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    Europe

    Allemagne: vers un quatrième mandat chahuté pour Angela Merkel?

    media Des affiches de la chancelière Angela Merkel dans les rues de Berlin. Photo prise le 18 septembre 2017. REUTERS/Fabrizio Bensch

    Dans quanrante-huit heures, dimanche 24 septembre, les bureaux de vote ouvrent dans toute l’Allemagne. C’est une élection qui donne le sentiment d’être jouée, tant Angela Merkel a de l’avance, 10 à 15 points sur le candidat social-démocrate. Pourtant, quand Martin Schulz est entré en campagne fin janvier, on a eu le sentiment qu’il pouvait défier la citadelle Merkel. Mais Mutti (« maman ») semble toujours indéboulonnable au moment où l’extrême-droite gagne du terrain.

    C’est difficile à imaginer dans cette dernière ligne droite où le candidat du SPD peine à se maintenir au-dessus des 20% d’intentions de vote, mais il y a bien eu pendant quelques semaines une forme de « Schulzmania » en Allemagne : un bond dans les sondages, une couverture médiatique flatteuse, et puis… le plongeon. La faute à une accumulation d’erreurs, juge Oskar Niedermayer, chercheur à la Freie Universität à Berlin. « D’abord cette "hype" du début n’a pas été entretenue. Il n’y avait pas de contenu concret, pas de vision. Il n’y a pas eu de propositions précises pendant des semaines, explique le chercheur. Que signifie concrètement le slogan : "Il est temps pour plus de justice sociale ?" Comment le SPD entendait-il financer les dépenses sociales ? Pour en savoir enfin un peu plus, par exemple sur les impôts, il a fallu attendre longtemps, la fin du mois de juin. C’est tard ! Et puis Schulz s’est trompé dans son approche du pouvoir en disant qu’il souhaitait gouverner avec une coalition "rouge-rouge-verte" (les sociaux-démocrates du SPD, la gauche radicale Die Linke, et les écologistes). Non seulement cette coalition, encore jamais testée, les partenaires cités n’en voulaient pas, mais beaucoup d’Allemands non plus. Résultat : avec cette annonce, Martin Schulz a remobilisé beaucoup d’électeurs contre lui ».

    Séduisante Merkel

    Une erreur d’autant plus délicate que dans son camp, ils sont nombreux à apprécier Angela Merkel. Sven, Markus et Frauke par exemple. Trois Berlinois, la quarantaine, des professeurs et des sociaux-démocrates de toujours. Ils sont prêts pourtant -et ça serait pour eux une première ce dimanche- à franchir le pas : voter pour cette chancelière au profil modeste qui les séduit tant. Ils sont fans de cette Angela Merkel qui n’habite pas à la chancellerie, (« trop luxueux », dit-elle !), et rentre tous les soirs dans son appartement. Séduits par cette diplômée de physique qui a appris à mesurer chacune de ses paroles en grandissant en RDA, avant d’écarter de sa route vers le pouvoir un à un tous les hommes de la CDU à l'Ouest. Admiratifs de cette chancelière qui fait elle-même ses courses et la queue pour payer au supermarché. L’un d'eux déclare : « On peut s’identifier à elle en tant que personne. Et puis, elle est capable de dire sur son bilan : "Ça, c’était pas mal ; ça, ça ne s’est pas très bien passé". Elle ne fait pas comme si elle était toujours la meilleure, elle est capable d’avouer qu’elle s’est trompée ».

    « Au fond de moi, je suis toujours social-démocrate, toujours de gauche. Je ne suis pas devenu un grand fan de la CDU, je suis un fan de Merkel, je trouve très positif qu’elle ne soit pas là pour amuser la galerie, renchérit le deuxième admirateur. Ses habits pour elle, cela n’est pas très important, et si les gens se moquent de sa coiffure peu importe, elle connaît ses priorités : son travail de chancelière ».

    « Elle n’est pas impulsive, elle est intelligente, rationnelle, elle sait s’imposer face aux hommes. Avec Erdogan, c’est un bon exemple, elle ne répond pas à la provocation », conclut le troisième.

    L’extrême droite à l’affût

    Dirigeante rassurante dans un monde instable, Mutti (« maman ») comme on la surnomme, a aussi - c’est une évidence pour ces électeurs de gauche - fait le bon choix en 2015 : l’accueil des réfugiés. Un choix historique, avec un coût politique, particulièrement pour sa droite.

    Le parti FDP (libéraux), éliminé du Bundestag aux dernières élections, s’apprête à faire son grand retour au Parlement avec un véritable virage idéologique. Le parti capitalise sur ces propositions : le retour des réfugiés dans leur pays d’origine, mais aussi la sortie de la Grèce de la zone euro, et la levée des sanctions infligées à la Russie.

    Mais le parti qui martèle matin, midi et soir son rejet des réfugiés en Allemagne, c’est l’extrême droite de l’AfD. Le retour de ce thème, ces dernières semaines dans la campagne, est pour les observateurs la raison numéro 1 de la dynamique AfD ces derniers jours. Le parti pourrait récolter avec entre 10% et 13% selon les enquêtes d’opinion, et se retrouver à la troisième place dimanche soir. Et cela sans jamais polir son langage. Alexandre Gauland, leader du parti, est ainsi coutumier des dérapages assumés. La secrétaire d’Etat à l’Intégration Aydan Özoğuz devrait être « mise au rebut (expression utilisée en Allemagne pour parler des poubelles) en Anatolie ». Depuis, il suffit aux candidats en campagne de simplement citer son nom en meeting pour entendre fuser de la salle : « En Anatolie ! ».
    Pas de « repentance » non plus sur le passé nazi du pays pour lui. « Si les Français ont le droit d'être fiers de leur empereur (Napoléon) et les Britanniques de (l'amiral Horatio) Nelson et de (Winston) Churchill, alors nous avons le droit d'être fiers des performances des soldats allemands durant la Seconde Guerre mondiale ». Tabous historiques brisés et scandales en Allemagne, comme ailleurs en Europe, mais c’est une recette électorale qui fait ses preuves.

    Le parti récolte aussi les tout-premiers fruits d’une implantation politique récente. « Contrairement aux dernières élections locales, il y a un an où les gens étaient prudents, encore sur la réserve avec l’AfD, cette année, on recueille bien plus d’approbation dans les rues, fait savoir Jeannette Auricht, candidate aux législatives à Berlin Est. Cela a beaucoup changé parce que les gens nous ont vus travailler dans les parlements régionaux. Ils ont vu qu’on était sérieux et maintenant, ils nous font donc beaucoup plus confiance pour le Bundestag »

    Quatre ans à peine après sa création, l’AfD se sent pousser des ailes, avec des dizaines de députés à venir. Ces 60, peut-être 80 élus, il va falloir leur faire de la place au Parlement. Et cela ne s’annonce pas facile ; dans tous les autres partis politiques, les futurs députés se battent déjà pour être assis le plus loin possible des bancs de l’extrême droite.

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