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    Europe

    La montée des populismes en Europe fragilise l'UE

    media La présidente du Front national (FN) Marine Le Pen devant une affiche pour sa campagne électorale présidentielle de 2017, alors qu'elle inaugure son siège de campagne à Paris, en France, le 16 novembre 2016. REUTERS/Charles Platiau

    L’Union européenne n’a pas été épargnée par les crises cette année, avec, en point d’orgue, le Brexit. La décision du Royaume-Uni de sortir de l’UE plonge le continent dans une période d’instabilité. Avec le Brexit, mais aussi la crise des réfugiés, face à laquelle l’UE peine à trouver une réponse concertée, ou les difficultés économiques, l’année 2017 s’annonce comme celle de nombreux défis à relever. Des responsables européens ont plaidé pour un sursaut salvateur. Mais la montée des populismes et de l’euroscepticisme, conjuguée à des échéances électorales importantes dans plusieurs Etats membres, risque de vouer tous les efforts à l’échec.

    L’Union européenne n’est pas au mieux de sa forme. « Avec le Brexit, on est entré dans une crise existentielle », affirme la politologue de l’Université libre de Bruxelles et spécialiste de l’euroscepticisme, Nathalie Brack. « Aujourd’hui, elle semble incapable d’apporter une réponse cohérente et unifiée en matière économique ou en matière de migration, le tout, sur fond de défiance vis-à-vis des gouvernements nationaux et de montée des partis populistes ».

    Avant de quitter son poste de président du Parlement européen, Martin Schulz, a, au début du mois, dépeint un tableau plutôt morose : « Jamais le climat politique n'a été aussi empoisonné » que maintenant, a-t-il lancé, s'emportant contre les « mensonges » pendant la campagne du Brexit et le « Brussels Bashing », le dénigrement systématique dont font l’objet les dirigeants européens.

    L’euroscepticisme comme une traînée de poudre

    Le désamour pour l’Europe semble, en effet, s’accentuer au fil des années. « L’euroscepticisme se diffuse comme une trainée de poudre », note Olivier Costa, chercheur au CNRS-Sciences Po Bordeaux et directeur d’études au Collège d’Europe de Bruges. « On a aujourd’hui 18 Etats dans lesquels au moins un parti politique réclame un référendum en vue d’une sortie de l’Union européenne. On a surtout des responsables politiques nationaux qui, d’une certaine manière, font de l’euroscepticisme " light " pour essayer d’aller dans le sens du vent. Ce qui est assez remarquable, c’est qu’on a n’a quasiment plus de leader national qui ait un discours réellement pro-européen, réellement marqué. »

    Seul le Premier ministre luxembourgeois Xavier Bettel sort un peu du lot, selon le politologue, en ayant des messages tournés vers l’Europe. « De nombreux partis qui sont aujourd’hui au gouvernement ont peur de proposer des choses originales, ou en tout cas, très pro-européennes, parce qu’ils sont sous pression de partis populistes et radicaux », explique Nathalie Brack. « Ils préfèrent donc se replier sur leurs intérêts nationaux et ne mettent pas en avant une solidarité au niveau européen », précise le politologue de l’ULB.

    Frauke Petry, de l'AfD, le 1er mai 2016 à Stuttgart pendant le congrès du parti eurosceptique et anti-islam allemand. REUTERS/Wolfgang Rattay

    Du Front national, en France, au Parti de la liberté, le PVV néerlandais en tête des sondages pour les législatives de mars 2017, en passant par l’AfD, l’Alternative pour l’Allemagne, qui recueille, quatre ans après sa création, entre 9 et 15 % des intentions de vote, bien au-dessus du seuil des 5 % requis pour entrer au Bundestag, les mouvements populistes ont le vent en poupe. Dans son étude sur le vote populiste en Europe, le projet de sondages pan-européen EUopinions de l’institut Berteslmann a analysé les motivations des électeurs. Il en ressort que ça n’est pas tant la volonté de défendre les valeurs traditionnelles mais une réaction de rejet de la mondialisation qui guide ces personnes. « En fait, c’est une réaction de peur. Les gens qui ressentent la globalisation comme une menace ont tendance à voter pour les partis populistes de droite », explique l’une des auteurs de cette étude, Isabel Hoffman. « Si vous écoutez les discours qui sont menées par Mme Le Pen, M. Wilders, M. Hofer en Autriche, ou Frauke Petry en Allemagne, ce sont des discours qui disent : la menace est partout, les autres ne font rien, ne vous inquiétez pas, nous allons vous aider… C’est une technique de communication qui est omniprésente dans tous les discours des populistes de droite partout en Europe. »

    Clivages de l’UE

    Les partis de la droite extrême en Europe deviennent de plus en plus souvent les porte-voix de l’exaspération et de la colère sociale. Un phénomène que l’on a pu observer lors du Brexit, mais pas uniquement, note Nathalie Brack. « Un clivage se développe entre ceux que l’on appelle les gagnants et les perdants de la mondialisation, avec, d’un côté, des jeunes diplômés qui peuvent être compétitifs sur le marché du travail internationalisé auxquels l’Union apporte des opportunités avec le marché intérieur et l’ouverture des frontières, et de l’autre, des personnes plus âgées ou peu qualifiées, qui voient l’UE comme une menace économique ou culturelle », explique la politologue belge.

    Les raisons en sont diverses. Elles remontent en partie aux origines de l’Union, selon Nathalie Brack : « Elle a reçu beaucoup de compétences pour déréguler, pour faire de l’intégration négative, pour retirer des frontières, et pour gérer les aspects économiques de l’intégration. » A l’inverse, « elle a reçu assez peu de compétences pour redistribuer, que ce soit en politique sociale ou en politique fiscale. Les Etats ne veulent pas donner ces compétences-là au niveau européen. »

    Vers une Europe plus protectrice ?

    Dans son discours sur l’état de l’Union, le 14 septembre 2016, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a prôné une Europe plus sociale et protectrice. Face à une UE en crise, il a proposé « un agenda positif pour les 12 prochains mois ». « La crise a montré que l’Europe n’était plus capable d’apporter de la prospérité à ses concitoyens », résume Nathalie Brack, « il faudrait davantage développer des projets qui répondent aux attentes des citoyens puisque l’UE a plutôt tendance à promouvoir le marché intérieur sans mettre en avant les mécanismes de protection et de solidarité. Lors des débats sur la politique commerciale, l’UE n’a pas démontré pourquoi le libre-échange serait un atout pour ses citoyens. A l’avenir, elle doit davantage montrer sa plus-value en terme de protection, faute de quoi il y aura des mobilisations anti-européennes ou en tout cas contre certaines politiques européennes ».

    Geert Wilders, le 18 mars 2016 à Schiphol. REUTERS/Michael Kooren/File Photo

    Mais l’agenda positif qu’appelle de ses vœux le président de la Commission européenne sera délicat à mettre en œuvre dans l’immédiat. Les calendriers politiques nationaux chargés de ces prochains mois (élections législatives aux Pays-Bas et en Allemagne, et présidentielle en France) risquent de retarder les réformes attendues. « Il est clair que rien ne se passera avant ces élections-là », pronostique Olivier Costa. « Les responsables politiques nationaux sont extrêmement prudents dans leur engagement vis-à-vis de l’Union », explique le directeur d’études au Collège d’Europe de Bruges, « tout le monde a peur de parler d’Europe. Si proposition il y a, ce sera après les élections française et allemande ».

    → Télécharger l'étude sur le vote populiste en Europe de la Fondation Berteslmann
     

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