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    Europe

    Royaume-Uni: Theresa May, une conservatrice aux portes du pouvoir

    media La conservatrice Theresa May franchit un pas de plus vers le 10 Downing Street. LEON NEAL / AFP

    Indéboulonnable du ministère de l’Intérieur depuis six ans, Theresa May fait partie des deux dernières candidates en lice, avec la pro-Brexit Andrea Leadsom, pour succéder à David Cameron à la tête du gouvernement britannique. Theresa May, 59 ans, fidèle à l'actuel Premier ministre, a discrètement soutenu le « Remain » pendant la campagne du Brexit. Une carrière patiemment construite qui pourrait bien la mener au pouvoir.

    Les cheveux blonds de Theresa May ne sont pas le seul point de comparaison avec son aînée Margaret Thatcher. Avec poigne, elle a construit pas à pas sa carrière politique au sein du parti conservateur britannique depuis 1986. Celle que l’on présente désormais comme la nouvelle « Dame de fer » est sortie une fois de plus en tête du vote des députés conservateurs jeudi après-midi avec 199 voix des 329 députés, devant la candidate pro-Brexit Andrea Leadsom, secrétaire d’Etat à l’Energie. Elles ne sont plus que deux candidates en lice pour succéder à David Cameron à la tête du gouvernement britannique. Le ministre de la Justice Michael Gove a été éliminé, n'obtenant que 46 voix.

    Reste maintenant à convaincre les militants conservateurs, qui vont voter pendant l'été, l'élue sera officiellement désignée le 9 septembre prochain. Mais les sondages la donnent gagnante. « Ce n’est pas une surprise », commente Florence Faucher, professeure au Centre d’études européennes de Sciences Po Paris, « C’est quelqu’un qui est dans l’équipe de tête depuis les années 2000 ».

    Une carrière politique longuement construite

    Entrée en politique en 1986, c’est seulement onze ans plus tard qu’elle est élue députée du Maidenhead. Entre 1999 et 2010, elle devient membre du « Shadow cabinet », le fameux gouvernement de l’opposition en charge de contredire le pouvoir en place. C’est là qu’elle fera ses preuves comme chef du groupe parlementaire, puis en tant que « ministre fantôme » de l’Education et de l’Emploi.

    Entre-temps présidente du Parti conservateur (2002-2003), c’est surtout comme ministre de l’Intérieur qu’elle a fait preuve de fermeté : « Elle a su montrer sa poigne en occupant un poste régalien à partir de 2010 », explique Florence Faucher. Sécuriser les frontières est devenu une priorité, afin de réduire l’immigration vers le Royaume-Uni. « Elle n'exclut pas non plus d'expulser les ressortissants européens, sachant que c'est le cas des migrants de l'Europe de l'Est qui pose problème », décrypte la professeure spécialiste de l'Union européenne. Theresa May a aussi fermement lutté contre la criminalité en libéralisant la police, son travail a d’ailleurs été remarqué en termes de lutte anti-terrorisme.

    La ministre de l’Intérieur a ainsi pu construire une image solide en dehors des frontières britanniques. « Depuis 2015, elle travaille notamment avec Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur français, dans le cadre de la coopération en termes de sécurité. Ce n’est pas une inconnue pour les capitales européennes », rappelle Florence Faucher. Un atout incontestable pour celle qui devra peut-être négocier les conditions du Brexit directement avec l’Union européenne.

    Une femme politique qui a modernisé le Parti conservateur

    « Nasty party (le méchant parti) ». C’est avec ce fameux discours que Theresa May a marqué les esprits britanniques. Alors première présidente du Parti conservateur en 2002, poste habituellement occupé par des hommes, elle n’hésite pas à critiquer son propre parti. Trop de corruption, exclusion électorale des femmes, manque de considération des minorités... Cela lui vaut quelques inimitiés au sein de ce parti traditionnel, mais Theresa May va secouer ce parti traditionnel afin de lui redonner un élan et regagner le pouvoir, alors aux mains du travailliste Tony Blair.

    « Alors ténor des Tories, Theresa May inspire David Cameron en 2005 et justifie sa politique de modernisation du parti », analyse Agnès Alexandre-Collier, spécialiste du parti conservateur britannique à l’université de Bourgogne. « Il fallait se débarrasser de l’héritage de Margaret Thatcher, rendre le parti plus humain et compassionnel ». Theresa May fait partie de la génération modernisatrice du Parti conservateur, même s’il reste imprégné du thatchérisme au niveau économique, explique Agnès Alexandre-Collier. Très proche de David Cameron, la ministre de l’Intérieur reste assez loin de la « Dame de fer », surtout en termes de discours moral. « Fille de clergé, elle a été imprégnée de l’ouverture d’esprit de l’église d’Angleterre, très tolérante envers les femmes », ajoute Florence Faucher, qui rappelle qu’elle a soutenu le mariage gay.

    Pourtant, le rapprochement entre Margaret Thatcher et Theresa May est « inévitable » pour Florence Faucher. « C’est une femme conservatrice à la porte du pouvoir ! », souligne-t-elle.

    Une personnalité politique qui se rapproche de Margaret Thatcher

    L’une a été ministre de l’Education en 1970, l’autre ministre de l’Intérieur en 2010. L’une a profité d’une crise politique au sein du parti conservateur en 1970 pour arriver au pouvoir, sa cadette s’essaie à la même stratégie aujourd’hui. Si Theresa May n’a pas gardé l’apparence de la ménagère de classe moyenne de Margaret Thatcher, elle a plutôt construit une image de femme excentrique aux chaussures léopard dont s'amusent les médias britanniques. Il est pourtant facile de comparer ces deux femmes de caractère, empreint de poigne et de rigueur. « Et c’est parfait d’avoir cette image pour l’élection », analyse Florence Faucher.

    « Le Brexit est une défaite du courant conservateur, qui s’est tourné vers le thatchérisme, c’est donc naturel que Theresa May se positionne comme son héritière », estime Keith Dixon, politologue et spécialiste du Royaume-Uni à l’université de Lyon II. Cette rhétorique de nostalgie de la femme forte est utile pour récupérer des voix et accéder au pouvoir, alors que « la Dame de fer » reste une icône dans l’imaginaire conservateur britannique.

    Dans un style thatchérien, Theresa May a alors promis d’être difficile dans les négociations avec l’Union européenne, « une position qui pourrait lui coûter cher, surtout que Margaret Thatcher n’a pas forcément laissé une bonne image aux dirigeants européens », explique Keith Dixon. Mais avant de crier victoire, la fougueuse cinquantenaire doit encore convaincre les militants conservateurs avant le 9 septembre prochain qu’elle fera mieux l’affaire face à la candidate pro-Brexit Andrea Leadsom. 

    → À relire : Theresa May affrontera Andrea Leadsom pour la tête du Royaume-Uni

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