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    Europe

    Une étude prouve que l’homme de Néandertal était bien cannibale

    media Homme de Néandertal, au Musée du Néandertal de Krapina, en Croatie. Reuters/Nikola Solic

    L’homme de Néandertal pratiquait le cannibalisme, dans les grottes de Goyet, sur le territoire de la Belgique actuelle, dans la commune de Gesves. C’est ce que révèle une étude internationale, qui prouve pour la première fois que le cannibalisme a existé dans le nord de l’Europe.

    « On peut conclure que certains Néandertaliens sont morts et ont été mangés ici », dans la grotte de Goyet, située à une quinzaine de kilomètres de Namur (Belgique), a confirmé à l’Agence France-Presse (AFP) Hélène Rougier, de la California State University Northridge.

    L’anthropologue française a dirigé une équipe internationale qui a étudié des fragments d’os retrouvés dans les grottes de Goyet. Plusieurs os humains, d’un nouveau-né, d’un enfant et de quatre adultes ou adolescents, montrent des traces de découpe : « Les os ont été coupés dans des zones précises afin de les manger. La faune était traitée de la même manière », indique la paléoanthropologue Isabelle Crevecœur, qui a participé à l’étude, contactée par RFI.

    « Quelques-uns de ces os ont en outre été utilisés pour en faire des outils », pour « retoucher le bord des silex taillés pour les réaffuter », précise Hélène Rougier.

    Première confirmation du cannibalisme de Néandertal en Europe du Nord

    Ces faits datent d’il y a environ 40 000 ans, dans ces galeries de Goyet, de quelque 250 mètres de long, ouvertes au public. La présence sur terre de l’homme de Néandertal touche alors à sa fin. Après avoir cohabité avec lui, il laissera la place à l’homme de Cro-Magnon, notre ancêtre direct.

    Des cas de cannibalisme étaient déjà avérés, mais il s’agissait de populations établies dans le sud de l’Europe, en Espagne (grotte d’El Sidrón et Zafarraya) et en France (Moula-Guercy, en Ardèche, et Les Pradelles, en Charente). C’est la première fois que la chose est confirmée en Europe du Nord.

    Pourtant, l’homme de Néandertal prenait soin des corps des morts, comme le montre des exemples de sépultures néandertaliennes. Comment expliquer cet apparent paradoxe ? « Cela peut s’expliquer tout simplement par le fait que les Néandertaliens étaient des populations différentes, note Isabelle Crevecœur, chercheuse au CNRS. A l’époque actuelle, il y a sur terre des populations qui sont cannibales et d’autres qui enterrent leurs morts. Ce n’est pas contradictoire. »

    Elle ajoute que « pour les Néandertaliens, leur culture est beaucoup plus diverse qu’on ne l’imagine. Notre étude permet aujourd’hui d’être sûr qu’il y a eu une diversité de pratiques relatives aux morts sur une zone très réduite, celle de Goyet. »

    Isabelle Crevecœur suppose même : « On pourrait dire peut-être qu’il y avait une intention mortuaire dans ce cannibalisme, car ils ont mangé les défunts comme ils mangeaient la faune, peut-être parce qu’ils respectaient la faune. Le fait est que nous n’en savons rien. »

    « Nous ne savons pas s’il s’agit d’un cannibalisme rituel ou de survie »

    Car deux incertitudes demeurent après cette étude publiée en juillet par Scientific Reports, un journal du groupe Nature : quelles étaient l’ampleur et les raisons de ce cannibalisme ? Hélène Rougier ne peut avancer que des hypothèses : « Etait-ce systématique ? Est-ce que ça n’a été qu’à certains moments particuliers ? », se demande-t-elle.

    Quant aux raisons, Isabelle Crevecœur déclare : « Nous ne savons pas s’il s’agit d’un cannibalisme rituel ou de survie. Pour le savoir, il faudrait avoir un contexte fiable paléo-environnemental sur la grotte. Il faudrait que l’on sache s’il y a eu des famines qui, éventuellement, pourraient nous amener à conclure à un cannibalisme de survie. A Goyet, nous avons perdu ces données. Mais on garde espoir pour de nouvelles fouilles, afin de pouvoir donner les raisons de ce cannibalisme. »

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