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    Europe

    Merkel et Hollande, sous un parapluie à Verdun pour le centenaire de la guerre

    media REUTERS/Jean-Christophe Verhaegen/Pool

    C'était il y a 100 ans, l'enfer de Verdun, dans l'est de la France. Une des batailles les plus sanglantes de la Première Guerre mondiale. Pour le centenaire, le président français et la chancelière allemande sont de commémoration ce dimanche 29 mai 2016. La première étape du jour s'est déroulée sous la pluie au cimetière allemand de Consenvoye, dans la Meuse, avant qu'Angela Merkel et François Hollande ne rejoignent l'ancien champ de bataille.

    François Hollande a accueilli Angela Merkel de façon chaleureuse, ce dimanche 29 mai 2016. Les deux dirigeants européens se sont embrassés sous une pluie intense. Puis ils ont marché côte à côte un long moment, sous un grand parapluie noir, le temps de rejoindre la nécropole allemande de Consenvoye.

    Tous deux ont déposé ensemble une gerbe au pied de l’ossuaire, en présence de quatre collégiens français et allemands. Puis les deux dirigeants se sont recueillis, la mine grave, et ont signé le livre d’or de la nécropole. Ils se sont alors vus remettre par André Dormois, maire de la commune, le fac-similé du document signé en 1984 par MM. Mitterrand et Kohl.

    Dès son arrivée ce dimanche matin, François Hollande était allé échanger quelques mots avec les habitants des villages alentours, qui l’attendaient devant le cimetière. Mais à la mi-journée, les citoyens de la région et d'ailleurs, parfois venus de loin, étaient encore nombreux à attendre, un peu partout le long des routes.

    En ce jour spécial, certains ont revêtu des uniformes de poilus. Un jeune homme confiait un peu plus tôt dans la journée, au micro de l'envoyée spéciale de RFI sur place, Christine Siebert : « C'est pour être en contact avec mes ancêtres morts dans cette guerre. Mettre cet uniforme signifie ne pas les oublier. »

    Et François Hollande lança : « Vive l'esprit de Verdun ! »

    Les deux dirigeants européens, pour leur part, ont un programme chargé. Après Consenvoye, ils ont pris la direction de l’Hôtel de Ville de Verdun, où les a accueillis le maire, Samuel Hazard, mais également une chorale d'enfants chantant la Marseillaise sur la place de la mairie.

    Cette ville du nord-est de la France a donc été le théâtre d'une des batailles militaires les plus inhumaines de l'histoire contemporaine en Europe. En 1916, il y a 100 ans, dans les tranchées de la Première Guerre mondiale : des centaines de milliers de morts, de nombreuses nationalités, énormément de Français et d'Allemands.

    « C'est une tradition pour le président de la République française, que d'être là, a expliqué M. Hollande. Mais c'est la première fois qu'un chancelier d'Allemagne, en l'occurrence une chancelière, vient ici dans cette mairie de Verdun. Il manquait encore une distinction, celle qui lui est attribuée aujourd'hui au nom de la commémoration franco-allemande. » Et le chef de l'Etat français d'ajouter :

    Déclaration de François Hollande à Verdun 29/05/2016 - par Christine Siebert Écouter

    « Grâce à vous, chère Angela, Verdun est pour la première fois honorée, non pour son passé de souffrance, mais pour son message d'espérance. C'est le sens du prix 'De Gaulle-Adenauer', qui reconnaît les mérites éminant de votre ville, au service de la réconciliation, de la coopération, et de l'amitié entre la France et l'Allemagne. Verdun ne s'est pas figée dans un culte des morts, mais s'est constamment projetée pour accomplir sa mission de paix. Vive l'esprit de Verdun ! »

    Angela Merkel : « C'est beau, et cela ne va pas de soi »

    Après cela, la chancelière allemande Angela Merkel a prononcé des paroles fortes qui manifestement venaient de son for intérieur : « Verdun symbolise l'une des batailles les plus cruelles que l'humanité ait jamais vécue. Français et Allemands se sont livrés ici-même un combat acharné, il y 100 ans », a d'abord expliqué la dirigeante allemande.

    Angela Merkel : «Verdun symbolise l'une des batailles les plus cruelles que l'humanité ait jamais vécue...» 29/05/2016 - par Christine Siebert Écouter

    « Et dans ce contexte, a-t-elle ajouté, votre accueil chaleureux est pour moi, chancelière allemande, tout sauf un geste qui va de soi, malgré toutes ces années pendant lesquelles nos deux nations se sont liées d'amitié. L'invitation du président François Hollande de commémorer ensemble ce centenaire à Verdun est un grand honneur pour moi et pour mes compatriotes. »

    « C'est beau, et cela ne va pas de soi d'être accueillis avec un grand sourire, un sourire qui se reflète dans tant de visages, dans un lieu si imprégné par l'histoire. En France, il n'y a probablement presque aucune famille qui n'ait pas souffert de la cruauté de la guerre, et cela vaut d'autant plus pour les habitants de Verdun », a encore confié Mme Merkel.

    Et de conclure : « Le souvenir est omniprésent et nous devons préserver cette mémoire. Seuls ceux qui connaissent le passé peuvent en tirer des leçons et forger un bel avenir. »


    ■ Comment les Allemands voient-ils Verdun et la Grande Guerre ?

    Pourtant, la bataille de Verdun et les commémorations du jour n'ont pas envahi les médias allemands, rapporte notre correspondant à Berlin, Pascal Thibaut. Non pas que l'Allemagne ne s'intéresse pas à l'histoire et à son passé, mais le XXe siècle reste à leurs yeux, avant tout, dominé par la Seconde Guerre mondiale et le nazisme, qui écrasent tout le reste.

    Ainsi, si l'on s'intéresse à la Première Guerre mondiale en Allemagne, c'est plutôt pour revenir aux racines du national-socialisme qu'à son déroulement proprement dit. Certes, l'armée allemande avait subi de lourdes pertes, y compris à Verdun, mais la guerre ne s'est pas déroulée sur son sol, et les lieux de mémoire manquent. Et puis, avoir perdu le conflit influe aussi sur les commémorations.

    Il y a deux ans, le centenaire du début de la guerre de 1914-1918 avait donné lieu en France à des centaines de manifestations. Paris s'était interrogé sur l'inaction allemande. En revanche, il est notable que le livre de l'historien australien Christopher Clarke, sur les origines du conflit, est resté des semaines sur la liste des « best sellers » en Allemagne.

    → Écouter sur RFI : l'historien Gerd Krumech, invité de la mi-journée
    → Webdoc à (re)découvrir : Fusillés pour l'exemple, l'ultime combat

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