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    Europe

    Barcelone: une foule immense attendue pour un hommage aux victimes des attentats

    media Plusieurs milliers de personnes, Barcelonais et touristes, réunis autour de la place de Catalogne et des Ramblas, le vendredi 18 août 2017. Pascal Guyot / AFP

    Inédite manifestation unitaire, en hommage aux victimes, ce samedi en fin d’après-midi à Barcelone. Celle-ci se déroulera entre le quartier de Gracias jusqu’à la Rambla de Catalynya, où eut lieu l’attentat le jeudi 17 août ayant coûté la vie à 13 personnes et une centaine de blessés. Tout ce que l’Espagne compte d’institutions politiques sera représenté, du monarque aux présidents de régions.

    Avec notre envoyé spécial à Barcelone,  François Musseau

    Il faut s’attendre cet après-midi, à 18h dans le centre de Barcelone, à une imposante marche, une foule considérable.

    Une marche et trois objectifs : d’abord, bien évidemment, rendre hommage aux 15 morts et aux blessés causés par les terroristes de la bourgade de Ripoll, dont il ne reste que quatre survivants ; ensuite, dire haut et fort, « no tinc por », ce qui en catalan veut dire « je n’ai pas peur », un message ferme pour tous les jihadistes, notamment à tous qui appellent à reconquérir Al-Andalus, cette Espagne mythique du Moyen-Age.

    Le cortège sera ouvert par celles et ceux qui se sont montrés solidaires pendant la tragédie du 17 août, urgentistes, mais aussi chauffeurs de taxi ou hôteliers.

    Unité de façade

    Derrière la façade d’une immense marche unitaire, les relations sont à couteaux tirés entre Madrid et Barcelone, et les autorités respectives n’hésitent pas à s’adresser mutuellement de durs reproches.

    Du côté du gouvernement régional du séparatiste Puigdemont, on accuse le pouvoir central de ne pas donner assez d’argent à la police catalane, ses effectifs seraient insuffisants, il manquerait 1 500 agents, et ces limites auraient fait de leur réaction contre les terroristes « une véritable prouesse ». En outre, Barcelone accuse Madrid de ne pas lui permettre l’accès à Interpol.

    Du côté du gouvernement central, on reproche aux Catalans de politiser l’affaire, et à la veille du référendum d’autodétermination illégal, prévu le 1er octobre, de vouloir présenter leur police comme celle d’un Etat indépendant.

    C’est le choc de deux volontés antagonistes. Ici, on veut montrer que la région catalane a plus que jamais besoin de la police nationale et des services secrets espagnols. Là, on entend prouver le contraire, qu’on peut parfaitement se passer des autorités espagnoles face à un attentat aussi tragique qu’ambitieux.

    Par ailleurs, 170 organisations catalanes ont condamné la présence du roi Philippe VI, même si elles ont finalement accepté de participer à l’événement.

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