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    Europe

    Autriche: le conservateur Sebastian Kurz remporte les législatives

    media Le conservateur Sebastian Kurz a remporté les élections législatives autrichiennes, le 15 octobre 2017. VLADIMIR SIMICEK / AFP

    Quelque 6,4 millions d'Autrichiens étaient appelés aux urnes dimanche 15 octobre 2017 pour renouveler la Chambre des députés. Comme prévu par les sondages, le parti conservateur ÖVP et son jeune leader Sebastian Kurz, 31 ans, sont arrivés en tête. Le prochain chancelier pourrait former un gouvernement avec l’extrême droite.

    Avec notre correspondant à Vienne, Christian Fillitz

    Victoire pour Sebastian Kurz, qui avait provoqué ce scrutin anticipé. Le Parti populaire autrichien (ÖVP, chrétien démocrate, conservateur), rebaptisé « Liste Kurz », est crédité de près de 32 % des suffrages, devant le SPÖ social démocrate du chancelier sortant Christian Kern. Arrivé premier lors des dernières législatives en 2013, celui-ci n'obtient que quelque 27 % des voix, selon ces projections.

    Les législatives se soldent donc par un net virage à droite. D'autant que la formation d'extrême droite FPÖ, dirigée par Heinz-Christian Strache, arrive troisième avec près de 26 % des suffrages, et apparaît en position de faiseur de rois. Les résultats définitifs ne seront connus que jeudi soir, après le décompte des votes par correspondance : ils sont près de 900 000 pour quelque 6,4 millions d’électeurs.

    Le chef de l'ÖVP, le ministre des Affaires étrangères Sebastian Kurz, est ainsi en passe de devenir à 31 ans le plus jeune chef de gouvernement de l’UE. Alors qu'il fait partie depuis sept ans du gouvernement de coalition avec les sociaux démocrates, d’abord comme secrétaire d’Etat puis comme chef de la diplomatie, il a réussi à se présenter comme une incarnation d’un renouveau. Ce qu’il a dit dans la soirée devant ses militants.

    « Il faut établir un nouveau style politique dans ce pays »

    Sebastian Kurz promet le changement : « Je m’engage aujourd’hui à me battre avec toutes mes forces pour un changement dans ce pays, et je vous invite à aller ce chemin avec nous. Il y a beaucoup à faire, il faut établir un nouveau style politique dans ce pays, créer une nouvelle culture. Nous avons le devoir de coopérer avec tous les autres pour ce pays, et surtout de transformer ce pays vers quelque chose de positif. »

    « Je vous remercie de votre engagement, merci à tous les électrices et électeurs. J’accepte cette tâche avec beaucoup d’humilité. Je suis submergé de bonheur et heureux et je me réjouis de pouvoir travailler pour l’Autriche. Merci beaucoup ! », a également souligné le futur chancelier lors de sa première déclaration publique après l'annonce des projections réalisées par les médias.

    Sebastian Kurz a préparé minutieusement depuis deux ans son accession au pouvoir, en prenant en main un parti conservateur à bout de souffle. Il devra désormais montrer ses talents de négociateur pour former un gouvernement. Les observateurs s’attendent à une alliance entre la droite et l’extrême droite tant celui que certains appellent un « Macron de droite » tient un langage de fermeté.

    C'est notamment le cas en matière d’immigration, au point que le chef du FPÖ Heinz Christian Strache accuse le jeune ministre des Affaires étrangères d’avoir copié son programme. Cette formation aurait déjà réclamé deux ministères régaliens, les Affaires étrangères et l’Intérieur, en vue de sa participation à une coalition avec les conservateurs.

    Le chancelier Christian Kern exclut de démissionner

    Le parti social-démocrate (SPÖ) du chancelier Christian Kern, pour sa part, n’arrive qu’en deuxième position. Une poursuite de la grande coalition avec les conservateurs semble donc peu probable. Dans la soirée, le chancelier Christian Kern, ancien patron des chemins de fer autrichiens (ÖBB), entré en politique en mai 2016 seulement, a exclu de démissionner.

    « Non, j’ai dit que je resterai 10 ans en politique, il me reste donc 9 ans ! », a-t-il déclaré dimanche soir. «  Nous avons présenté un programme qui doit rendre l’Autriche plus forte et que nous voulons appliquer. Cela était valable avant ce scrutin, et cela reste valable après. Cette élection a été un fort tournant à droite. Nous sommes à une époque qui ne favorise pas les sociaux démocrates, nous avons vu cela dans toute l’Europe. »

    « Dans ce contexte, ajoute-t-il, et après toutes les campagnes qui ont été menées, nous avons obtenu un résultat qui ne nous réjouit pas, mais avec lequel nous pouvons vivre. J’ai aussi vu la réalisation d’un agenda politique, préparé depuis 24 mois, où les questions importantes de notre époque : l’éducation, le marché du travail, les retraites sont restées sur le carreau. Ce sont des thèmes pour lesquels nous sommes les avocats de gens en Autriche et cela restera ainsi à l’avenir. »

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