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    Europe

    L’Otan perçue comme une menace par la Russie

    media La Russie du président Vladimir Poutine est très critique vis-à-vis de l'Otan. REUTERS/Alexander Zemlianichenko/Pool

    Pour la première fois, un sommet de l’Otan se tient dans une capitale de l’ancien bloc soviétique. C’est en effet Varsovie qui accueille vendredi 8 et samedi 9 juillet la réunion des 28 chefs d’État et de gouvernement de l’Alliance atlantique. On y parlera des grandes menaces pour la paix mondiale, notamment de la situation aux Proche et Moyen-Orient, mais il sera surtout question de la dégradation des relations avec la Russie, et des tensions qui en découlent. L’Otan et la Russie semblent revenues à ce que certains appellent une situation de confrontation, et d’autres une nouvelle guerre froide.

    Dans la nouvelle doctrine de défense de la Russie, l’Otan est considérée comme la principale menace extérieure militaire. Au cours d’une réunion en mars, le ministre russe de la Défense, Serguei Choïgu, a repris la terminologie employée à l’époque de la guerre froide, en qualifiant l’Otan d’« ennemi probable ». En Russie, les autorités estiment que l’Otan est essentiellement tournée contre la Russie, avec une volonté d’endiguement du pays. Bien que l’Otan refuse d’examiner la demande d’adhésion de la Géorgie et de l’Ukraine, Moscou met régulièrement en garde contre toute volonté d’élargir l’Otan à des pays proches de la Russie.

    Vladimir Poutine l’a redit la semaine dernière lors d’un voyage officiel en Finlande, un pays qui a une longue frontière avec la Russie. Et peu avant, devant les diplomates russes, Vladimir Poutine a dénoncé les actions de l’Otan. Il considère qu’ « aujourd’hui l’orientation anti russe de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord s'étale au grand jour. Non seulement, l’alliance cherche, dans sa relation avec la Russie, sa légitimité et la justification de son existence, mais en plus, elle entreprend des mesures réelles de confrontation ; en Pologne, dans les pays baltes, des forces de réaction rapide sont déployées et les arsenaux d’armes offensives sont développés. »Pour le président russe, « tout cela vise à rompre l’équilibre militaire élaborée pendant des décennies ».

    Pour Arnaud Dubien, directeur de l’observatoire franco-russe, « l’Otan, moins en tant qu’organisation militaire ou qu’organisation politico-militaire, mais en tant qu’instrument de domination stratégique de l’Europe par les États-Unis, est perçu comme une menace par la Russie ». Et ce sommet est particulier, car il intervient deux ans après la crise ukrainienne, qui a marqué un tournant dans les relations entre la Russie et l’Occident, mais surtout parce qu’il se tient en Pologne, un ex-pays du Pacte de Varsovie. La Pologne souhaite que soit revu l’acte fondateur de 1997 sur les Relations, la Coopération et la Sécurité mutuelles entre l'Otan et la Fédération de Russie, limitant le déploiement d’unités permanentes à l’Est de l’Europe.

    Et Varsovie a partiellement obtenu satisfaction, car l’Otan devrait déployer par rotation de quatre bataillons de 600 à 800 hommes en Pologne et dans les pays baltes. Le déploiement des premiers éléments du bouclier antimissile américain en Roumanie et en Pologne est également considéré par Moscou comme « pouvant éroder la capacité de frappe en second, en d’autres termes d’éroder la dissuasion nucléaire russe ». Selon Arnaud Dubien, il est possible qu’en réponse, la Russie déploie des systèmes Iskander en Crimée et à Kaliningrad, zones à partir desquelles les territoires roumain ou polonais peuvent être frappés en rétorsion.

    La Russie poursuit son réarmement avec le développement de son complexe militaro-industriel sur la base d’un plan qui doit s’achever en 2020. Pour le journaliste russe spécialisé dans les affaires militaires Pavel Felgenhauer, la Russie a pour objectif d’être prête à une éventuelle confrontation armée à l’horizon 2025. Dans ce cadre, elle a également ressuscité plusieurs bases militaires sur son pourtour, et jusqu’en Syrie avec la base de Hmeimim. Mais un autre expert militaire, Alexander Goltz, souligne que la Russie n’a plus ni les ressources de l’URSS, ni autant d’alliés. L’armée russe ne compte pas cinq millions d’hommes comme l’armée soviétique, et l’économie est en berne.

    La Russie menace-t-elle réellement les pays de son pourtour comme le craignent notamment les pays baltes ?

    La plupart des experts russes ne croient pas à une intervention militaire directe. Mais ils notent que les incidents augmentent, notamment au-dessus de la Baltique et de la Méditerranée, avec des avions russes et occidentaux qui se rapprochent dangereusement ou qui survolent de très près des navires de la flotte adverse. Ces incidents pourraient mener à des affrontements non souhaités. Mais pour la chercheuse Maria Lipman, rédactrice en chef de la revue Kontrapunkt, le Kremlin ne souhaite pas de confrontation directe, car la Russie en tirerait plus d’inconvénients que d’avantages.

    Pour elle, la Crimée est une exception. Mais la Russie répond systématiquement, de façon presque épidermique, à chaque nouveau pas, ou nouvelle déclaration de l’Otan. Or, Moscou peut employer d’autres moyens que les chars, pour déstabiliser les pays de son pourtour, comme elle l’a fait en Ukraine ou en Géorgie, pays non membres de l’Otan. Avec les pays baltes, pays membres de l’Otan, Marie Lipman explique que « la Russie a des frontières communes, et il y a des communautés russophones très importantes, au moins en Lettonie. La Russie a beaucoup de possibilités pour causer des soucis à ces pays sans pour autant envoyer ses troupes au-delà de ses frontières. »

    Une situation embarrassante pour l’Otan, tenue par l’article 5 du traité, d’ « assister la partie prenante attaquée ». Mais peut-on mettre cet article en application en cas d’intervention des « hommes en vert », autrement dit des membres des services secrets russes, comme cela s’est passé en Crimée ? C’est la question que se pose l’expert militaire Alexander Goltz. Pour lui, on peut qualifier la situation actuelle de nouvelle guerre froide.

    Il faudra donc trouver le moyen d’une coexistence pacifique, comme lors de la première guerre froide. « Les accords actuels ne marchent plus », estime-t-il. Alexander Goltz pense que « des experts russes et occidentaux vont se mettre à la table des négociations prochainement, pour élaborer de nouvelles mesures de confiance mutuelle. Cela ne baissera pas le niveau de confrontation, mais c’est une certaine garantie que dans cette confrontation aucune partie ne fera exploser la planète. »

    Le conseil Otan Russie, qui s’était réuni en avril, après près de deux ans de sommeil, doit se réunir à nouveau le 13 juillet. Au printemps, les deux parties avaient surtout constaté leurs désaccords, et les Russes ne montraient pas d’empressement à une nouvelle rencontre. Moscou espérait sans doute aussi que s’accentuerait les points de vue divergents entre les pays membres de l’Alliance, tous n’étant pas d’accord sur l’attitude à adopter vis-à-vis de la Russie.

    Mais cette fois, c’est Moscou qui a été demandeur, car les incidents se multiplient entre les aviations des deux blocs au-dessus de la mer baltique. En fait, d’après Fiodor Lukianov, membre du conseil pour la politique de sécurité et de défense de la Russie, Moscou veut recréer les règles de la guerre froide, quand tout le monde savait quelles lignes il ne fallait pas franchir. Un nouveau Yalta en somme, un nouveau parage du monde.


    ■ L'Otan joue la carte du dialogue

    Avant l’ouverture du sommet de l’Otan à Varsovie, le secrétaire général de l'Alliance atlantique, Jens Stoltenberg, a déclaré chercher un dialogue constructif avec la Russie et a assuré ne pas souhaiter une reprise de la Guerre froide.

    L'Otan veut une discussion constructive avec la Russie

    Jens Stoltenberg, le secrétaire général de l'Alliance atlantique

    08/07/2016 - par Olivier Fourt Écouter

    La France se veut aussi rassurante et fait remarquer qu’aujourd’hui à Varsovie, la situation est beaucoup moins tendue qu’il y a deux ans à Newport au Pays de Galles. En 2104, lors du précédent Sommet, l’Ukraine était en guerre et on parlait alors de sanctions et de livraison d’armes.

    Si rien n’est encore réglé dans l’est de l’Ukraine, le pays ne sera pas au centre des débats cette année. La question sera abordée, mais un peu à part, lors d’une rencontre à la fin de ce Sommet ce samedi, précise notre envoyé spécial, Olivier Fourt.

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