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    ETA, vers un terme à 40 ans de lutte armée

    media Logo de l'ETA, «Bietan jarrai», «Continuer dans les deux voies ». ANDER GILLENEA / AFP

    Dans la nuit du 6 au 7 avril, l'organisation séparatiste basque espagnole ETA a annoncé son « désarmement total ». Ce 8 avril, la justice française a mis la main sur des dizaines d'armes et des centaines de kilos d'explosifs grâce à des listes de planques fournies aux autorités. Créé en 1959, le groupe classé jusqu’en 2010 comme terroriste par l’Union européenne procédait à des actions meurtrières il y a encore sept ans.

    Même si des questions demeurent, l’annonce d’ETA (Euskadi Ta Askatasuna, « Pays Basque et Liberté ») de procéder à son désarmement total est un pas majeur dans l’histoire de ce groupe né il y a 58 ans.

    Des résistants au franquisme et indépendantistes basques

    En 1959, ETA est loin de ce qu’il sera quelques années après. L’Espagne est alors sous le joug des franquistes quand l’organisation voit le jour. Elle est fondée par des dissidents du régime, militants de la première heure de l’indépendance du Pays basque. ETA est alors très populaire, non seulement parce qu’il combat activement et efficacement le régime de Franco mais aussi parce qu’il réclame l’indépendance du cette région du nord de l’Espagne. D’inspiration marxiste révolutionnaire, ETA prône, entre autres, la lutte armée pour parvenir à ses fins. Son emblème est un serpent (symbole de la sagesse) enroulé autour d’une hache (pour l’utilisation de la force) et sa devise est « Bietan jarrai » (« Continuer dans les deux voies »).

    Une longue liste de victimes

    Mais le mouvement indépendantiste perpètre de nombreuses actions violentes et meurtrières. En Espagne, mais aussi au sein de la société basque, les etarras passent du statut de « combattants de la liberté » à celui de terroristes, à mesure que le pays prend le chemin de la démocratie. Du 7 juin 1968 au 7 mars 2010, quelque 829 personnes trouvent la mort dans des attentats de l’ETA, la fin du franquisme en 1975 ne mettant pas fin à la lutte armée, bien au contraire.

    Des centaines d’autres personnes sont mutilées, des politiques, des notables, des intellectuels mais aussi des civils et des Basques ; des cas de tortures sont aussi au triste palmarès de l’organisation. 1980 est l’année la plus sanglante, 118 personnes sont tuées. En plus de ces actions armées, le mouvement procède à de multiples extorsions de fonds et vol à main armée. Parallèlement, en 1978 est crée Herri Batasuna, considéré comme l’aile politique d’ETA.

    2011, l’annonce de la fin de la lutte armée

    Mais les morts de civils et de Basques jugés par le groupe comme « traitres » affaiblissent politiquement et socialement l’organisation au milieu des années 1990 – de nombreux dirigeants indépendantistes sont arrêtés en France et en Espagne. Des annonces de pourparlers et de trêves avec les autorités espagnoles et françaises volent rapidement en éclats.

    L’attentat à l’aéroport de Madrid en décembre 2006 (une voiture piégée explose, tuant deux Equatoriens) sera la goutte d’eau qui mettra fin au lien entre l’aile militaire et l’aile politique d’ETA, d’autant qu’en mars de cette année-là, le mouvement annonce un cessez-le-feu permanent à partir du 24 et Zapatero informe le Parlement de sa volonté d'engager des pourparlers de paix.

    Il faut attendre début 2011 pour qu’ETA annonce un cessez-le-feu « permanent, général et vérifiable » puis, en octobre de la même année, «  la fin définitive de son action armée ». « Les détentions successives, dont celles de la quasi-totalité de la Zuba, sa cellule dirigeante, le manque de résultats, la lassitude, l’éloignement du pays et le refus de Madrid de concéder quoi que ce soit à des "assassins" ont contraint ETA à mettre fin à ses actions armées, en l’occurrence à ses attentats », analysait en 2016 sur RFI Jean Chalvidant, spécialiste de l’Espagne et auteur de plusieurs ouvrages sur ETA. Pour les spécialistes du groupe indépendantiste, ETA prend conscience que la lutte armée ne « fonctionne » pas et qu’il faut passer par le politique pour agir et être entendu.

    2017, une nouvelle phase « historique »

    En annonçant en ce mois d’avril son désarmement total, ETA veut montrer sa volonté de mettre fin à quarante ans de lutte armée. Ce 8 avril, six ans après l’abandon de la lutte armée, ETA remet donc à la France une liste de huit caches d'armes, le Sud-Ouest de l’Hexagone ayant été historiquement une importante base arrière du groupe.

    ETA est-il aujourd’hui définitivement mort ? Tant que l’annonce officielle de sa dissolution ne sera pas effectuée, le groupe indépendantiste existera. Nul ne sait pour le moment quand cette ultime étape sera franchie. Le mouvement indépendantiste basque ne regroupe plus actuellement qu’une vingtaine de militants.

    Leur objectif affiché, condition préalable au désarmement auparavant, est celui du sort des quelque 350 militants emprisonnés. ETA réclame leur libération, comme de nombreux Basques qui manifestent chaque année, ou tout au moins le rassemblement des etarras toujours incarcérés dans 45 prisons différentes en France et en Espagne.

    Quel avenir ?

    Après la remise de la liste des caches d’armes samedi 8 avril, le gouvernement conservateur espagnol a exigé d’ETA qu’il « demande pardon » et annonce sa « dissolution définitive ». De son côté, Arnaldo Otegi, ex-dirigeant de Batasuna et aujourd'hui dirigeant du parti Sortu, principale figure de la gauche indépendantiste basque, a estimé que son « désarmement » est un « événement historique », qui sera suivi d'un débat interne « sur son avenir », tandis que les Basques chemineront selon lui vers un pays indépendant.

    « Dans la petite secte des connaisseurs d’ETA, on est assez partagé, confie Jean Chalvidant à l’AFP. Pour les uns, elle s'éteindra d'elle-même, sans annonce préalable; pour les autres, dont je suis, elle le fera une fois que les prisonniers auront tous été regroupés. Pourquoi pas dans l'année ? »

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