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    Afrique

    Le Rwandais Paul Kagame au Vatican, une première

    media Paul Kagame. DR

    Le président rwandais est arrivé ce dimanche soir à Rome en vue de sa rencontre lundi avec le pape François. C'est la présidence rwandaise qui l'a annoncé sur son compte Twitter. Cette rencontre revêt un caractère particulier. En effet, depuis plusieurs années Kigali accuse l'Eglise catholique d'avoir une part de responsabilité dans le génocide de 1994 au Rwanda. En novembre, le gouvernement avait réclamé que le Vatican présente des excuses au nom de l'institution pour le rôle de certains de ses membres dans le génocide.

    La rencontre était à l'agenda officiel du souverain pontife, mais elle n'a été confirmée par Kigali qu'en fin de journée dimanche. Selon la présidence rwandaise, Paul Kagame se rend à Rome à l'invitation du pape François pour des discussions consacrées « aux relations bilatérales entre le Rwanda et le Vatican ». Les autorités rwandaises n'ont pas fait plus de commentaires.

    Depuis la fin du génocide en 1994, les relations sont houleuses entre Kigali et l'Eglise catholique. Cette dernière est régulièrement mise en cause notamment pour sa proximité avec le régime hutu extrémiste de l'époque et pour l'implication de religieux dans les massacres.

    Une première depuis l'arrivée de Kagame au pouvoir

    En novembre dernier, l'Eglise catholique rwandaise avait demandé pardon au nom de tous les chrétiens ayant été impliqués dans le génocide.

    Un pardon pour des individus et non pour l'Eglise en tant qu'institution, avait toutefois précisé le président de la Commission épiscopale rwandaise.

    Kigali n'avait pas mis longtemps à réagir. Le gouvernement avait jugé ces excuses « profondément inadéquates » et estimé que le Vatican lui-même devait demander pardon.

    Paul Kagame a-t-il changé d'avis sur la question ? C'est en tout cas la première fois qu'il rencontre un souverain pontife depuis son élection à la tête du Rwanda, en 2000.

    Vu du Vatican : une rencontre qui témoigne d’un certain dégel entre Rome et le pouvoir rwandais

    Avec notre correspondant au Vatican, Olivier Bonnel

    Les relations sont particulièrement tendues entre le Vatican et Kigali depuis la période sombre du génocide. C’est donc peu dire que la rencontre annoncée de Paul Kagame avec le pape en a surpris plus d’un au Vatican. De nombreux observateurs des affaires africaines ne s’attendaient pas, si tôt, à une telle entrevue.

    En décembre dernier, Kagame lui-même s’étonnait encore que le pape présente ses excuses pour les prêtres pédophiles mais s’abstient de le faire pour le rôle de l’Eglise dans le génocide. Entre le Vatican et Kigali, le contentieux est ancien : Rome n’a jamais digéré le meurtre en juin 1994 de 13 ecclésiastiques dont trois évêques rwandais par des membres du FPR, le parti de Kagame. Des meurtriers qui ont bénéficié d’un verdict clément.

    Pour autant le Saint-Siège ne s’est jamais désintéressé de l’histoire rwandaise, aussi douloureuse soit-elle, et même si certains de ses membres se sont compromis dans les massacres. L’un des neuf cardinaux qui conseillent le pape François aujourd’hui n’est autre que Giuseppe Bertello, qui fut le nonce apostolique au Rwanda pendant le génocide. Un homme qui a pesé à l’époque pour écarter l’évêque de Kigali, trop proche du pouvoir de Juvénal Habyarimana.

    Le pape François veut maintenir ce canal avec le pouvoir rwandais : il y a deux ans en recevant les évêques du Rwanda à Rome, le souverain pontife les avait invités à « renforcer les liens de confiance avec l’Etat ». Preuve que les choses bougent : François vient tout juste de nommer un nouvel ambassadeur du Vatican à Kigali, un poste qui n’était pas pourvu depuis le mois de juin dernier.
     


    Une rencontre plutôt bien accueillie au Rwanda

    Au Rwanda, pays à 40% catholique, l'annonce de cette rencontre a été plutôt bien accueillie, même si les attentes des Rwandais divergent.

    A la sortie de la messe devant l'église de Kicukiro à Kigali, à l'image de cette paroissienne, on se réjouit de la rencontre annoncée entre le président Kagame et le pape François : « C'est une joie pour nous. Entendre que notre président, à la tête d'un pays tout petit pays est parvenu à avoir son rendez-vous, c'est déjà quelque chose de beau et de surprenant, on attend les retours ».

    Certains fidèles hésitent à commenter la demande par Kigali d'excuses du Vatican. D'autres comme Marie-Solange, une commerçante, font écho à la position de la Conférence épiscopale rwandaise. En novembre elle avait demandé pardon mais seulement pour des individus ayant participé aux massacres. « Demander pardon, dit-elle, c'est nécessaire, mais pour l'individu même, les individus doivent demander pardon pas le Vatican comme institution. »

    « Le président va demander ce qu'il pense être juste pour la population rwandaise », croit savoir Eric, un entrepreneur rencontré dans un autre quartier de la capitale et qui espère un mea culpa du Vatican. Même avis pour Ibuka, la principale organisation de rescapés du génocide, qui attend beaucoup de cette rencontre. Selon son président Jean-Pierre Dusingizemungu, le Vatican a en effet une « responsabilité morale ».

    Outre le fait que des religieux aient été condamnés pour leur participation dans les massacres, il reproche à l'Eglise catholique d'avoir participé à la mise en place de l'idéologie coloniale qui a créé un clivage entre hutus et tutsis, ayant in fine abouti au génocide.

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