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    Europe

    Pro-Espagne ou indépendantistes, les Catalans se font face

    media Manifestation anti-indépendantisme à Barcelone le 8 octobre 2017. REUTERS/Enrique Calvo

    Depuis le référendum du 1er octobre en Catalogne, interdit par le pouvoir central espagnol, les tensions se sont renforcées entre les partisans de l’indépendance de la province autonome et les défenseurs de l’unité nationale. Le président de la Generalitat, le gouvernement catalan, Carles Puigdemont, pourrait annoncer ce mardi 10 octobre une déclaration unilatérale d’indépendance lors de la session parlementaire à Barcelone. En attendant, plusieurs manifestations se sont déroulées, l’une se disant non partisane et appelant au dialogue, l’autre pour l’unité nationale. Cette dernière a rassemblé des centaines de milliers de personnes à Barcelone. Ce qui préoccupe les Catalans, c’est surtout la division.

    De notre envoyée spéciale à Barcelone,

    Des centaines de milliers de personnes, de Catalogne et d’autres régions, ont déferlé dimanche 8 octobre dans les rues de Barcelone pour défendre l’unité nationale et dire « non » à l’indépendance. Une marée humaine arborait des drapeaux espagnols et scandait des slogans : « La Catalogne c’est l’Espagne », « Vive l’Espagne », « Vive le Roi, la loi et l’ordre », « Puigdemont en prison ».

    Vanessa est catalane, elle se réclame de la majorité silencieuse qui ne conçoit pas la division de l’Espagne, et souhaite que les dirigeants de la région autonome changent de comportement : « J’espère qu’ils vont se ressaisir, qu’ils vont se rendre compte qu’ils ne peuvent pas continuer comme ça ! Il faut qu’ils dialoguent. Mais je pense qu’on doit rester unis, on ne peut pas nous séparer, l’Espagne doit garder son unité, pour toujours, être unie comme elle l’a été et comme elle le restera ! »

    La répression a renforcé la volonté de sécession

    « Impossible », rétorque Gerard, la cinquantaine, indépendantiste convaincu qui se bat pour que la Catalogne gère son propre territoire et ses finances. Car selon lui, le pouvoir central n’a fait que se servir sur la poule aux œufs d’or. Mais désormais, après les images des violences policières lors du référendum interdit qui ont fait le tour du monde, l’indépendance est une question de dignité selon lui.

    « Mon impression, c’est que c’est un héritage du franquisme. C’est une politique d’antan. On a 72 parlementaires pour l’indépendance, c’est une majorité absolue. C’est aussi vrai qu’il y a des parlementaires qui sont contre, mais il n’y a pas eu de la part du gouvernement central une réponse à pouvoir s’asseoir ensemble, aucune depuis des années. Ce que je souhaiterais, ce serait d’entendre qu’il y a eu un accord peut-être pour faire un référendum en commun accord avec l’Etat espagnol. Mais je sais que ça ne donnera pas. Pour nous, c’est une question de dignité. Alors il faudra changer beaucoup les choses. »

    Les Espagnols dans la rue

    Samedi, devant la mairie de Barcelone, quelque 2 000 personnes étaient venues manifester vêtues de blanc, sans drapeau, appelant au dialogue entre le gouvernement de Madrid et celui de Catalogne. Manolo Garrido, lui, espère qu’ils arriveront à un accord :

    « Moi je souhaiterais que l’Espagne devienne véritablement un Etat fédéral. Et ceci avec une réforme complète de la Constitution, pour laquelle tous les citoyens espagnols devraient être appelés aux urnes. Et avec un accord concret sur la relation politique entre l’Espagne et la Catalogne, qui devra être voté par les citoyens de Catalogne, comme l’ont été les autres statuts. »

    Les citoyens dans le flou

    En tous cas, beaucoup, indépendantistes ou non, se demandent ce que l’indépendance de la Catalogne signifierait concrètement pour les citoyens, comme Marcos qui est de Zaragosse mais qui vit à Barcelone : « Je vis à Barcelone, ma compagne est de Madrid, mais elle travaille à la Generalitat et parle catalan. Et moi, comment je me situe ? Quels seront mes droits ? Est-ce que j’aurai la double nationalité ? Je pourrai choisir ? »

    « Ce sera quoi, la monnaie : locale, étrangère ? ce sera l'euro ou on sera en dehors ? Mille questions ne sont pas résolues. Mon diplôme, par exemple, est validé par le roi. Est-ce qu’il sera valable ? Les gens ne savent pas, parce qu’on ne leur a pas expliqué. Personne ne sait ce qui va se passer, parce que tout ce qu’ils ont fait, c’est de jouer avec les sentiments des gens, en prônant la séparation, en promettant que ce serait le paradis, mais "l’Eden des justes" n’existe pas ! »

    Ce mardi 10 octobre, le chef du gouvernement catalan Carles Puigdemont doit s’adresser au Parlement. Il pourrait annoncer une déclaration unilatérale d’indépendance. A moins qu’une tentative de dialogue avec le pouvoir central de Madrid soit amorcée.

     

    Les entreprises font leurs cartons
    Pour faciliter le déménagement des entreprises, le gouvernement central espagnol a publié la semaine dernière un décret. Les groupes qui souhaitent transférer leur siège social hors de Catalogne n'ont plus besoin d'un feu vert de l'assemblée générale des actionnaires, mais peuvent le faire avec une validation du seul conseil d'administration. Plusieurs entreprises ont déjà fait leurs cartons. La banque Sabadell, suivie de CaixaBank, mais aussi le groupe énergétique Gas Natural Fenosa, l'opérateur de télécom Cellnex ou son concurrent Eurona, des entreprises dont les chiffres d'affaires se comptent parfois en milliards d'euros et qui opèrent dans tous les secteurs d'activité. Qu'il s'agisse du distributeur de matériel dentaire Proclinic Expert qui s'en va à Saragosse, du fabricant de textile Dogi International qui déménage à Madrid, ou encore de l'entreprise biotechnologique Oryzon qui, elle aussi, a choisi la capitale espagnole... Face à cette fronde, des voix se lèvent dans les rangs du gouvernement catalan. Ces voix craignent qu'en choisissant la voie sécessionniste, la région ne se prive des ressources qui ont fait sa force. La Catalogne représente à elle seule un cinquième du PIB espagnol.

     

     

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