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    Europe

    Attaque d’une discothèque à Istanbul en Turquie: «C’est notre Bataclan...»

    media Nouvel an triste pour les Turcs une nouvelle fois touchés par un attentat à Istanbul YASIN AKGUL / AFP

    Au moins 39 personnes ont été tuées et une soixantaine d'autres blessées dans une attaque contre une célèbre boîte de nuit à Istanbul, la Reina, dans la nuit de ce samedi 31 décembre à ce dimanche 1er janvier, a annoncé le ministre de l'Intérieur turc ce dimanche matin. Il s'agit de la sixième attaque en moins d'un an. L'assaillant court toujours et l'attaque n'a pas encore été revendiquée au moment où le président Erdogan réaffirme la détermination de la Turquie à détruire les menaces à leur source.
     

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    Avec agences et nos correspondants en Turquie, Anne Andlauer et Alexandre Billette

    Un conseil de sécurité exceptionnel s'est tenu à la mi-journée à Istanbul sous la direction du Premier ministre Binali Yildirim, mais sur les réseaux sociaux et dans les médias, des questions apparaissent déjà : par exemple comment un homme a pu entrer, armé, dans une discothèque connue pour contrôler sa clientèle... Autre sujet de polémique, les injonctions de plusieurs mouvements islamistes et aussi, de journaux ultranationalistes qui avaient appelé les Turcs à ne pas fêter l’arrivée du 1er janvier, une fête qui n’est pas à leurs yeux compatible avec l’islam. Ainsi le quotidien Milli avait notamment fait sa Une hier avec cette phrase à postériori glaçante : ne célébrez pas le Nouvel an, ceci est le dernier avertissement.

    Sur les réseaux sociaux justement et dans les témoignages de personnes à Istanbul, un mot revient souvent ce dimanche : « Bataclan ». « C’est notre Bataclan », disent les Turcs. « Nous avons eu un répit de quelques heures, de quelques minutes, pour fêter le Nouvel an », disait une jeune Turque qui était sur place dans la discothèque cette nuit. « Et déjà c’est l’enfer qui recommence », se lamente-t-elle.

    Selon le président Erdogan, dans un communiqué rendu public par la présidence, cette agression visait à « semer le chaos dans le pays », mais « en tant que nation, nous combattrons jusqu'au bout non seulement les attaques armées de groupes terroristes et les forces derrière eux, mais aussi leurs attaques économiques, politiques et sociales » a-t-il assuré.

    La Turquie « lutte contre les groupes terroristes qui sont implantés dans la région, contre les terroristes de Fethullah Gülen tout comme contre ceux de Daech, qui sont nés du vide politique en Syrie et en Irak, a surenchéri le Premier ministre, Binali Yildirim. Bien sûr, nous savons qu'il y aura des représailles, mais nous allons toujours nous tenir debout face à la terreur ».

    Au moins 39 morts dont au moins quinze étrangers

    Le bilan de l'attaque s'est alourdi au fil de la matinée. Au moins 39 personnes ont été tuées et 65 blessées dans l'attaque. L'identité de 17 des victimes a été publiée par l'hôpital où les corps ont été amenés : 16 Turcs et un Irakien pour le moment.

    Tout au long de la matinée, les ambassades étrangers ont publié leurs propres chiffres: Selon les informations de leurs deux pays respectifs, au moins trois Jordaniens et deux Tunisiens ont été tués lors du carnage dans la discothèque. De son côté, la Belgique déplore la mort d'une personne à la double nationalité belge et turque, Israël pleure le décès d'une jeune femme de 19 ans. Un Libanais est porté disparu et trois autres ont été blessés. La ministre turque de la Famille a déclaré que des ressortissants de l'Arabie saoudite, du Maroc et de la Libye figuraient également parmi les victimes, sans donner de précision sur leur nombre.

    Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, a annoncé qu'une Franco-Tunisienne a été tuée avec son époux tunisien dans l'attentat. Par ailleurs, trois Français ont été blessés dans l'attaque, condamnée « avec force et indignation » par le président Hollande qui a exprimé sa « solidarité avec la Turquie dans cette épreuve ».

    TURQUIE _Son Romain NADAL, porte-parole du Quai d'Orsay, sur l'attentat à Istanbul 01/01/2017 - par Alexandre Billette Écouter

    Chasse à l'homme pour retrouver l'assaillant

    L'auteur présumé de l'attaque est activement recherché. Selon les premières images des caméra de surveillance, c’est un homme seul qui a ouvert le feu sur la foule. « Les recherches pour retrouver le terroriste sont toujours en cours. J'espère qu'il va être rapidement capturé », a déclaré le ministre turc de l'Intérieur Süleyman Soylu. La police est à ses trousses. Plus de 17 000 agents étaient déjà mobilisés à Istanbul en cette nuit du Nouvel An.

    Selon les premiers éléments confirmés par le gouverneur de la ville Vasip Sahin, peu après l'attaque, un homme fait irruption dans l’établissement vers 1h15 du matin, alors que plusieurs centaines de personnes turques et étrangères célébraient le passage à la nouvelle année.

    Le Premier ministre turc Binali Yildirim a qualifié d'« infondées » les informations de presse selon lesquelles l'assaillant était déguisé en père Noël, ajoutant que l'agresseur avait laissé son arme sur les lieux et « profité de l'anarchie pour s'enfuir ».

    Des témoins racontent l'horreur

    L’assaillant a d’abord abattu un policier devant la boîte de nuit, avant d’entrer à l’intérieur et de tirer de longues rafales dans la foule. Un employé de la discothèque a raconté à la presse turque que les clients s’étaient jetés à terre dans la panique, certains – comme lui – parvenant à se réfugier en sous-sol. Une femme, dont le mari a été touché à trois reprises, elle aussi projetée à terre, a décrit une forte odeur de poudre et raconté comment des dizaines de personnes l’avait piétinée dans leur fuite,

    Ecoutez le témoignage d'une femme dont le mari a été blessé lors de l'attaque du club La Reina 01/01/2017 - par Alexandre Billette Écouter

    avant qu’elle ne s’évanouisse.« Je me tenais à l’opposé de là où ça a commencé, et les gens ont commencé à courir, mon mari m’a dit « ne t’inquiète pas » et il m’a protégé avec son corps. Les gens marchaient sur nous, mon mari a été touché par trois balles. J’ai écarté les gens qui étaient contre moi et j’ai vu mon mari qui était en sang, les gens étaient blessés, certains avaient les yeux ouverts, d’autres les yeux fermés. C’était terrifiant », raconte-t-elle.

    Piégés à l’intérieur, des clients se sont jetés à l’eau pour échapper aux balles. Plusieurs témoins encore ont décrit des personnes tentant de s’échapper portant des blessés, et expliqué que la police était intervenue rapidement.

    Il s’agit clairement d’une « attaque terroriste », a ajouté le gouverneur dans une brève déclaration à la presse peu après l'attaque.

    Le club Reina, une discothèque très courue

    La cossue boîte de nuit Reina, lieu de l'attentat, est un haut lieu de la vie nocturne à Istanbul, prisé de la jeunesse branchée, des artistes et célébrités et des touristes étrangers. En dépit de l'islamisation croissante de la société dont se plaignent les détracteurs du président Recep Tayyip Erdogan depuis que son parti est au pouvoir, le club Reina est resté l'un des repaires incontournables de la jet-set turque et des fêtards pas trop regardants sur la dépense. Jusqu'ici synonyme de fête, le nom de Reina sera désormais associé à ce massacre commis pendant la célébration du Nouvel An.

    Le sixième attentat en moins d'un an

    Ce nouvel attentat – le sixième à Istanbul en moins d’un an – survient alors que toutes les polices de la ville et du pays étaient sur le qui-vive en cette soirée du Nouvel An.

    Un peu plus tôt dans la journée, les autorités avaient annoncé l’arrestation de huit membres présumés de l'organisation Etat islamique (EI) à Ankara, soupçonnés de préparer une attaque imminente contre la capitale.

    En attendant plus de précisions, « les Etats-Unis condamnent dans les termes les plus vifs l'horrible attaque terroriste contre une discothèque d'Istanbul », a déclaré Ned Price, porte-parole du Conseil de sécurité nationale. « De telles atrocités perpétrées sur des innocents venus pour la plupart célébrer le Nouvel An souligne la sauvagerie des assaillants. »

    A Istanbul en Turquie, la police sécurise la zone proche de la discothèque où une fusillade a éclaté dans la nuit du 31 décembre au 1 janvier. REUTERS/Osman Orsal

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