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    Royaume-Uni: Theresa May appelle à des législatives anticipées le 8 juin

    media Theresa May lors de l'annonce de la tenue d'élections législatives anticipées le 8 juin prochain devant le 10, Downing Street à Londres. REUTERS/Toby Melville

    La Première ministre britannique Theresa May a appelé ce mardi 18 avril à la tenue d'élections législatives anticipées le 8 juin lors d'une annonce surprise devant sa résidence de Downing Street, trois semaines après le déclenchement du Brexit. A Bruxelles, on souligne que cela ne change rien aux plans des Vingt-Sept.

    L'annonce a fait l'effet d'un coup de tonnerre ce mardi matin au 10, Downing Street. « J'ai décidé d'appeler à des législatives anticipées le 8 juin », a affirmé Theresa May dans une déclaration solennelle. Pour valider la tenue du scrutin, la Première ministre britannique doit cependant encore obtenir l'aval du Parlement à la majorité des deux tiers.

    L'opposition travailliste a donc en théorie le pouvoir de bloquer l'initiative, mais son leader Jeremy Corbyn a laissé entendre dernièrement qu'il ne s'opposerait pas à des élections anticipées.

    Quelques minutes après l'annonce de la Première ministre britannique, les travaillistes ont d'ailleurs fait savoir qu'il accueillaient « favorablement » la tenue d'élections anticipées. La cheffe du gouvernement conservateur, en poste depuis moins d'un an, compte tirer profit de l'extrême faiblesse du Labour Party dans les sondages pour conforter son mandat et sa majorité par le vote populaire avant les difficiles négociations sur la sortie de l'Union européenne.

    Theresa May a pris les rênes de l'exécutif, sans être élue, quelques jours après le référendum du 23 juin 2016 où les Britanniques se sont prononcés à près de 52% pour un Brexit, conduisant son prédécesseur David Cameron à la démission.

    Un boulevard annoncé pour les conservateurs

    La Première ministre qui était jusqu'à présent farouchement opposée à avancer le prochain scrutin prévu en 2020, a justifié sa décision en disant vouloir se doter d'une majorité stable durant la période de négociations du Brexit, explique notre correspondante à Londres, Muriel Delcroix.

    L'argument principal avancé par Theresa May devant Downing Street est un souci de stabilité et d'unité face au Brexit.

    « La Grande-Bretagne quitte l'Union européenne, il ne peut pas y avoir de retour en arrière, mais les autres partis politiques s'y opposent. A ce moment décisif pour notre pays, il devrait y avoir une unité, ici, à Westminster, mais à la place il y a des divisions. Les travaillistes ont menacé de voter contre l'accord que nous négociations, les libéraux démocrates aussi. Le Scottish National Party a dit qu'il voterait contre la législation qui nous séparera de l'Union européenne. Ce qu'il font mine notre travail pour préparer le Brexit et affaibli notre position dans les négociations. Si nous ne tenons pas des élections générales maintenant, leurs jeux politiques vont continuer. Leurs divisions peuvent empêcher la réussite du Brexit et cela entraine une instabilité et des dommages pour notre pays, donc nous avons besoin d'élections générales et nous en avons besoin maintenant. »

    A ce jour, le parti conservateur ne dispose que d'une courte majorité de 17 députés au Parlement de Westminster et le gouvernement n'est pas à l'abri d'une rébellion dans son propre camp susceptible de freiner son action. La tentation était donc grande d'augmenter cette majorité puisque les sondages prédisent tous un boulevard aux Tories face aux travaillistes et leur leader radical Jeremy Corbyn en cas d'élection anticipée. Ces dernières semaines, les services de la Première ministre avaient vigoureusement écarté la tenue de telles élections. Theresa May a dit avoir longtemps réfléchi avant de se résoudre à appeler de nouvelles élections.

    Du côté de Bruxelles, ces élections britanniques anticipées « ne changent pas les plans de l'UE à Vingt-Sept », a déclaré Preben Aaman, le porte-parole du Conseil européen, interrogé sur l'impact de ce scrutin sur le calendrier des négociations. Des responsables européens ont estimé que celles-ci pourraient commencer à partir de la fin mai 2017.

    (avec AFP)

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