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    A coup de peintures ou en bus, Amnesty International mobilise pour les réfugiés

    media La fresque gagnante du concours «Vos talents pour les réfugiés», organisé par Amnesty International, grande de 8 mètres carrés, sera visible à partir du début du mois de septembre. Elle a été réalisée par une trentaine de réfugiés. Concours «Vos talents pour les réfugiés», Amnesty International

    L’organisation non gouvernementale (ONG) Amnesty International a fait de l’accueil des réfugiés une de ses priorités. Avec le programme « I welcome » (« J’accueille »), lancé il y a déjà plusieurs mois par les différents bureaux d’Amnesty dans le monde, plus question de « crise » des migrants. Il s’agit plutôt de décliner, dans les différents pays, les solutions pour accueillir celles et ceux qui ont fui leurs terres. Que ce soit en les invitant à la création artistique, ou en faisant le tour de France des initiatives pour faire du pays une véritable terre d’accueil.

    « On voulait que les Français et les réfugiés travaillent ensemble sur les œuvres » : c’est l’un des principaux critères du concours « Vos talents pour les réfugiés ». Louise Carr, chargée de la campagne réfugiés et migrants d’Amnesty et membre du jury précise que les travaux présentés devaient également expliquer pourquoi la France pourrait accueillir plus de réfugiés, et comment. Aussi, pour l’ONG, les œuvres devaient être fortes et marquantes « de par leur réalisation ou de par leur esthétique », détaille Louise Carr.

    Sur les 72 œuvres reçues, une dizaine sont présentées sur le site de l’ONG. Une chanson composée par deux enfants – il existe une catégorie spéciale pour les moins de 25 ans – un poème, un dessin naïf réalisé par un réfugié... Le premier prix a été attribué à une fresque réalisée par une trentaine de réfugiés et encadré par des membres d’associations.

    Leydi est une étudiante colombienne en médiation interculturelle à l’université de Lille, dans le nord de la France. Dès son arrivée en France il y a deux ans, elle s’est rapprochée de l’association Mitrajectoires. Après plusieurs voyages au camp de migrants de Calais, elle décide de décliner sa passion, les arts plastiques, dans les différents ateliers d’aide aux réfugiés. « On s’est réuni avec tout un collectif de bénévoles et on a commencé à réfléchir : séances de dessin, d’écritures… »  Rapidement émerge l’idée d’une fresque, à laquelle tous pourraient contribuer.

    « Ils arrivaient à partager leurs problèmes »

    L’œuvre de 4 mètres sur 2 est réalisée dans les locaux de l’Eglise de la réconciliation, dans le quartier populaire de Moulins, à Lille, à proximité du jardin des Olieux où s’étaient installés depuis plusieurs mois des dizaines de réfugiés venus d’Afrique pour la plupart. « On a utilisé des mots clés, notamment " accueil ", pour aider les jeunes à structurer leur œuvre, pour orienter le projet et lui donner une cohérence », explique Leydi. Une dizaine d’après-midi de travail sont nécessaires. Certains jeunes sont scolarisés et on moins de disponibilités, mais le projet aboutit.

    La jeune associative le sait bien : « L’art ne va pas régler tous les problèmes des réfugiés, ils ont d’autres besoins, on connaît leur situation parce que des liens d’amitiés étaient tissés avant même le début du projet. » Mais la fresque leur permet de se vider la tête, de penser à autre chose qu’à leurs problèmes. Surtout, le travail collectif suscite des échanges : « J’ai beaucoup aimé le moment où ils ont commencé à raconter leurs parcours entre eux, ils se sont encouragés, ils se sont aidés, se réjouit Leydi. Il y a des filles qui venaient d’arriver, traumatisées… C’était compliqué d’exprimer les choses. Mais finalement, ils arrivaient à se parler, à partager leurs problèmes. »

    Dans le même esprit, les gagnants de la catégorie « moins de 25 ans » du concours « Vos talents pour les réfugiés » sont de jeunes Rochelais, qui ont réalisé un court documentaire vidéo à partir du témoignage d’un réfugié qui ne peut pas s’exprimer à visage découvert. Au fil des images d’illustration, la voix off raconte un parcours terrible, une arrivée tumultueuse, des rêves réalisés ou plus souvent brisés.

    « Aujourd’hui la politique des Etats c’est d’éloigner les réfugiés »

    Des initiatives de ce type, il en existe des dizaines en France, dans le monde. En la matière, Amnesty n’en est pas à son coup d’essai. Avec la campagne « I welcome », l’ONG mobilise à travers toute l’Europe pour accueillir des réfugiés. Entre des cours en ligne pour expliquer les droits de ces populations, ou des vidéos poignantes où des Européens et des réfugiés se fixent dans les yeux, sans dire mot, pendant plusieurs minutes… Ce mardi 20 juin, pour la Journée internationale des réfugiés, Amnesty France lance un bus à travers tout le pays. 365 jours de voyage pour recueillir auprès des Français les milliers de raisons d’accueillir des réfugiés. En ligne de mire un objectif : présenter ces initiatives et ces pistes de solution au président de la République lors de la prochaine journée internationale des réfugiées, le 20 juin 2018.

    « On appose systématiquement le mot "crise" à celui de "réfugiés", mais on ne parle plus des solutions, déplore la chargée de la campagne réfugiés et migrants d’Amnesty, Louise Carr. Pourtant elles sont là, elles existent, elles sont à portée de main ! » Faciliter le regroupement familial, aider à la réinstallation et à l’intégration, se déplacer dans les camps à l’étranger pour délivrer des visas aux plus vulnérables…  C’est, entre autres, ce que demande Amnesty. « Aujourd’hui, la politique des Etats, c’est d’éloigner les réfugiés, de les tenir à distance des frontières nationales », s’indigne Louise Carr. Par exemple, en signant des accords avec la Turquie, pour qu’elle retienne les réfugiés sur son sol.

    « On essaye de sensibiliser le public, de le mobiliser, pour qu’il nous aide à encourager les Etats à faire plus », explique la responsable d’Amnesty. Les Etats n’en feraient pas assez, voilà ce que disent les dizaines d’ONG et d’associations investies dans l’aide aux réfugiés. Et pour se faire entendre, elles ont besoin de l’aide des citoyens. « Les réfugiés représentent 0,3% de la population mondiale, si tout le monde y mettait du sien, la question serait réglée », conclut Louise Carr.

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