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    Turquie: répression accrue contre le parti pro-kurde HDP après l’attentat d’Istanbul

    media Le président turc Recep Tayyip Erdogan, à Istanbul, le 12 décembre 2016. REUTERS/Yagiz Karahan

    Plus de 200 membres du parti pro-kurde HDP ont été arrêtés ce lundi 12 décembre en Turquie, après qu'un groupe radical kurde a revendiqué le double attentat qui a fait 44 morts, dont 36 policiers, samedi dernier à Istanbul. Le président turc Recep Tayyip Erdogan considère que le parti HDP est étroitement lié au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui est sur la liste des organisations terroristes ; il ne voit plus le HDP comme un interlocuteur légitime. Qui plus est, exercer une répression accrue sur le HDP pourrait attirer au président Erdogan la sympathie des nationalistes turcs, et rendre ainsi plus facile plus lui une modification de la Constitution qui lui donnerait encore plus de pouvoir.

    Les autorités turques ont donc arrêté plus de 200 personnes dans tout le pays, rien que ce lundi. Il s'agit pour la plupart de responsables du Parti démocratique des peuples (HDP), pro-kurde. Parmi les personnes arrêtées figurent notamment les chefs de section du HDP à Istanbul et à Ankara. Selon le ministère turc de l'Intérieur, les personnes interpellées sont accusées de diffuser « la propagande d'un groupe terroriste » et de soutenir le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

    Le siège du HDP a été perquisitionné: «toutes nos archives ont été détruites... c'est un génocide politique !» 13/12/2016 - par Alexandre Billette Écouter

    Cemilé Renklicay, co-présidente du Conseil démocratique kurde en France (CDKF),  rappelle que dès le mois de novembre le chef de file du HDP, Selahattin Demirtas, qui a fait aussi un bon score à l'élection présidentielle en Turquie, a été placé en détention, avec une dizaine de députés du parti pro-kurde, dans le cadre des purges menées après la tentative de putsch du mois de juillet dernier. Elle rappelle aussi que le HDP ne représente pas uniquement les Kurdes, mais également d'autres minorités, plus ou moins exclues jusque-là de la vie politique en Turquie, comme les Arméniens, les Yézidis, les Syriaques, ou encore les femmes ou des minorités sexuelles.

    Vengeance et calculs électoralistes

    Il y a sans doute plusieurs explications à cette répression accrue contre le HDP. L'attentat de samedi dernier à Istanbul, revendiqué par un groupe radical kurde lié au PKK, a frappé tout d'abord les membres de la police anti-émeute. Parmi les 44 morts, il y a 36 policiers, 150 autres ont été blessés. Or, le ministre de l'Intérieur a dit que seule la vengeance était dans l'immédiat à l'ordre du jour du gouvernement, une formule qui a été relevée par une partie de la presse, notamment par le journal Hürriyet, qui en conclut que le gouvernement n'a pas de véritable stratégie pour lutter contre de telles attaques. Pour Jean Marcou, professeur à l'Institut de sciences politiques de Grenoble, le gouvernement turc veut calmer l'opinion publique après l'attentat de samedi, ce qui risque de favoriser la répression contre le HDP.

    Une explication moins conjoncturelle est également envisageable, et c'est Nicolas Monceau, un autre enseignant et chercheur de Sciences Po Grenoble, qui évoque le fait que le président turc Recep Tayyip Erdogan, qui veut davantage de pouvoirs pour la fonction présidentielle, a décidé de jouer la carte des nationalistes contre le HDP, notamment en misant sur le Parti de l'action nationaliste (MHP). Cette formation qui est dans l'opposition et dispose d'une quarantaine de députés pourrait lui rendre plus facile la convocation d'un référendum constitutionnel au printemps prochain.

    N'oublions pas que, il y a quelques années, Recep Tayyip Erdogan, qui voulait déjà à l'époque une présidentialisation du régime à travers une modification constitutionnelle, avait misé sur les Kurdes, en ouvrant des négociations sur leurs revendications, notamment en ce qui concerne l'enseignement de leur langue. Mais depuis, les négociations avec les Kurdes se sont enrayées, le leader historique du PKK, Abdullah Öcalan, reste en prison et le PKK a repris la lutte armée dans le sud-est du pays, les autorités turques ayant répondu à cela par une remilitarisation massive de la région, l'arrestation de plusieurs maires et également, par la répression du parti HDP, considéré de plus en plus comme un soutien des « terroristes ».

    Les facteurs géopolitiques expliquent aussi la répression accrue des Kurdes

    Bien évidemment, la guerre civile en Syrie, près des frontières de la Turquie, contribue à ce regain de tension. Il y a des Kurdes non seulement en Turquie, mais également en Syrie et en Irak, près des frontières turques. Le PKK notamment, utilise des bases arrière au Kurdistan irakien pour attaquer parfois l'armée turque, qui, de son côté, ne se prive pas de bombarder ces bases de la rébellion kurde, elle l'a fait aujourd'hui même.

    Par ailleurs, même si la Turquie fait partie de l'OTAN et elle est de ce fait dans le camp occidental contre l'organisation terroriste l'Etat islamique qui opère en Syrie et en Irak, elle veut surtout éviter que les Kurdes ne se renforcent au point de demander la création d’un Etat propre. Sont notamment visés les Kurdes de Syrie, qui ont été le fer-de-lance des combats au sol contre l'Etat islamique. Par ailleurs, toute une série d’enquêtes journalistiques ont mis en lumière des relations commerciales, concernant notamment la vente de pétrole entre les islamistes et des entités turques, ainsi que le rôle trouble des services secrets turcs, accusés d’avoir livré des armes aux combattants de l’Etat islamique, dans le but de contrer la progression des Kurdes syriens.

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