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    Europe

    Cinq ans après la fin de la lutte armée, ETA est à «un point de non-retour»

    media Un graffiti du logo et d'un militant d'ETA, organisation séparatiste basque, qui a renoncé à « son activité armée » il y a maintenant cinq ans jour pour jour. RAFA RIVAS / AFP

    Il a cinq ans jour pour jour, ETA renonce à la lutte armée. Cette organisation séparatiste qui lutte pour l’indépendance du Pays basque est tenue pour responsable de la mort de 829 personnes en plus de quarante ans. Alors qu’une cache d’armes susceptible d’appartenir à ETA a été découverte à 100 km de Paris il y a quelques jours, l’organisation entend rester active, au moins politiquement. Ses membres semblent avoir compris « que l’on peut obtenir des avancées politiques autrement que par les armes ».

    Son dernier attentat remonte à 2010 en France. Et, le 20 octobre 2011, l’organisation terroriste ETA (acronyme d’Euskadi Ta Askatasuna, c’est-à-dire « Pays basque et liberté » en basque) annonce « l’arrêt définitif de son activité armée ». Contacté par RFI, Jean Chalvidant, spécialiste de l’Espagne et auteur de plusieurs ouvrages sur ETA, explique que « les détentions successives, dont celles de la quasi-totalité de la Zuba, sa cellule dirigeante, le manque de résultats, la lassitude, l’éloignement du pays et le refus de Madrid de concéder quoi que ce soit à des « assassins » ont contraint ETA à mettre fin à ses actions armées, en l’occurrence à ses attentats ».

    Pour ce docteur en civilisation espagnole, « c’en est définitivement fini de la guérilla ETA ». « L'ETA a passé un point de non-retour », ajoute Jean-Jacques Kourliandsky, chercheur à l’Institut de relations internationales et stratégiques sur les questions ibériques. Contacté par RFI, il explique : « La société basque condamne de façon globale et massive le recours à la violence, qui a touché de nombreuses personnes. L’attentat de 2004 à Madrid a été attribué dans un premier temps, à tort, à l'ETA. Cela a marqué et fait mûrir les esprits pour mettre fin à la violence. »

    Reconversion dans la politique traditionnelle

    Jean Chalvidant souligne que « chacun, à commencer par [les membres de l’ETA], a pu se rendre compte que l’on peut obtenir des avancées politiques autrement que par les armes ». Des partis séparatistes et légaux ont ainsi vu le jour au Pays basque, regroupés sous les coalitions Amaiur ou EH Bildu. Ce qui fait dire à Jean-Jacques Kourliandsky que « l’ETA n’est probablement pas morte politiquement, mais plutôt reconvertie dans la politique institutionnelle, par le biais du parti [légal] Sortu, héritier de Batasuna », parti interdit du fait de ses liens avec l’ETA.

    Le parti Sortu, qui condamne la violence terroriste et dont la ligne politique est l’autodétermination, « obtient des résultats importants aux élections », remarque Jean-Jacques Kourliandsky. La coalition EH Bildu, qui comprend Sortu, a obtenu 21,13 % des voix lors des élections au Parlement basque en septembre 2016. Elle est arrivée deuxième derrière le Parti nationaliste basque (37,36 %, nationaliste modéré), « pour qui la revendication indépendantiste n’est plus à l’ordre du jour », note Jean-Jacques Kourliandsky. Lors des différentes élections, « le séparatisme représente environ 25 % des voix au Pays basque », explique Jean Chalvidant, auteur notamment d’ETA l’Enquête (Cheminements) et Secrets d’ETA (Jean Picollec).

    « Les manifestants désormais réclament la libération des prisonniers »

    Mais si les objectifs indépendantistes et séparatistes de l’ETA semblent se poursuivre politiquement, et sans violence, l’organisation refuse toujours de rendre les armes et de se dissoudre, comme l’exigent les gouvernements espagnol et français. Elle « entend rester active, ou du moins vivante, tant que le dernier prisonnier étarre ne sera pas sorti de prison », selon Jean Chalvidant.

    Car ETA réclame aujourd’hui une négociation sur le sort de ses prisonniers, au nombre de 368, selon l’association de proches de prisonniers Etxerat. « On le constate dans les défilés de soutien au Pays basque : les manifestants désormais réclament la libération des prisonniers, pas l’indépendance », déclare Jean Chalvidant, dont le prochain livre, publié en début d’année prochaine, sera consacré au roi Felipe VI.

    Une « question de temps » avant que les armes de l’ETA soient retrouvées

    « Et le groupe ne peut même plus compter sur un éventuel échange armes contre prisonniers, puisque ses planques sont découvertes les unes après les autres », rapporte Jean Chalvidant. Pas plus tard que le 12 octobre 2016, une cache d’armes susceptible d’appartenir à l’ETA a ainsi été découverte dans un village du nord de la France. Selon le ministre espagnol de l’Intérieur Jorge Fernández Diaz, cette cache, située à Carlepont (Oise), à environ 100 km de Paris, contenait 75 revolvers, 70 pistolets automatiques, des munitions et deux fusils de chasse. Il s’agit de « la plus importante cache découverte depuis 2004 », a déclaré Jorge Fernández Diaz.

    Comme l’explique Jean Chalvidant, retrouver toutes leurs armes n’est qu’« une simple question de temps » : « Il ne reste à récupérer que 128 armes de poing, dérobées à Vauvert en 2006, et environ 2 tonnes de matériel explosif, cachées selon des sources fiables dans six caches différentes, à travers toute la France et non plus sur les Pyrénées. »

    Selon Jean Chalvidant, l’ETA compte aujourd’hui « sans doute moins d’une dizaine [de membres], disséminés en France et en Belgique, faisant profil bas et tuant le temps en attendant de rentrer au pays. Tous sont identifiés et recherchés, tels Eneko Aguirresarobe, à la tête de l’unique commando restant, ou Arnaitz Arambarri, dirigeant la réserve ».

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