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    Europe

    La Russie envoie sa première fusée dans l'espace depuis son cosmodrome Vostochny

    media La fusée Soyouz 2.1a sur le pas de tir du cosmodrome de Vostochny, à l'extrême est de la Russie, le 27 avril 2016. REUTERS/ Kirill Kudryavstev

    Après un faux départ 24 heures plus tôt, la Russie a étrenné dans la nuit de mercredi à jeudi son nouveau cosmodrome Vostochny, situé à l'extrême est du pays. Une première étape pour remplacer le mythique port spatial de Baïkonour, au Kazakhstan, depuis l'éclatement de l'URSS. C’est de là que s'étaient élancés Gagarine, Spoutnik et aujourd'hui encore les cosmonautes vers la Station spatiale internationale (ISS).

    Sous les yeux de Vladimir Poutine, à 2h01 TU, une fusée Soyouz 2.1a s'est élancée pour la première fois du cosmodrome Vostochny.

    Ce n'était pourtant pas gagné d'avance. Le projet a été lancé en 2007 pour s'affranchir de la dépendance envers le Kazakhstan où se trouve le cosmodrome historique de Baïkonour depuis la fin de l'URSS. Il a fallu neuf ans et une restructuration du secteur spatial russe pour mener à bien la construction de Vostochny, minée par la corruption.

    Ce premier lancement intervient 55 ans après le vol du premier homme dans l'espace et ce n'est pas un hasard. En cette année Youri Gagarine en Russie, les équipes de l'agence spatiale Roscosmos ont mis les bouchées doubles ces derniers mois pour tenir les délais.

    La fin de Baïkonour ?

    La mission de Soyouz était moins symbolique. La fusée doit mettre en orbite un satellite scientifique, Lomonossov, chargé d'étudier les rayons cosmiques de haute énergie.

    De la science fondamentale qui ne fait cependant pas oublier des considérations plus terre à terre. Notamment celle du devenir de Baïkonour, où travaillent aujourd'hui 10 000 personnes et où vivent 70 000 habitants. Une ville entière consacrée au spatial qui pourrait bien mourir avec le retrait progressif de la Russie. Mais Baïkonour a encore un peu de temps. La Russie s'est engagée à utiliser le site jusqu’en 2050.

    → A (RE)ECOUTER : De Baïkonour à Vostochny


    Le spatial, un enjeu politique de premier ordre pour Vladimir Poutine

    Avec notre correspondante à Moscou, Muriel Pomponne

    « Je veux vous féliciter. Nous avons de quoi être fiers. » Ces mots de Vladimir Poutine, les responsables du secteur spatial russe ont dû les gouter à leur juste valeur. Car mercredi, le président russe avait laissé éclater sa colère après le report de 24 heures du lancement. Certes, il avait admis que de tels reports peuvent arriver pour des raisons techniques, mais il en avait profité pour revenir sur les affaires de corruption qui ont marqué la construction du nouveau cosmodrome russe.

    « On a dû chercher l'argent de l'Etat pour le retrouver sur des comptes en banques. Six enquêtes pénales sont en cours », avait rappelé le président russe, ajoutant qu'il ne doutait pas une seconde que les coupables quitteront bientôt leur lit douillet, pour la paillasse d'une prison !

    Il avait également dénoncé les « négligences » à l'origine des échecs précédents de lancement de fusées russes, notamment à partir de la base de Kourou en Guyane française...

    Car la réussite du secteur spatial est un enjeu politique de premier ordre pour Vladimir Poutine. C'est pour cela qu’il a décidé la construction du cosmodrome de Vostotchny, dont le cout est estimé à 5 milliards d'euros. En cette année du 55e anniversaire du premier vol spatial habité par Iouri Gagarine, il était essentiel, aux yeux du président russe, que son pays se pose en leader dans ce secteur. Il a donc tenu a rappeler que « malgré les échecs, la Russie reste la puissance dominante en terme de nombre de lancements spatiaux ».

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