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    Europe

    L’Union européenne toujours incertaine sur le sort du glyphosate

    media L'usage du glyphosate, un herbicide toxique présent notamment dans le Roundup de Monsanto, est souvent dénoncé par les ONG écologistes. Ici, devant le siège de la Commission européenne à Bruxelles. AFP PHOTO / GREENPEACE / PHILIP REYNAERS

    Sur la question du glyphosate, substance active du Roundup de Monsanto, l'Union européenne est dans l'impasse depuis deux ans. A Bruxelles, le vote sur la réautorisation de cet herbicide décrié qui devait avoir lieu le 5 et 6 octobre a été repoussé pour la troisième fois, sur fond d'intenses débats sur la dangerosité de cette substance pour la santé.

    Le renouvellement pour dix ans de la licence du glyphosate - un principe actif qui rentre dans la composition de 178 pesticides autorisés en France, dont les produits phares des géants de l'agrochimie, Monsanto (RoundUp) mais aussi Syngenta ou Barclay Chemicals – fait l’objet de nombreux débats à Bruxelles, alors que l’autorisation actuelle s’achève fin décembre.

    Si un comité d'experts chargé du dossier, où siègent des représentants des Etats membres, se réunit le 5 et 6 octobre à Bruxelles, aucun vote n'est attendu pour le moment. En effet, la Commission souhaite obtenir un vote à la majorité qualifiée, qui requiert 55 % des États membres représentant au moins 65 % de la population de l'UE. Or pour le moment, les positions des Etats-membres restent très floues : depuis deux ans, aucune majorité claire ne se dessine.

    La France est l’un des seuls pays, avec l'Autriche et l’Italie, à avoir affiché publiquement son opinion, en s'opposant à la proposition de la Commission européenne de renouveler pour dix ans la licence du produit.

    Controverse scientifique

    Au cœur de ce dossier : le caractère cancérogène – ou non – du glyphosate. En mars 2015, le CIRC (Centre de recherche sur le cancer de l'OMS), annonce les conclusions de sa « monographie 112 ». Le CIRC juge génotoxique – il endommage l’ADN –, cancérogène pour l’animal et « cancérogène probable » pour l’homme le pesticide le plus utilisé de la planète.

    A la suite de cette annonce, la firme américaine Monsanto critique dans un communiqué la « junk science » (la « science pourrie ») du CIRC : une « sélection biaisée » de « données limitées », établie en fonction de « motivations cachées », menant à une décision prise après seulement « quelques heures de discussion au cours d’une réunion d’une semaine ».

    Pour trancher le débat, la Commission européenne commande un rapport à l'EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments). Celui-ci, rendu public en novembre 2015, conclut qu'il n'y a pas de raison de classer le glyphosate comme cancérogène, conduisant la Commission à proposer à nouveau le renouvellement de la licence pour 10 ans.

    Mais cela ne suffit pas à mettre terme à la controverse scientifique entourant le glyphosate. Quelques semaines plus tard, les conclusions de l’EFSA sont sévèrement critiquées dans une revue réputée par une centaine de scientifiques, qui les jugent entachées de nombreux manquements. L’indépendance de l’EFSA est également mise en cause. En septembre 2017, les quotidiens Italien La Stampa et Britannique The Guardian ainsi que la radio RMC rapportent que l’EFSA s'est largement inspirée du rapport « Glyphosate task force » de Monsanto datant de 2012 pour produire le sien. L’agence a réfuté ces informations, qui représentent selon elle « une nouvelle tentative de créer des doutes sur l’évaluation faite par les experts de l’Union européenne ».

    « Monsanto Papers »

    Dernier rebondissement en date autour de la question du glyphosate : une enquête publiée dans le quotidien Le Monde révèle que la firme Monsanto aurait entrepris de nuire par tous les moyens au CIRC, l’agence des Nations unies contre le cancer.

    Le 11 octobre prochain, les eurodéputés souhaitaient interroger l'entreprise sur ces « Monsanto papers », des documents déclassifiés par la justice américaine qui montrent, selon les médias, que le groupe américain a pesé sur la rédaction d'études scientifiques. Mais l'entreprise a opposé un refus catégorique. En conséquence, les chefs des groupes politiques du Parlement européen ont demandé d'interdire l'accès de l'institution aux cadres et lobbyistes du géant de l'agrochimie.

    Cette décision aura-t-elle un impact sur le vote des Etats-membres de l’Union européenne ? Quelle que que soit l’issue du vote, le commissaire européen à la Santé, Vytenis Andriukaitis, rappelle que les Etats-membres gardent la possibilité d'interdire les produits contenant du glyphosate.

    En France, son utilisation par les collectivités dans les espaces ouverts au public est interdite depuis le 1er janvier 2017 et son emploi par les particuliers va être proscrit à partir de 2019. Une mesure qui provoque la colère de la FNSEA (Fédération Nationale des Syndicats d'Exploitants Agricoles), qui refuse toute décision unilatérale de la France si le glyphosate n'est pas interdit en Europe.

    En cas d'absence de vote, la licence du glyphosate expirera fin décembre. Il sera toutefois encore possible d'y avoir recours pendant un an, le temps d'écouler les stocks.

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