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    Les Etats-Unis vont se retirer de l'ensemble de la Syrie, a affirmé mercredi 19 un responsable américain. Au moins 2000 soldats américains y sont déployés pour combattre le groupe Etat Islamique (EI). «C'est un retrait total» qui interviendra «aussi rapidement que possible», a indiqué cette source ayant requis l'anonymat, précisant que «la décision a été prise hier». Le président américain Donald Trump a également tweeté dans ce sens mercredi, affirmant que «nous avons vaincu le groupe Etat islamique en Syrie, la seule raison pour moi pour laquelle nous étions présents pendant la présidence Trump».

    Europe

    Royaume-Uni: quelles seraient les conséquences immédiates d’un Brexit?

    media La City, le quartier des finances londonien, serait l’une des premières affectées par le Brexit. ©AFP/NIKLAS HALLE'N

    Et si le Royaume-Uni sortait vraiment de l’Union européenne ? Les sondages, très serrés, montrent que cette éventualité est tout à fait réaliste. Quelles seraient alors les conséquences pour les Européens des deux côtés de la Manche ? Les échanges commerciaux devraient être directement affectés ainsi que la circulation des travailleurs, touristes, tout comme les échanges universitaires. Eventail de l’impact d’un « Brexit ».

    Londres, 24 juin, 9 h du matin. David Cameron, Premier ministre britannique, apparait, la mine grave et l’air légèrement décomposé, sur les écrans de la BBC. « British people have chosen to leave the European union ». « Le peuple britannique a choisi de quitter l’Union européenne. »  Le dirigeant conservateur n’en revient pas. Le piège s’est refermé sur lui.

    Quid des trois millions d’Européens au Royaume-Uni ?

    Ce scénario n’est encore que de la fiction, mais à la veille de l’ouverture des bureaux de vote, il a, selon les sondages, une chance sur deux de se produire. Si c’est le cas, le chef du gouvernement devra d’abord notifier au Conseil européen, par une lettre, l’intention du Royaume-Uni de quitter ce marché commun qu’il a intégré en 1973. Londres et Bruxelles négocieront alors pendant une période de deux ans, renouvelable de manière exceptionnelle, un accord pour encadrer leurs nouvelles relations.

    Mais que se passera-t-il pendant cette période de latence pour les trois millions de ressortissants de l’UE qui travaillent sur l’île et ceux qui veulent s’y rendre ? « Cela ne changerait pas grand-chose, explique Yves Bertoncini, directeur de l’Institut Jacques Delors. Ils n’étaient pas dans l’espace Schengen pour la partie liberté de circulation, il y aurait donc toujours des contrôles à leurs frontières. Cependant, il demeurerait la libre circulation au sens du traité de Rome (de 1957, qu’a ratifié le Royaume-Uni), c’est-à-dire le droit pour les Français, par exemple, d’aller tenter leur chance au Royaume-Uni pour essayer d’y trouver un travail. Et il ne leur serait certainement pas possible, à court terme, de bloquer les Européens qui exercent ce droit, qu’ils soient footballeurs français ou plombiers polonais. »

    En cas de victoire du « Brexit », Londres pourrait toutefois être tenté de freiner l’arrivée de migrants avant même la formalisation de ce divorce, car c’est la première revendication évoquée par les Britanniques en faveur de cette sortie. Dans ce cas, Londres devrait toutefois s’attendre à des mesures réciproques de la part des pays visés et des restrictions plus sévères à la circulation des ressortissants britanniques. De toutes les façons, beaucoup d’Anglais résidant dans l’Union seraient tentés de revenir, car les accords de remboursement des soins et de retraite seraient abrogés.

    Un modèle de libre-échange à réinventer

    En se retirant de l’Union européenne, le Royaume-Uni sortirait bien entendu de sa principale composante, le « marché commun », créant la zone de libre-échange complète entre ses participants. Londres et Bruxelles devaient donc signer de nouveaux accords commerciaux, selon un modèle qui reste à inventer. « La logique économique pour le Royaume-Uni serait d’avoir le statut qui le perturbe le moins, c’est-à-dire celui qui se rapproche le plus de ce qu’il a aujourd’hui. Et cela, c’est le statut de la Norvège », détaille Marc Pierini, ancien haut fonctionnaire européen et membre du cabinet d’études Carnegie, à Bruxelles.

    La Norvège est membre, avec l’Islande et le Liechtenchtein, de l’Association européenne de libre-échange (AELE), qui est une alliance à géométrie variable par laquelle les membres peuvent imposer des droits de douane différents pour chaque pays tiers. Le Royaume-Uni était justement l’un des pays fondateurs de l’AELE, avant de rejoindre la Communauté économique européenne (CEE) en 1973.

    Les trois pays ont ensuite créé, en 1992, l'Espace Economique Européen (EEE), qui établit une union économique poussée avec l'UE et leur offre les quatre libertés propres à l'Union (circulation des marchandises, capitaux, services et personnes) mais les exclut des prises de décisions politiques et budgétaires européennes.

    Revenir à cette alliance a minima n’est cependant pas du goût de tous les Anglais, poursuit Marc Pierini, car cela obligerait le Royaume-Uni à s’aligner sur des législations qu’il ne votera pas. « Ce statut convient à la Norvège, car c’est un très petit pays, qui a de très fortes ressources budgétaires (grâce à ses réserves de pétrole) et pas d’ambition mondiale. Mais le Royaume-Uni est bien plus dépendant, entre autres dans les services, et cela lui compliquerait la vie. Dans l’ensemble, on ouvrirait donc un chantier considérable et très compliqué, avec une période d’incertitude. »

    La City perdrait de son attrait

    La place financière londonienne, la plus importante du monde depuis 2007, selon le classement Global Financial Centres Index (GFCI), serait l’une des premières affectées par ce retrait de l’Union. Car même si les Anglais n’ont pas intégré la zone euro, beaucoup de transactions sur les devises et obligations d'Etats européens sont réalisées dans la City. Londres accueille, par exemple, la quasi-totalité des « chambres de compensation » libellées en euros – celles-ci enregistrent et garantissent quotidiennement les contrats échangés sur les marchés à terme, sur les matières premières et les monnaies.

    Selon le journal Libération, le montant de ces transactions gérées au Royaume-Uni s’élèverait à 130 000 milliards d’euros par an, soit deux fois le PIB mondial. La Banque centrale européenne (BCE) n’a jamais réussi à les rapatrier sur le continent. Si Londres claque la porte de l’Union, cette situation ne serait plus tenable. Les grandes banques ont déjà prévenu des répercussions sur les emplois : la HSBC a ainsi envisagé le rapatriement d’une partie de ses activités et de 1 000 postes vers Paris en cas de Brexit, et la Deutsche Bank pourrait faire de même vers Francfort.

    Un programme Erasmus en berne

    Le Royaume-Uni perdrait un autre lien avec le continent, moins rémunérateur, mais tout aussi symbolique du projet européen : les échanges universitaires. Car en quittant l’UE, Londres abandonnerait également le programme Erasmus, qui finance les études d’Européens et de non-Européens au sein de l’Union. Aujourd’hui, la majorité des étudiants du programme veulent aller au Royaume-Uni, non seulement pour les facilités linguistiques, mais aussi du fait de la bonne réputation des facultés britanniques. Selon Marc Pierini, le départ d’Oxford et consorts représenterait « une perte assez considérable pour les universités britanniques ainsi qu’une perte d’influence de l’université européenne en général, car un pan entier du programme Erasmus disparaitrait ».

    De l’autre côté de la Manche, la plupart des décideurs ont compris les risques et pertes qu’engendrait ce Brexit. Et les « froggies » ont même pris la plume : 34 des plus grandes entreprises françaises ont publié une lettre commune dans les plus grands quotidiens britanniques. Avec un message : « Don’t leave ». « Ne partez pas ».

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