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    Zapad 2017, ces manoeuvres «défensives» qui inquiètent les voisins de la Russie

    media Le vice-ministre russe de la Défense Alexandre Fomine présente les exercices militaires «Zapad» lors d'une conférence de presse à Moscou, le 29 août 2017. AFP/Kirill Kudryavtsev

    La Russie et la Biélorussie lancent à compter de ce jeudi 14 septembre une série d’importantes manœuvres militaires qui inquiètent les pays baltes, la Pologne et les pays membres de l’Otan.

    « Zapad 2017 » est le nom donné par Moscou et Minsk à ces exercices militaires qui devraient durer une semaine, du 14 au 20 septembre prochains. Organisés tous les quatre ans, ils se déroulent à l’ouest de la Russie - « zapad » signifie « ouest » ou « Occident » en russe - en territoire russe, mais aussi et surtout en Biélorussie et à Kaliningrad, l’enclave située entre la Pologne et les pays baltes.

    Lors d’une conférence de presse organisée le 29 août dernier à Moscou pour présenter ces manœuvres, le vice-ministre russe de la Défense démentait tout caractère offensif à ces exercices, conçus comme une réponse à une menace terroriste venue de l’extérieur.

    « Les grands médias internationaux cherchent à inquiéter l’opinion publique en diffusant des mythes sur cette prétendue menace exercée par la Russie, expliquait notamment Alexandre Fomine. Certains vont jusqu’à dire que les manœuvres Zapad 2017 sont un prélude à l’occupation de la Lituanie, de la Pologne ou de l’Ukraine mais aucune de ces affabulations n’a à voir avec la vérité ».

    Inquiétudes persistantes

    Pourtant, malgré les dénégations des autorités russes et biélorusses, l’inquiétude persiste parmi les pays frontaliers, qui vont assister de près à ces exercices militaires. Ces pays membres de l’Union européenne et de l’Otan considèrent que ces manœuvres sont dans le meilleur des cas une provocation de la part de Moscou, et dans le pire des cas le prélude à une intervention militaire.

    « Ils mettent en avant un argument qui revient assez régulièrement dans certaines analyses, explique Igor Delanoë, directeur adjoint de l’Observatoire franco-russe, à Moscou. Selon cet argument, l’armée russe s’était livrée à des manœuvres d’ampleur avant la guerre avec la Géorgie, en 2008, ou en 2014 lors de la crise en Ukraine. Donc l’idée consiste à dire : "Pourquoi est-ce qu’ils ne rééditeraient pas le même coup aujourd’hui et n’envahiraient pas un des pays baltes ou une partie du territoire de la Pologne ?" »

    Pour cet expert, ce scénario catastrophe semble cependant peu crédible. D’abord parce que la Russie n’aurait aucun intérêt à provoquer directement des pays protégés par l’Otan et par les Etats-Unis. Ensuite parce que l’armée russe semble s’intéresser davantage à l’Ukraine qu’aux pays baltes et la Pologne. « En témoignent les déploiements récents d’équipements qui sont beaucoup plus importants dans les zones voisines de l’Ukraine ».

    Patrouilles américaines dans les pays baltes

    Au-delà des incertitudes liées aux objectifs de ces manœuvres, les pays baltes et leurs alliés de l’Otan dénoncent le manque de transparence manifesté par la Russie dans l’organisation de « Zapad 2017 ». La Lituanie a ainsi accusé l’armée russe de vouloir déployer plus de 100 000 hommes au cours de ces exercices avec l’intention d’en laisser une partie sur le sol biélorusse, une fois les exercices terminés.

    Le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg, a quant à lui affirmé qu’il avait « toutes les raisons de croire » que ces manœuvres allaient mobiliser « largement plus de troupes que les nombres donnés officiellement ». A Moscou, on maintient cependant le chiffre initial de 12 700 militaires mobilisés, à savoir 7 200 Biélorusses et 5 500 Russes.

    Le chiffre a son importance, car il permet à la Russie de ne pas être obligée d’ouvrir ces exercices militaires à des observateurs étrangers. L’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) fixe en effet à 13 000 hommes le seuil à partir duquel un pays membre doit permettre des inspections en cas de manœuvres.

    Devant l’inquiétude suscitée par « Zapad 2017 » auprès des pays baltes et de la Pologne, les Etats-Unis ont en tout cas décidé de déployer sept chasseurs F-15 qui effectueront des patrouilles dans l’espace aérien des pays baltes.

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