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    Europe

    Le groupe Etat islamique revendique l'attentat de Berlin

    media L'attaque au camion-bélier lundi 19 décembre à Berlin a fait au moins douze morts. REUTERS/Hannibal Hanschke

    L'attaque au camion-bélier qui a fait hier au moins 12 morts et 48 blessés contre un marché de Noël à Berlin a été revendiquée ce mardi 20 décembre par le groupe Etat islamique. Un demandeur d'asile pakistanais un temps suspecté a finalement été remis en liberté. La police de Berlin a annoncé qu'un «dangereux criminel» se trouve encore probablement «dans la nature».

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    Le groupe Etat islamique a revendiqué l'attentat de Berlin moins de 24 heures après les faits. « Un soldat de l'EI a commis l'opération de Berlin en réponse aux appels à cibler les ressortissants des pays de la coalition internationale » contre l'EI, indique Amaq, l'agence de propagande de l'organisation terroriste.

    L'individu que le groupe EI présente comme un « soldat » est probablement toujours en fuite. « Nous avons probablement un dangereux criminel dans la nature et bien sûr cela inquiète la population », a déclaré le patron de la police locale, Klaus Kandt, lors d'une conférence de presse ce mardi, alors que les soupçons contre un suspect pakistanais ne semblent pas s'étayer. D'après le journal Die Welt citant une source policière, « l'auteur des faits est toujours armé, en fuite et il peut à nouveau faire des dégâts ». La police berlinoise, qui déclare disposer de nombreux indices (déclarations de témoins, traces ADN, etc), appelle la population à la plus grande vigilance et se dit confiante sur une arrestation rapide du suspect. « Un succès rapide est possible »,   estimait mardi soir le responsable de la police fédérale.

    Selon Cédric Mas, historien de la guerre et spécialiste des questions jihadistes, il est fort probable que le groupe Etat islamique ait eu un contact avec l'auteur de cet attentat. « L'Etat islamique avant de procéder à cette revendication a nécessairement effectué des vérifications, voire a obtenu un contact ou une vidéo de revendication ou d'allégeance de l'auteur. »

    « Cette revendication, souligne le spécialiste, ne nous permet pas de savoir si la personne a agi seule ou pas ; elle ne nous permet pas de savoir si la personne va agir à nouveau. Et enfin, elle ne nous donne pas pour l'instant d'indications sur le fait de savoir si c'est une attaque préparée, téléguidée à distance, ou un terrorisme d'opportunité d'une personne qui est passée à l'acte pour d'autres raisons et dont l'acte est récupéré par l'Etat islamique. »

    Doutes sur l'identité du tueur

    Les autorités allemandes ont d'abord présenté un demandeur d'asile pakistanais de 23 ans, interpellé dès lundi soir à proximité du lieu de l'attentat après avoir été suivi par un témoin, comme l'homme soupçonné d'avoir conduit le poids lourd. Il a été arrêté « parce qu'il semblait correspondre à la description » du conducteur donnée par des témoins, a dit le chef de la police berlinoise. Il était « connu des services de police », mais pas pour des faits de radicalisation islamiste, a ajouté le procureur.

    Mais dans la soirée, les autorités l'ont finalement remis en liberté, faute de preuve. « La personne suspectée [...] a été remise en liberté dans la soirée sur ordre du parquet fédéral. Les résultats de l'enquête n'ont à l'heure actuelle pas mis à jour d'éléments confirmant des soupçons » à son encontre, a expliqué le parquet dans un communiqué. « Les expertises de la police scientifique et technique n'ont pas pu établir jusqu'à présent la présence du suspect dans la cabine du poids lourd », a-t-il ajouté.

    Sécurité renforcée

    Le patron de la police berlinoise a annoncé que les mesures de sécurité étaient en train d'être « renforcées » dans la ville, avec une plus grande présence de policiers armés dans les lieux très fréquentés comme les marchés de Noël et l'installation plus systématique de barrières de métal.

    Le dernier bilan provisoire de l'attentat est de 12 morts et 48 blessés, dont 18 dans un état grave. Selon le chef de la police judiciaire allemande (BKA), Holger Münch, six des victimes décédées ont pu être identifiées et sont allemandes. Le bilan aurait pu être plus lourd : l'enquête a montré que le chauffeur polonais a été tué après l'attentat, rapporte notre correspondant à Berlin, Pascal Thibaut. Il s'est battu avec le conducteur sans doute pour essayer d'empêcher l'attentat, et a été abattu par celui.

    La chancelière allemande Angela Merkel entourée du maire de Berlin Michael Müller (gauche) et du ministre de l’Intérieur Thomas de Maizière. REUTERS/Hannibal Hanschke

    Angela Merkel sur les lieux du drame

    Vêtue de noir, Angela Merkel s’est rendue sur les lieux du drame, mardi 20 décembre après-midi, accompagnée du ministre des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier, du ministre de l’Intérieur Thomas de Maizière et du maire de Berlin Michael Müller. La délégation très recueillie, très silencieuse, a traversé les allées désertes du marché de Noël devant les échoppes en bois toutes fermées, rapporte notre envoyée spéciale à Berlin, Anastasia Becchio.

    La chancelière a également déposé une rose blanche sur un mémorial improvisé et s'est recueillie dans l’église du « Souvenir », juste à côté du lieu de l’attentat. Un lieu symbolique de Berlin car le bâtiment détruit pendant la Seconde Guerre mondiale est resté en partie en l'état, rappelant le passé douloureux de l'Allemagne.

    Cérémonie religieuse

    C'est dans cette église que s'est tenue une cérémonie très émouvante regroupant les grandes religions, rapporte notre correspondant à Berlin, Pascal Thibaut. « Cette église est un témoignage de la haine, une plaie ouverte, elle transporte un message de réconciliation plus fort que la violence », a souligné l'un des orateurs. « Nous devons rester solidaires », a également déclaré un imam. A la fin de la cérémonie, le public s'est levé, chacun tenant la main de son voisin.

    A quelques kilomètres de là, un autre symbole de Berlin, la porte de Brandebourg, après avoir été illuminée ces derniers mois aux couleurs d'autres pays victimes d'attentats, affichait ce soir le noir, le rouge et l'or : les couleurs de l'Allemagne.

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