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    Europe

    Attentats en Espagne: une cellule d'une douzaine de jihadistes «démantelée»

    media Las Ramblas, Barcelone, le 17 août 2017. REUTERS/Susana Vera

    Après l'attentat de Barcelone, celui de Cambrils a été revendiqué par l'organisation Etat islamique à son tour, ce samedi 19 août 2017. Dernier bilan : 14 morts et près de 120 blessés. Les Espagnols et les touristes se sont réappropriés les Ramblas, artère emblématique de la principale ville de Catalogne désormais parsemée d'autels improvisés, tandis que l'enquête progresse à grands pas. Une cellule d'une douzaine de personnes a été mise au jour.

    Avec nos correspondants en Espagne,  François Musseau  et  Leticia Farine

    On commence à y voir plus clair dans l’attentat survenu jeudi 17 août 2017 à Barcelone avant celui, quelques heures plus tard, de Cambrils, plus au sud sur la côte. Les profils des suspects commencent à se dessiner. Les enquêteurs catalans pensent que les auteurs constituaient une cellule à part entière.

    Cette dernière était basée selon eux à Ripoll. Il s'agit d'une bourgade située à une centaine de kilomètres au nord de Barcelone. C’est ce qu’a affirmé jeudi soir, lors d’une conférence de presse, le chef des Mossos - la police catalane -, Josep Luis Trapero. Au total, on parle d'une douzaine de jihadistes.

    Les membres de la cellule sont jeunes, entre 17 et 30 ans. Tous les suspects sont marocains ou d'origine marocaine. Les autorités se veulent rassurantes : le groupe a été « démantelé », a déclaré le ministre de l'Intérieur, Juan Ignacio Zoido, lors d'une conférence de presse organisée ce samedi.

    Pour autant, la police catalane se refuse de confirmer cette information délivrée par Madrid. « Nous vous dirons » que la cellule est démantelée « quand nous considèrerons que la cellule est démantelée », a fait savoir le porte-parole de la police, Albert Oliva.

    Réécoutez notre édition spéciale sur les attentats en Catalogne

    Parmi les faits notables concernant leurs profils, les suspects n’avaient ni revenus, ni expérience. Ils n’ont pas été combattre en Syrie ou en Irak. A l’exception d’un seul d'entre eux, ils n’avaient pas d’antécédents judiciaires. Les policiers pensent qu’ils se sont radicalisés via les réseaux sociaux.

    Les jeunes terroristes présumés se préparaient pourtant depuis des mois, selon les autorités. Ils auraient eu l’intention de provoquer un massacre bien plus grand, en utilisant des bombonnes de butane placées dans des fourgonnettes. Mais leur mauvaise manipulation des explosifs lors de leur préparation l'aurait empêché.

    Les enquêteurs pensent que les assaillants ont changé de mode opératoire dans la précipitation, après avoir provoqué accidentellement une violente explosion dans la nuit de mercredi à jeudi dans une maison à Alcanar, au sud de Barcelone. Cette dernière avait fait au moins un mort parmi les suspects, et plusieurs blessés.

    Parmi la douzaine de suspects, quatre ont été arrêtés jeudi et vendredi et un autre serait en fuite. L'identité et la photo de ce dernier, un Marocain de 22 ans, ont été diffusées. Il s'appelle Younès Abouyaaqoub. Cinq personnes ont été abattues à Cambrils, lors de la deuxième attaque - revendiquée par l'EI ce samedi.

    Les Barcelonais entre douleur et colère après l'attentat

    Il revient aux enquêteurs d'éclaircir quelques zones d’ombre. En particulier l’identité du conducteur de la fourgonnette ayant fait 14 morts à Barcelone. Est-il toujours en fuite, ou bien s’agit-il de Moussa Oukabir, 17 ans, tué par un policier catalan quelques heures après dans la station balnéaire de Cambrils ?

    Jeudi, 13 personnes ont été tuées dans l'attaque de Barcelone, après qu'une fourgonnette a foncé dans la foule sur les Ramblas. La nuit suivante, un deuxième attentat sur le même mode opératoire est survenu à Cambrils, à 120 kilomètres de là. Une victime a succombé à ses blessures après la deuxième attaque.

    Plusieurs dizaines de pays concernés par l'attentat

    Les victimes des attentats perpétrés jeudi et vendredi en Catalogne sont d'au moins 35 nationalités, selon un bilan encore provisoire de la protection civile régionale : allemande, algérienne, argentine, australienne, autrichienne, belge, marocaine, canadienne, chinoise, colombienne, cubaine, équatorienne, égyptienne, espagnole, américaine, philippine, française, britannique, grecque, néerlandaise, taïwanaise, hondurienne, roumaine, hongroise, irlandaise, italienne, koweïtienne, macédonienne, mauritanienne, pakistanaise, péruvienne, dominicaine, turque et vénézuélienne. Selon le gouvernement portugais, il y avait aussi une Portugaise parmi les personnes ayant perdu la vie à Barcelone.

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