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    Macron-Poutine: un dialogue «franc et direct» sur la Syrie et l'Ukraine

    media Le président russe Vladimir Poutine (G) et le président français Emmanuel Macron (D) à Versailles, le 29 mai. REUTERS/Philippe Wojazer

    Le président russe est reçu ce 29 mai à Versailles pour inaugurer une exposition sur les 300 ans des relations franco-russes. Vladimir Poutine et Emmanuel Macron se sont entretenus en tête à tête avant de partager un déjeuner de travail. Lors de la conférence de presse commune qu'ils ont donnée, le président français a voulu jouer sur deux cordes: dialogue et exigence, comme il l'avait promis avant la rencontre.

    Il n'y a pas eu de chaleur entre Emmanuel Macron et Vladimir Poutine durant la visite du président russe à Versailles. Mais l'objectif n'était certainement pas pour le chef de l'Etat français d'afficher une proximité avec son homologue comme il l'avait fait avec Angela Merkel, Justin Trudeau ou même Theresa May qu'il a rencontrés au G7. Rien à voir non plus avec la tension physique de la poignée de main virile avec Donald Trump. Là, il s'agissait d'établir un rapport de force avec un dirigeant réputé pour être dur et avec lequel les sujets de frictions sont nombreux. Face à Vladimir Poutine, Emmanuel Macron devait montrer avant tout sa fermeté.

    La rencontre a donc donné lieu à un échange « franc, direct » avec « beaucoup de choses qui se sont dites », selon les termes d’Emmanuel Macron. En langage diplomatique, cela signifie qu’il y a des sensibilités différentes, souligne notre envoyée spéciale Anastasia Becchio.

    Mais Vladimir Poutine, comme Emmanuel Macron, ont tenté d’y mettre les formes, affirmant qu’ils voulaient travailler à construire des actions communes. « Nous avons cherché des points de convergences sur les questions clé. Je pense que nous les voyons », a affirmé Vladimir Poutine.

    Dans ce décor fastueux du château de Versailles que le chef du Kremlin affirme visiter pour la première fois, les deux dirigeants ont assailli l’auditoire de références historiques. Emmanuel Macron a rappelé que Pierre le Grand était le symbole de cette Russie qui s’ouvrait à l’Europe et symbole aussi de l’amitié franco-russe. Une amitié mise à mal ces dernières années.

    « Aucun enjeu essentiel ne peut être traité sans dialoguer avec la Russie », a insisté le président français. Les deux hommes ont donc passé un large éventail de sujets, en particulier la Syrie et l’Ukraine.

    Lutte contre le terrorisme

    Sur le dossier syrien, Emmanuel Macron s'est voulu ferme. « J'ai indiqué qu'une ligne rouge très claire existe de notre côté : l'utilisation d'une arme chimique par qui que ce soit », qui fera « l'objet de représailles et d'une riposte immédiate de la part des Français », a-t-il déclaré lors de cette conférence de presse commune avec son homologue russe Vladimir Poutine.

    « Sur la Syrie, j'ai rappelé quelles étaient nos priorités et je crois que nous pouvons sur cette voie travailler ensemble, en tout cas c'est mon souhait, dans les prochaines semaines », a fait savoir Emmanuel Macron. « Notre priorité absolue, c'est la lutte contre le terrorisme et l'éradication des groupements terroristes et en particulier de Daech », a-t-il ajouté. Le chef de l'Etat français s'est accordé avec Vladimir Poutine sur la création d'« un groupe de travail » franco-russe pour lutter contre le terrorisme.

    Emmanuel Macron a également plaidé pour une transition démocratique pour la Syrie, « mais en préservant un Etat syrien ». Il a indiqué qu'il faudrait « discuter avec l'ensemble des partis en présence » dans le dossier syrien, « y compris les représentants de M. Bachar el-Assad », notant, en réponse à une question, que « pour autant » la réouverture d'une ambassade de France à Damas n'était « pas une priorité ».

    Processus de Minsk et format Normandie

    Les deux chefs d’Etats ont également abordé la question du dossier ukrainien. Ils sont tombés d'accord sur la création d'« un forum franco-russe des sociétés civiles » afin d'approfondir le dialogue entre les deux pays et « surmonter les éventuelles incompréhensions. »

    « Sur la situation en Ukraine, nous avons longuement parlé des différents points de détails et de mise en œuvre du processus dit de Minsk. Notre souhait, je crois pouvoir le dire sous le contrôle du président Poutine, c'est que dans les meilleurs délais puisse se tenir à nouveau un échange sous le format dit "Normandie" » réunissant Russie, Ukraine, France et Allemagne, a déclaré Emmanuel Macron.

    Interrogé sur la question des sanctions imposées à son pays dans ce dossier, le président russe a répondu : « Vous avez demandé comment les sanctions contre la Russie pourront aider à régler la crise dans l'est de l'Ukraine ? Et voilà la réponse : aucunement ! Luttez pour la suppression de toutes les restrictions dans l'économie mondiale », a déclaré Vladimir Poutine.

    La question de la répression des homosexuels en Tchétchénie a aussi été abordée. Le président français a déclaré qu'il serait constamment vigilant sur la question, assurant que Vladimir Poutine avait promis la vérité complète sur les activités des autorités tchétchènes.


    ■ Soulagement en Ukraine

    Avec notre envoyé spécial à Kramatorsk,  Sébastien Gobert

    Au moins, il a compris à qui il avait affaire. La France est très importante dans le règlement du conflit à l'est de l'Ukraine et beaucoup se réjouissent à Kiev d'avoir vu le nouveau président tenir tête au maître du Kremlin.

    Médias et réseaux sociaux ukrainiens avaient longuement accusé les Occidentaux d'indécisions et d'actes manqués dans leur politique vis-à-vis de la Russie de Vladimir Poutine. Ils se félicitent aujourd'hui de la prestation d'Emmanuel Macron. Son commentaire sur les agences de presse Russia Today et Sputnik considérées comme des organes d'influence et non de journalisme a été particulièrement apprécié. Kiev dénonce depuis 2014 les effets désastreux de la propagande d'Etat russe, qui a joué un rôle important dans le déclenchement de la guerre.

    Emmanuel Macron tient tête à Vladimir Poutine et l'avertit même d'une poursuite des sanctions en cas d'escalade en Ukraine. Pour autant, les commentateurs remarquent qu'il n'apporte pas de proposition nouvelle pour relancer les efforts de paix. Et, en se référant aux Accords de Minsk, le président français s'engage à prolonger un format de négociations qui n'a produit que peu de résultats tangibles depuis 2015. Le premier point de l'accord, l'application d'un cessez-le-feu, n'a jamais été totalement respecté. La veille de cette rencontre à Versailles, des bombardements avaient fait quatre blessés et détruit une école dans la zone de guerre.

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