshore, par un savant jeu d'imbrications.

    Ces derniers mois, plusieurs enquêtes ont visé des proches de Poutine. La fortune du président russe est régulièrement évoquée : les câbles diplomatiques américains révélés via Wikileaks en 2010 parlaient déjà d’actifs secrets détenus à l’étranger. Pourtant, aucune de ces révélations n’a fait beaucoup de bruit en Russie et cette nouvelle affaire ne provoque pas plus de remous.

    La situation est toute autre en Islande ou en Ukraine. A Reykjavik, des milliers d'Islandais ont manifesté ce lundi pour exiger la démission de leur Premier ministre. Sigmundur David Gunnlaugsson se retrouve lui aussi pris dans la tourmente des « Panama Papers », qui révèlent ses avoirs dans un paradis fiscal. Selon des documents dévoilés par le Consortium international des journalistes d'investigation, M. Gunnlaugsson, 41 ans, a créé en 2007 avec sa future femme une société dans les îles Vierges britanniques, appelée Wintris, pour y entreposer des millions de dollars, jusqu'à ce qu'il lui cède ses parts fin 2009 pour un dollar symbolique.

    Quand il a été élu député pour la première fois en avril 2009, il a omis de signaler cette participation dans sa déclaration de patrimoine, alors que la loi l'y obligeait. L'affaire est extrêmement sensible dans un pays marqué par les excès des années 2000, où un secteur financier euphorique et ses dirigeants et cadres usaient et abusaient des sociétés-écrans.

    Remous également en Ukraine, où des députés veulent lancer une procédure de destitution à l'encontre du président, qui, selon les documents panaméens, a créé une société dans les îles Vierges Britanniques en 2014. Cette procédure n’a pas beaucoup de chances d’aboutir, mais l’affaire ne passe pas inaperçue, deux ans après la révolution du Maïdan, où l’un des principaux mots d’ordre des manifestants était la nécessité de se débarrasser d’un système oligarchique très corrompu. Ce scandale éclate aussi à un moment où le gouvernement ukrainien réfléchit à mettre en place une politique de lutte contre l’évasion fiscale qui coûte chaque année plus de 10 milliards d’euros au pays. S’il ne nie pas l'existence de comptes aux îles Vierges Britanniques, Petro Porochenko assure respecter la loi à la lettre.

    Frontière ténue

    Le cas ukrainien l’illustre : dans ces affaires de structures offshore, la frontière entre le légal et l’illégal est souvent ténue. S’il y a bien conflit d’intérêts entre le président Porochenko et l’homme d’affaires Porochenko, dans les documents, il n’y a pas à proprement parler d’infraction pénale. L’entourage du président ukrainien explique que cette société offshore devait faciliter la vente de son groupe de confiseries Roshen, comme il s’y était engagé, conformément aux pratiques qui prévalent sur les marchés.

    Plus généralement, la création d'une société offshore n'est pas illicite en soi. Mais souvent, elle est utilisée comme société-écran pour dissimuler des avoirs et échapper à l’impôt. Rien n’empêche, en théorie, des hommes d’affaires ukrainiens, brésiliens ou russes de posséder des actifs à l’étranger. Si cela leur permet de détourner de l’argent public, c’est une autre affaire. Et pour ce qui est des députés, des gouverneurs et de hauts fonctionnaires russes qui apparaissent dans cette enquête, la loi leur interdit de posséder des actifs étrangers et donc, d’utiliser des structures offshore.

    Ouverture d'enquêtes

    Plusieurs pays vont ouvrir des enquêtes après ces révélations : l’Australie, l’Autriche, le Brésil, la Suède, les Pays-Bas… L’Allemagne prépare un texte contre les sociétés offshore. Selon le journal Süddeutsche Zeitung, 28 banques allemandes ont eu recours ces dernières années aux services du cabinet Mossack Fonseca, parmi lesquelles Deutsche Bank et Commerzbank. En Espagne, le parquet et le fisc annoncent l'ouverture d'enquêtes, respectivement pour blanchiment et évasion fiscale.

    Parmi les clients du cabinet panaméen Mossack Fonseca figurent notamment le joueur de football star du Barça Lionel Messi et son père Jorge, qui doivent déjà comparaître en mai devant un tribunal catalan, justement pour évasion fiscale par le biais de sociétés fictives. La tante du roi Felipe VI, Pilar de Bourbon, et le cinéaste Pedro Almodovar figurent également sur cette liste.

    En France, alors que de nouvelles révélations doivent avoir lieu dans les prochaines heures, notamment sur un grand parti politique, le parquet financier a annoncé, sans attendre, l'ouverture d'une enquête préliminaire pour « blanchiment de fraudes fiscales aggravées ». Les ministres des Finances et du Budget ont assuré qu’ils disposaient « d'outils juridiques permettant de redresser les impôts éludés et d'appliquer les pénalités ». Un millier de ressortissants français seraient concernés.

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