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    Europe

    Andrzej Wajda: l'homme de fer du cinéma polonais tire sa révérence

    media Andrzej Wajda, réalisateur et scénariste polonais. (CC)/Ralf Lotys/wikipédia

    « Maître » l'appelaient les uns, « Monsieur Andrzej » l'appelaient ceux qui voulaient souligner qu'ils le connaissaient : Wajda dans son pays était un monument, à l'étranger - l'un des plus grands réalisateurs polonais, en France l'auteur de l'Homme de fer, son film primé au festival de Cannes en 1981. Il vient de s'éteindre le 9 octobre 2016, à l'âge de 90 ans.

    Andrzej Wajda a aussi bien incarné la lutte pour une Pologne libre, l'artiste engagé par excellence, mais pour d'autres - un réalisateur qui a trouvé un terrain d'entente avec le système communiste, en choisissant le compromis et non l'exil. Figure du commandeur, celle qui impose, celle que l'on craint, que l'on critique à voix basse, ou avec laquelle on entre en conflit pour asseoir son propre art. Andrzej Wajda a été un témoin de l’histoire de la Pologne contemporaine, histoire qu’il a documentée dans ses films depuis l’insurrection de Varsovie jusqu’à la naissance de Solidarnosc.

    Le sceau de la guerre

    La guerre a beaucoup marqué le futur maître du 7e Art. Son père, militaire, est fusillé à Katyn par la NKVD, la police communiste comme 20 000 autres officiers polonais dans cette région. Les Soviétiques tentent de faire endosser ce massacre aux Allemands, mais en Pologne personne n'est dupe. Le mensonge ne sera officiellement admis qu'après 1989.

    Durant la guerre, Wajda est un adolescent fasciné par la résistance, et l’AK, l’armée de l’intérieur. Après la guerre, le futur réalisateur étudie d'abord à l'académie des Beaux-arts de Cracovie, puis à l'école de cinéma de Lodz. Son premier film Génération (1955) est déjà un coup de poing. Il raconte l'histoire de ces jeunes forcés trop tôt par la guerre et l'occupation allemande de choisir entre la volonté d'insouciance et l'engagement dans la résistance.

    La guerre, très présente dans la filmographie de Wajda, est le thème de son deuxième film : Canal. Il continuera le tableau de la jeunesse polonaise, mais cette fois celle de l'époque d'après le conflit, celle qui veut oublier tous les soucis en les noyant dans l'alcool, le jazz et l'amour dans un film très Nouvelle vague : Innocents charmeurs (1960). Un film co-écrit par Jerzy Skolimowski et dans lequel le tout jeune Roman Polanski tient l'un des seconds rôles.

    L'époque glorieuse de Solidarnosc

    Mais la gloire vient avec L'Homme de marbre, un tableau de la révolte des ouvriers des chantiers navals de Gdansk, une révolte violemment réprimée en 1970. Wajda revient à Gdansk en 1980. Ainsi naît L’homme de fer, film fait à chaud dans les chantiers navals en août 1980 et qui dévoile la fascination, l’enthousiasme et l’adhésion du réalisateur au mouvement ouvrier à l’origine du premier syndicat libre, Solidarnosc.

    Et c'est ce film qui fait connaître Wajda à l'étranger. « Je savais qu'il fallait filmer ce qui se passait là-bas. Quand je suis entré dans le chantier naval, un ouvrier est venu s'asseoir à côté de moi et m'a apostrophé: " Monsieur Andrzej, vous devez faire un film sur nous. Vous avez fait L'Homme de marbre, faites L'Homme de fer." D'habitude, je ne fais jamais de films sur commande, mais sur commande d'un ouvrier, oui », racontait Wajda au micro de RFI. L'Homme de fer rafle la palme d'or à Cannes en 1981. Sur l’écran se croisent Lech Walesa et Anna Walentynowicz, les deux figures phares de Solidarnosc, le premier syndicat libre à l'est du rideau de fer. Le régime communiste veut l'interdire, mais après une pétition signée par les ouvriers de Gdansk, le film sort en salles en Pologne.

    Le flirt français

    Durant l’état de guerre, Wajda se consacre au théâtre en organisant des représentations dans les églises pour échapper à la censure. Et tente de travailler à l'étranger, en France: ainsi naît Danton, une réflexion sur la Révolution française. Quand la Pologne se secoue du joug communiste en 1989, les films de Wajda perdent un peu en force et surtout deviennent moins connus à l'étranger. Le réalisateur tente de devenir un moment un homme politique. Mais son flirt avec le Parlement polonais en tant que sénateur dure peu.

    Après 1989, un chemin plus chaotique

    Il livre en 1990 une œuvre controversée en France sur Janusz Korczak, grand éducateur et médecin qui a accompagné ses orphelins juifs jusqu'à la chambre de gaz en 1942. On a accusé Wajda d'avoir voulu taire l'antisémitisme des Polonais durant la guerre face à la Shoah. Il a été défendu par Marek Edelman, le dernier chef de l'insurrection du ghetto de Varsovie.

    La discussion revient au moment du film Katyn, œuvre très personnelle, car dans ce massacre son père a trouvé la mort. Wajda, même si ses films ont été moins connus à l'étranger, a continué à surprendre, surtout avec son avant-dernier opus, Tatarak : un film étonnamment moderne, une méditation émouvante sur la mort et qui se déroule dans deux temporalités historiques : une histoire se joue juste après la guerre, une autre est contemporaine et réelle. L'actrice fétiche de Wajda, Krystyna Janda, raconte à l'écran sa douleur et son travail de deuil après la mort de son mari.

    Et pour boucler la boucle, le dernier film d'Andrzej Wajda intitulé sobrement Walesa revient sur les événements qui ont marqués la Pologne dans les années 1980 en faisant le portrait de l'homme qui a été l'ami du réalisateur et qu'il a toujours voulu défendre contre des critiques de plus en plus nombreuses en Pologne. Lech Walesa est accusé par les conservateurs d'avoir collaboré avec les services secrets communistes et d'avoir protégé beaucoup d'apparatchiks en ne voulant pas procéder à la décommunisation du temps où il a été président.

    Jean-Paul II dans les cartons

    Le film qu'Andrzej Wajda rêvait de réaliser reste la biographie de Jean-Paul II, ce qu'il racontait dans une interview pour RFI : « J’ai toujours rêvé de tourner un film sur Jean-Paul II. Je voudrais qu’une scène y figure, qui m’a été racontée à Rome. Les papes avant Karol Wojtyla étaient tous Italiens. Le pape changeait, mais pas la ribambelle de cuisiniers, femmes de chambre et femmes de ménage qui s’occupaient de ses appartements. Quand un Polonais est devenu pape, tous les domestiques sont partis. A son arrivée au Vatican, Karol Wojtyla a trouvé les appartements vides. Lui et son fidèle secrétaire, le père Dziwisz, ne savaient même pas où était le pain ni le sel. Et c’est avec les moyens du bord qu’ils se sont préparés leur premier repas. Ce premier souper solitaire dans un vaste appartement vide reste pour moi le symbole du choc, du profond bouleversement causé par l’élection de ce Polonais, de cet homme qui pour beaucoup venait de nulle part, et qui s'est retrouvé à la tête de l’Église catholique ».

    Andrzej Wajda laisse également derrière lui une place vide aussi vaste que ces appartements pontificaux qu'il aurait voulu filmer.

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