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    Europe

    Russie: amorce d’une reprise économique fragile

    media Le Forum économique international de Saint-Pétersbourg (SPIEF 2017), ce jeudi 1er juin 2017. REUTERS/Sergei Karpukhin

    Ce jeudi 1er juin 2017, s'ouvre, en Russie, le Forum économique international de Saint-Pétersbourg (SPIEF 2017). Dirigeants d'entreprises russes et étrangères, experts et représentants de la société civile, mais aussi plusieurs représentants politiques, chefs d'État et de gouvernement compris, s’y retrouvent. Aucun haut responsable occidental n’a annoncé sa présence. Le forum a lieu dans un contexte compliqué pour le pays, toujours soumis aux sanctions internationales en réaction à la crise ukrainienne de 2014. Le pays de Vladimir Poutine, après trois ans sous le régime des sanctions internationales, sort tout juste de la récession. Mais la hausse de la croissance ne devrait pas excéder 1,5 % cette année.

    Le géant pétrolier et gazier a gravement souffert de la chute du prix des matières premières énergétiques dès 2014. Celle-ci a plombé sa croissance et grevé son budget, avant que les sanctions ne viennent achever de plomber l'économie. Dans sa dernière étude sur l'économie russe publiée le 29 mai, la COFACE (assureur-crédit) rappelle qu’entre 2009 et 2016, le taux de croissance annuel moyen était proche de zéro.

    Ce début d'année 2017, avec la stabilisation du prix du brut, laisse augurer d'une légère reprise, d’après les experts, y compris ceux du Fonds monétaire international (FMI) qui a prédit une croissance d’1 %. Mais ces prévisions de croissance demeurent très faibles, de l’ordre de 1,5 % au maximum, car de nombreux obstacles empêchent une véritable reprise économique. D’après Anne-Sophie Fèvre, économiste à la COFACE, « il y a des freins liés à la structure démographique du pays [la population active devrait diminuer à l’horizon 2020, NDLR]. Et il y a toujours un environnement des affaires qui ne contribue pas à soutenir l’investissement. En termes de gouvernance générale, on voit que les progrès restent très timides, tant du point de vue de la réglementation que des libertés publiques, sans oublier la persistance de la corruption », souligne l’experte.

    Les sanctions, aussi un effet d’aubaine

    Pour autant, ce climat n’empêche pas certains de faire des affaires. Philippe Pégorier dirige l’une des cinq cents entreprises françaises présentes actuellement en Russie, Alstom. La France n’a jamais déserté le sol russe. Elle est même devenue le deuxième investisseur étranger en stock après l’Allemagne. « Je crois qu’on a intégré les sanctions dans nos plans d’action. On s’est organisé autrement, en produisant sur place, notamment », souligne l’homme d’affaires dont le groupe a même profité de la dégringolade du rouble pour augmenter sa part au capital de son partenaire russe TMH, un effet d’aubaine dont profitent également certains secteurs de l’industrie russe.

    Ainsi, les contre-sanctions prises par Moscou et visant les produits agroalimentaires européens ont permis le développement du secteur de la transformation des produits agricoles sur place. Le marché automobile russe a confirmé sa reprise en avril avec une hausse de 6,9 % sur un an, des ventes, selon des chiffres publiés par la fédération des constructeurs qui juge la tendance « fragile ». Il n’en demeure pas moins que « le maintien des sanctions risque de continuer à peser sur l’évolution des investissements, s’il n’y pas d’amélioration dans le domaine de la gouvernance », prévient Anne-Sophie Fèvre de la COFACE.

    Pendant ce temps, la population russe voit sa situation se dégrader. D’après les statistiques officielles, 20 millions de personnes vivraient sous le seuil de pauvreté (avec moins de 160 euros par mois). « Les revenus réels des ménages ont perdu, ces dernières années, 10 % en moyenne, par an », souligne Julien Vercueil, maître de conférences en économie à l’Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO).

    Dépenses militaires ou sociales?

    Au temps du pétrole cher (jusqu’en 2009), l'Etat russe a pu constituer des fonds de réserve avec les recettes du pétrole, des caisses qui ont été bien entamées depuis, pour alimenter, à la fois, l'immense budget militaire et les dépenses sociales. La dégradation de la situation économique incitera-t-elle le gouvernement à faire un choix entre l'une ou l'autre de ces dépenses ? « Il y aura sans doute des arbitrages, des décisions difficiles à prendre, explique le chercheur Julien Vercueil, mais certainement pas un choix clair entre les deux ». En effet, poursuit l’expert, « en termes de politique intérieure, il est indispensable au pouvoir de maintenir un soutien de la population et donc de maintenir une politique sociale minimale. Et la situation de la Russie étant difficile du point de vue diplomatique, il est absolument vital également pour Vladimir Poutine de maintenir un effort important de modernisation de son appareil militaire ».

    La question est trop sensible pour être tranchée. Surtout à moins d’un an des élections présidentielles et législatives (prévues en mars 2018.) De l’avis de tous les observateurs, l’Etat ne se lancera pas, non plus, dans les réformes structurelles nécessaires pour sortir le pays de la dépendance aux hydrocarbures (le secteur fournit toujours 40 à 50 % des recettes du budget), diversifier son économie et améliorer le climat des affaires. Impossible de dire comment la situation économique évoluera d'ici les échéances électorales. Mais, à coup sûr, la Russie va profiter de la conjoncture favorable pour remplir les réserves et pouvoir parer à tout nouveau coup dur, y compris le durcissement des sanctions.

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