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    Europe

    La crise des réfugiés met à l’épreuve l’Union européenne

    media Une famille de réfugiés vient d'arriver par train à Munich, le 7 septembre 2015. REUTERS/Michaela Rehle

    En 2015, plus d'un million de réfugiés sont arrivés sur le sol européen mettant à l'épreuve l'Union européenne. Les Vingt-Huit n'ont jamais réussi à trouver un accord pour faire face à cette crise des migrants, plusieurs propositions ont été faites sans jamais voir le jour mais certains pays de l'Europe de l'Est se refusent toujours à accueillir des réfugiés. Aujourd’hui dans l’Union européenne avec cette crise des réfugiés, c’est le chacun pour soi qui semble dominer.

    Au milieu de cette tendance de repli sur soi des pays de l’UE, il y a une voix qui s’élève et qui souhaite une politique européenne pour régler cette crise des réfugiés, c’est celle d’Angela Merkel. Selon François Gemenne chercheur à Sciences Po, la chancelière allemande est bien seule à vouloir une solution européenne : « Elle est isolée et en même temps, elle est devenue la conscience morale de l’Europe. Elle est la seule - avec les Suédois dans une moindre mesure - à avoir su développer une réponse à la hauteur de ce qu’on attendait d’un gouvernement moderne et démocratique. Le pari d’Angela Merkel, ça a été d’essayer de montrer la voie par l’exemple mais malheureusement elle a surestimé sa capacité à influencer les autres Etats membres, donc l’Allemagne se retrouve isolée dans la dignité. »

    Depuis l'année dernière, des propositions ont été faites pour tenter de gérer l’arrivée des refugiés avec notamment l’idée d’une répartition des migrants par quotas dans les 28 Etats membres de l’Union. Mais les pays de l’est de l’Europe, le groupe de Višegrad (Hongrie, Slovaquie, Republique Tchèque, Pologne) ont toujours refusé cette relocalisation de 160 000 réfugiés, aujourd’hui moins de 10 % des migrants ont été relocalisés.

    Le Premier ministre hongrois Viktor Orban va organiser, début octobre, un référendum dans son pays sur l'accueil des migrants. Ces pays de l’Europe de l’Est refusent d’être solidaires en se justifiant. Le Premier ministre slovaque Robert Fico, par exemple, avait expliqué qu'il ne pouvait pas accueillir des réfugiés musulmans dans son pays parce qu'il n'y a pas mosquée en Slovaquie, craignant que l'arrivée de migrants ne « changent l'aspect de son pays ». Pour Jacques Rupnik, auteur de la Géopolitique de la démocratisation, L’Europe et ses voisinages (Presses de Sciences-Po), cette réaction s’explique : « C’est la crainte de quelque chose qu’on ne connaît pas. Eux ne connaissent pas le monde arabo-musulman par exemple, en Slovaquie il n’y a pas de musulmans, en République tchèque il y aurait autour de cinq mille musulmans, dans un pays de 10,5 millions d’habitants. Donc d’une part c’est la crainte par méconnaissance, d’autre part il y a le regard qu’ils portent sur les difficultés qu’ont les sociétés occidentales avec une immigration qui a beaucoup de difficultés à s’intégrer. Et le terrorisme en plus est venu renforcer cette image d’une immigration qui peut être aussi un risque de sécurité. »

    L’espace Schengen ébranlé

    C’est l’un des piliers de l’Union européenne, l’espace Schengen permet de circuler librement en Europe, sans qu’il n’y ait forcément de contrôles aux frontières. Avec l’euro c’est l’une des grandes conquêtes de l’Union européenne. Mais aujourd’hui Schengen est menacé. La Belgique a fermé sa frontière avec la France, à cause du camp de Calais. L’Autriche limite désormais le nombre d’entrée de migrants sur son territoire. Durant plusieurs mois la Macédoine a fermé sa frontière avec la Grèce et la Hongrie a érigé des murs barbelés sur certaines parties de sa frontière.

    Une crise des valeurs

    Les valeurs d'humanisme, de paix et de solidarité semblent bien loin des préoccupations des dirigeants de l'UE, selon Thomas Lacroix. « Cette crise migratoire, c’est l’étincelle qui a mis le feu à des poudres qui existait déjà. » Pour le chercheur à l'université de Poitiers, cette crise migratoire est révélatrice de l'état de l'Union européenne : « La crise, elle est au niveau du projet même de construction européenne, le seul vrai dossier sur lequel le projet européen a avancé au cours de ces dernières années, c’est celui des aspects économiques et monétaires, mais sinon les aspects politiques ont été passés sous le boisseau, du coup il y avait des tensions au niveau du projet européen, avec un déséquilibre interne aussi entre les pays noyau de l’UE et de les pays périphérique. Ces déséquilibres suscitaient des tensions, qui ont éclaté au grand jour avec l’arrivée des migrants. » Aujourd'hui, la crise des réfugiés n'est donc plus abordée en Europe sous l'angle de la solidarité, les Vingt-Huit cherchent surtout à endiguer les flux de migrants avec un renforcement des contrôles des frontières extérieures, c'est ce qui devrait être répété lors du sommet de Bratislava.

    L'Europe approche de ses limites

    « La crise des migrants et des réfugiés est un défi international qui nécessite une solution mondiale basée sur l'ordre, la responsabilité et la solidarité », a déclaré Donald Tusk en marge du G20 ce dimanche 4 septembre. L'ancien Premier ministre polonais a appelé la communauté internationale à partager les responsabilités dans la crise des réfugiés. « Nous voulons encourager nos partenaires pour qu'ils renforcent l'aide humanitaire, le développement ainsi que la réinstallation des refugiés, a-t-il affirmé. Nous devons remédier aux causes profondes qui forcent des millions de personnes à quitter leur pays et chercher refuge ailleurs ».

    Pour le président du Conseil européen, le G20 a l'expertise « pour collaborer à travers le commerce, le développement, la coopération et l'accès des réfugiés à l'éducation et au marché du travail et il faut se saisir de cette opportunité ». « C'est d'autant plus important que les capacités d'accueil des réfugiés en Europe sont proches de leurs limites », a conclu Donald Tusk.

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