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    Europe

    Hélicoptères «Caracal»: la Pologne provoque l'ire de Paris

    media Deux hélicoptères «Caracal» d'Airbus lors d'un exercice en juin 2016. T. PAUDELEUX / SIRPA / AFP

    La Pologne a confirmé dans une lettre à Airbus ce vendredi 7 octobre sa décision de rompre les négociations pour l’achat d’une cinquantaine d’hélicoptères Caracal, fabriqués par l’avionneur européen. En réaction, le président François Hollande a décidé de reporter une visite en Pologne prévue le 13 octobre.

    L’affaire avait pourtant bien commencé. En avril 2015, le Caracal d'Airbus remporte la compétition face à des concurrents italien et américain. On parle alors de 70 machines, un chiffre qui sera finalement ramené à 50. Après une évaluation opérationnelle, les autorités polonaises reconnaissent que l'hélicoptère européen est la meilleure solution technique et économique. Car, au-delà des performances de la machine, Varsovie veut faire tourner ses usines.

    Airbus propose alors un régime d'« offset » – des investissements compensatoires – à la hauteur de 100% de la valeur du contrat, TVA comprise. Le partenaire polonais PGZ, propriété de l'Etat, produira des pièces de Caracal, construira l'hélicoptère et sera associé à son exportation. A la clé, des milliers d’emplois.

    Mais, en octobre 2015, la Pologne passe à droite avec la victoire du PiS, le parti Droit et justice, aux élections législatives. Le nouveau gouvernement fait durer les négociations sur les « offset », exige de nouveaux projets industriels et finalement décide de rompre les négociations.

    « Une logique de passager clandestin »

    « La Pologne empoche les aides européennes, mais achète presque exclusivement du matériel militaire américain ; c'est une logique de passager clandestin », commente une source diplomatique française. Une allusion aux dizaines de milliards d'euros d'aides structurelles versés à la Pologne.

    « En 2004, ils avaient fait le même coup, en achetant des F16 américains tout en rejoignant l'Union européenne. La Pologne a un besoin urgent d'hélicoptères de manœuvre, ils vont donc forcément en acheter et ils vont se tourner une fois de plus vers le Pentagone », assure une source proche du dossier.

    → (RE)LIRE : La Pologne, nouvel eldorado des vendeurs d'armes

    Le gouvernement français est d'autant plus irrité qu'il avait lui-même annulé la vente des Mistral à la Russie après l’annexion de la Crimée pour ne pas froisser Varsovie.

    Le constructeur Airbus va quant à lui y laisser des plumes, car il avait commencé à produire des hélicoptères pour les livrer dès 2017 à l'armée polonaise. Dix machines destinées à la Pologne ont été partiellement assemblées, assure une source industrielle. Le groupe européen a déjà investi plusieurs dizaines de millions d'euros dans le programme Caracal polonais, précise-t-on à Paris.

    Le constructeur pourrait donc se tourner vers Bruxelles pour obtenir des dédommagements. « Airbus Helicopters, qui comptait faire de la Pologne une nouvelle plateforme industrielle, va réexaminer ses investissements dans le pays », conclut une source proche du dossier.

    Varsovie se défend

    Accusé par Paris de ne jamais avoir eu l'intention d'accepter l'appel d'offres remporté par Airbus, le gouvernement polonais contre-attaque. Le ministère de la Défense a publié un communiqué où il déclare que « le contrat a été rompu de la faute du producteur français », rapporte notre correspondant à Varsovie, Damien Simonart. Il estime même que c'est aux Polonais de réclamer des dommages et intérêts, Airbus ayant refusé de donner des compensations industrielles suffisantes à la Pologne.

    Après l'annonce du report de la visite de François Hollande à Varsovie, le chef de la diplomatie polonaise tente de calmer le jeu. Witold Waszczykowski affirme dans un communiqué être « convaincu que la fin des négociations n'influencera pas l'ensemble de la coopération avec la France. »

    L'opposition libérale polonaise qualifie l'attitude du gouvernement conservateur d'invraisemblable. Pour l'ancienne Première ministre Ewa Kopacz, il s'agit d'une manœuvre cynique pour économiser des milliards d'euros afin de financer des promesses électorales populistes. Une attitude qui, selon elle, aura des conséquences négatives pour la Pologne dès le court terme.


    ■ Analyse : « L’UE est reléguée au second rang »

    Cyrille Bret, maître de conférences à Sciences-Po Paris :

    « Airbus Helicopters n’est pas implanté dans des circonscriptions du PiS. Il y a donc fort à parier que cela a beaucoup pesé sur la décision du ministre de la Défense, qui occupe dans le dispositif partisan du PiS et dans le dispositif gouvernemental un rôle central d’un point de vue idéologique et électoral. Il est le grand architecte des victoires électorales du PiS.

    La Pologne a toujours indiqué que sa sécurité reposait sur la solidarité au sein de l'alliance avec l’Otan. L’Union européenne est reléguée dans la doctrine nationale de la Pologne au second rang, qu’il s’agisse des droits de l’homme, des droits fondamentaux, de l’Etat de droit. La voix de Bruxelles est inaudible à Varsovie actuellement, de sorte que dans ce domaine de l’Europe de la défense qui est bien précaire, on se demande comment les Polonais pourraient prêter l’oreille à une voix européenne. »

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