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    Europe

    Salon de Francfort: les industriels veulent tourner la page du «Dieselgate»

    media Un visiteur prend une photo de la BMW Z4, au salon de l'Auto de Francfort, le 13 septembre 2017. REUTERS/Kai Pfaffenbach

    Ebranlée par plusieurs scandales, soumise à des normes de plus en plus strictes et contrainte de s'adapter aux défis technologiques, l'industrie automobile mondiale est en plein bouleversement et se retrouve jusqu'au 24 septembre au salon de Francfort en Allemagne.

    Deux ans après le début de l'affaire des moteurs truqués chez Volkswagen, les questions autour du sort du diesel et de l'avenir de la propulsion électrique dominent dans les allées du salon de l'Automobile de Francfort, ouvert au public jusqu'au 24 septembre. Le marché automobile européen, presque revenu à ses niveaux d'avant la crise de 2008, devrait cependant continuer à croître dans les prochaines années, à un rythme plus faible toutefois, selon un consensus empreint de satisfaction des différents dirigeants du secteur.

    « On est toujours très prudents sur les évolutions du marché, mais on n'a pas le sentiment d'être arrivés sur un pic et de se dire que ça va retomber », a expliqué à l'AFP le vice-président de Toyota, Didier Leroy. Au delà de cette tendance qui a permis aux fabricants de reconstruire leurs marges, se pose désormais la question de l'adaptation des gammes à la nette chute de la demande en moteurs diesel.

    La chancelière allemande Angela Merkel inaugure le salon de l'auto de Francfort, le 14 septembre 2017. REUTERS/Kai Pfaffenbach

    La demande évolue

    « Si les clients veulent plus de moteurs essence que de moteurs diesel, pas de problème, on fera ce qu'il faudra », a déclaré à l'AFP le patron du groupe PSA, Carlos Tavares, tout nouveau propriétaire de la marque allemande Opel, en concédant que cette évolution rapide du marché avait créé « beaucoup de tensions et beaucoup de travail » d'adaptation dans ses usines.

    Il a par ailleurs démenti toute tromperie sur les émissions polluantes des moteurs de son groupe, après un rapport de la répression des fraudes ayant filtré la semaine dernière. « Nous ne pouvons pas (...) considérer que l'ensemble de l'industrie automobile est en situation d'illégalité », a-t-il insisté en regrettant un « amalgame ». La pollution engendrée par les véhicules diesel a aussi plongé la chancelière Angela Merkel, en pleine campagne de réélection, dans une position délicate. En effet, en Allemagne, quelque 800 000 emplois dépendent de l'industrie automobile, l'un des piliers des exportations du pays.

    Les nouveautés du salon automobile de Francfort 14/09/2017 Écouter

    Electricité

    Soucieux de donner des gages de « propreté », sur fond de réglementations européennes resserrées depuis septembre et de menaces d'interdiction de circulation pour les voitures diesel dans certaines villes, les constructeurs allemands ont décidé d'accélérer encore dans l'électrique. Le géant Volkswagen a promis d'électrifier toute sa gamme d'ici à 2030, soit environ 300 modèles contre 12 aujourd'hui. Son chef de la stratégie, Thomas Sedran, annonce d'ici à quelques années des voitures électriques dotées d'une autonomie de plus de 500 km, à un prix inférieur à 30 000 euros.

    Daimler veut de son côté offrir des versions électriques ou hybrides de tous les modèles Mercedes-Benz d'ici à 2022 et faire de sa citadine Smart une marque entièrement électrique, en faisant 4 milliards d'euros d'économies d'ici à 2022 pour préserver ses marges. Son grand rival BMW promet, lui, 25 modèles électrifiés d'ici à 2025, dont le concept-car i Vision Dynamics présenté sur le salon, une berline électrique qui sera produite en série à une date non précisée. La rentabilité de sa division automobile n'en sera pas affectée, jure son patron.

    Une Mini tout électrique est exposée à Francfort, ce 13 septembre 2017. REUTERS/Kai Pfaffenbach

    Le diesel pas encore mort

    Quant au diesel, de plus en plus malaimé en Europe, les constructeurs rejettent l'hypothèse d'une mort programmée. Steve Armstrong, président de Ford Europe, ne croit pas à « une extinction prochaine » du diesel, qui continuera selon lui « à constituer une part importante de l'industrie pendant un certain temps ». Pour Greenpeace, la bonne volonté affichée par les constructeurs ne suffit pas. Le tournant de l'électrique « est trop lent et si l'industrie automobile ne va pas plus vite, elle risque un atterrisage en catastrophe », estime Andree Böhling, expert en énergie de l'ONG.

    Le « Dieselgate » n'a pas empêché les constructeurs de rivaliser de nouveautés et de « concept-cars », que ce soit Renault avec un prototype Symbioz, partie intégrante de la maison du futur, ou la marque allemande (à capitaux chinois) Borgward, qui a ressuscité le coupé Isabella des années 1950. Au total, il y a à Francfort près de 1 000 exposants, dont une cinquantaine de constructeurs, qui ont dévoilé plus de 200 premières mondiales malgré l'absence remarquée de Nissan, Peugeot, Tesla, Fiat ou encore Volvo.

    (avec AFP)

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