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    Europe

    Turquie: un pays accoutumé aux coups d’Etat

    media Le coup d'Etat raté des militaires putschistes qui a eu lieu dans la nuit du 15 au 16 juillet 2016 a officiellement fait au moins 290 morts, dont plus de 100 putschistes. BULENT KILIC / AFP

    La tentative de coup d’Etat du 15 juillet sur le sol turc n’est pas une première. Depuis 1960, les putschs se sont succédé dans un pays où l’armée a participé à la construction de l’Etat turc en 1923.

    La tentative de coup d’Etat meutrier du 15 juillet a été un échec cuisant en Turquie. Les purges se multiplient dans le pays, après qu’une partie de l’armée hostile au président Recep Tayyip Erdogan a essayé de le renverser. Si les raisons de ce putsch sont encore incertaines, quatre coups d'Etat militaires sont allés jusqu'au bout depuis 1960. Des périodes instables dont le pays s’est souvent relevé après une répression, se souvient Nedim Gürsel, écrivain turc résidant en France.

    L’armée turque est à l’origine de la fondation de l’Etat turc en 1923. Autorité forte, elle est indissociable de Mustafa Kemal, fondateur de la Turquie moderne laïque et renommé Atatürk (« le Turc ancêtre »). A la tête de l’armée qui combat les Grecs et les Anglais dans la guerre d’indépendance de 1920-1922, cet officier s’impose très vite comme le président de la nouvelle Turquie. Pour comprendre la politisation des militaires, « on peut même revenir jusqu'à l’insurrection de l’armée en 1908 », selon Nedim Gürsel. « Dans une véritable démocratie, l’armée ne devrait pas être aussi présente sur la place politique, mais elle a toujours eu ce rôle en Turquie, d’où les coups d’Etat répétitifs. »

    D’abord autoritaire, le régime kémaliste antireligieux se tourne vers le multipartisme en 1946, ce qui mène le Parti démocrate au pouvoir en 1950. Dix ans plus tard, commence alors la vague de coups d’Etat dans le pays.

    >> 27 mai 1960

    Un groupe d’officiers, principalement kémalistes et soutenant la veine laïque d’Atatürk, mettent un terme au multipartisme en Turquie. Ils voient d’un mauvais œil la politique réformiste des démocrates qui assouplissent les mesures antireligieuses et libéralisent l’économie. « Avec un Premier ministre et deux ministres pendus, ce coup d’Etat donne paradoxalement à la Turquie sa première Constitution démocratique », soulève l’écrivain Nedim Gürsel. Les élections d’octobre 1961 marquent alors le retour du pouvoir civil un an après le soulèvement.

    >> 2 mai 1971


    En pleine crise économique, le gouvernement de centre-droit de Süleyman Demirel démissionne sous la pression de l’armée. Les militaires kémalistes dictent aux politiques une série de réformes afin de relever le pays. Etat de siège, loi martiale, interdiction de grève, répression des mouvements de gauche… Quatre gouvernements autoritaires se succèdent, tous soutenus par l’armée. « C’était une dure période de répression qui est à l’origine de ma venue en France », témoigne Nedim Gürsel, qui avait alors 20 ans. En 1973, ce régime mi-parlementaire - mi-militaire échoue lors des élections qui donnent la victoire au Parti républicain du peuple, dirigé par Bülent Ecevit.

    « Chaque fois que l‘armée turque est intervenue dans la vie politique, elle a toujours su quitter le pouvoir. Après avoir "nettoyé le terrain" et "sauvé le pays", elle est consciente que son rôle reste la défense du pays », commente l’écrivain Nedim Gürsel.
     
    >> 12 septembre 1980

    Le mécanisme sera le même en 1980, après trois ans de régime autoritaire. L’armée turque dirigée par Kenan Evren organise un coup d’Etat et installe un régime militaire. Pour Nedim Gürsel, « ce coup d’Etat est le pire des trois, car il a entraîné la suppression des libertés individuelles et de la liberté de la presse ». Deux de ses livres sont d’ailleurs saisis. Pendant trois ans, le régime de Kenan Evren dit lutter contre l’insécurité, le terrorisme et la crise économique. Il dissout alors le Parlement, interdit les partis politiques, suspend toute vie associative ainsi que les droits de l’homme et droits de grève. En deux ans, près de 30 000 procès ont lieu, et 25 000 personnes se retrouvent en prison. En 1983, l’armée autorise l’organisation de nouvelles élections législatives même si seulement trois partis sont autorisés à se présenter. Le Parti de la mère patrie, le plus éloigné des militaires, remporte les élections législatives, montrant la volonté des Turcs de retrouver un système démocratique.

    >> 18 juin 1997

    Les militaires s’immiscent une fois de plus dans la vie politique turque. Ils poussent le Premier ministre islamiste Necmettin Erbakan à la démission, alors que ce dernier refuse de répondre aux demandes de renforcement de la laïcité et de lutte contre l’islamisme. Même si Erbakan se voit privé de ses droits politiques pendant cinq ans pour activité anticonstitutionnelle et son parti dissous, Nedim Gürsel considère que « ce n’est pas un véritable coup d’Etat, car les institutions étatiques ont continué à fonctionner. »

    >> 15 juillet 2016

    « Chaque coup d’Etat est suivi d’une période de répression », se rappelle Nedim Gürsel. « Mais c’est la première fois que c’est si sanglant », s’inquiète l’écrivain. Les affrontements entre la police et l’armée, le bombardement du Parlement, les putschistes qui ouvrent le feu sur la population. Autant de violences que l’écrivain n’a pas constatées lors des coups d’Etat précédents.

    La différence se joue aussi sur la division de l’armée. « C'est la première fois qu'elle se montre un peu divisée », analyse Bayram Baltci sur notre antenne. Dans les autres coups d'Etat, elle a agit « unie en bloc derrière son chef d'état-major. » Cette fois, « le consensus de tous les partis politiques qui ont fait une déclaration commune pour se positionner contre le coup d’Etat n’a jamais été vu précédemment non plus », détaille Nedim Gürsel. L’écrivain reste tout du moins très « inquiet » pour son pays, « car on ne défend pas la démocratie en invoquant la peine de mort. »

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