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    Europe

    Crash du vol MH17: l'enquête accable un peu plus les pro-russes

    media Un rebelle pro-russe sur le site du crash du vol MH17 près de Hrabove dans la région de Donetsk en Ukraine, le 18 juillet 2014. REUTERS/Maxim Zmeyev

    Plus de deux ans après le crash du vol MH17 de la Malaysia Airlines, les membres de l'équipe d'enquête internationale ont présenté ce mercredi 28 septembre leurs premières conclusions lors d'une conférence de presse.

    L'équipe d'enquête comprend des policiers et des magistrats néerlandais, malaisiens et ukrainiens, mais aussi australiens et belges. Lors de ce crash, 283 passagers et 15 membres de l'équipage avaient trouvé la mort. Les enquêteurs n'ont aucun doute que ce vol commercial a été abattu par des rebelles pro-russes le 17 juillet 2014. En revanche, ils se refusent encore à dire de qui il s'agit précisément. Les enquêteurs ont donc présenté à la mi-journée à Nieuwegein aux Pays-Bas toutes les preuves qu'ils pouvaient dévoiler et ont esquissé le scénario complet des événements, rapporte notre correspondante à Bruxelles, Pierre Benazet.

    À l'aide de témoignages, d'écoutes téléphoniques, de positionnement grâce à la localisation des téléphones portables et de nombreuses photos et de vidéos amateur, ils ont pu suivre la totalité du trajet du lance-missile. Le 16 juillet, venant de Russie, il franchit la frontière ukrainienne sur la remorque d'un camion, escorté par un fourgon et un 4x4, traverse entre autres Donetsk et retourne vers l'Est pour s'arrêter dans un champ de la localité de Pervomaïsk qui était à l'époque tenu par les séparatistes pro-russes.

    Le champ a été localisé grâce à la triangulation des angles de vue de photos ou figurait la traînée du missile. Malgré un brûlis et un labourage effectués dans les heures qui ont suivi, la police scientifique a permis d'établir que c'est bien là qu'a été tiré le missile, un BUK 9M38 de fabrication soviétique dont des fragments caractéristiques ont été retrouvés dans la carcasse du MH17 et les cadavres des victimes. Le lanceur remonte ensuite sur sa remorque de transport et repart vers la Russie via Lougansk.

    Les magistrats affirment avoir une centaine de personnes dans leur collimateur, mais ne donneront des noms que lorsque des inculpations seront prononcées.

    Alors que la Russie et l'Ukraine s'étaient toujours rejeté la responsabilité du drame, les enquêteurs semblent donc donner raison à Kiev. Si les enquêteurs internationaux ont refusé dans leur rapport d'engager la responsabilité directe du Kremlin, le fait qu'un lanceur de missiles BUK de l'armée russe a pu traverser la frontière ukrainienne en été 2014, tirer un missile contre le Boeing MH17, et repasser ensuite en Russie, est pour les Ukrainiens une preuve suffisamment accablante, indique notre correspondant à Kiev, Sébastien Gobert. « C'est la fin de la tentative russe de discréditer l'enquête internationale sur le MH17 », estime Marianna Betsa, porte-parole du ministère des Affaires étrangères à Kiev.

    Dans un communiqué du ministère russe des Affaires étrangères, la Russie s'est dite « déçue » par ces premières conclusions d'une enquête qu'elle estime « biaisée et politiquement motivée ». De leur côté, les séparatistes pro-russes nient avoir tiré un missile BUK.

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