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    L'Allemagne plongée dans une crise politique inédite

    media Le président allemand Frank-Walter Steinmeier (G) en discussion avec les Verts Simone Peter et Cem Ozdemir, à Berlin, le 21 novembre 2017. REUTERS/Jesco Denzel/BPA/Handout via REUTERS ATTENTION EDITORS -

    Après l’échec des négociations pour former une coalition entre conservateurs, écologistes et libéraux, le président Frank-Walter Steinmeier annonce qu'il va faire le tour des partis susceptibles de participer à un gouvernement sous l'égide d'Angela Merkel. La chancelière se dit de son côté prête à de nouvelles élections. Retour sur une crise politique sans précédent depuis l’après-guerre.

    De notre correspondant à Berlin,

    Qui l’eut cru ? L’indéboulonnable Angela Merkel est au pouvoir depuis douze ans, un record dont rêvent de nombreux responsables de pays démocratiques. La chancelière est l’incarnation par excellence de son pays. La dernière campagne électorale a été unanimement jugée soporifique, tant la réélection de la tenante du titre paraissait une évidence.

    Et d’un coup, la première puissance européenne, dont la stabilité politique est inscrite quasiment dans les gènes depuis la fondation de la République fédérale d’Allemagne en 1949, se retrouve dans une crise inédite depuis 70 ans. Jamais en effet, après des élections, le pays ne s’était retrouvé dans une impasse, dans l’impossibilité de constituer un gouvernement.

    La faiblesse des grands partis

    Plusieurs facteurs expliquent la situation actuelle. Les deux principaux partis qui ont marqué le pays ces dernières décennies ont enregistré des scores historiquement faibles lors des dernières élections de septembre. Les chrétiens-démocrates d’Angela Merkel alliés aux Bavarois de la CSU n’ont obtenu que 33% des suffrages. Les sociaux-démocrates qui gouvernaient dans une grande coalition avec les conservateurs depuis quatre ans ont mordu la poussière avec 20% des voix.

    A cela s’ajoutent un scrutin proportionnel et un émiettement politique qui compliquent la constitution d’un gouvernement stable. Six partis sont représentés au sein du nouveau Parlement. Deux d’entre eux ne jouent aucun rôle dans la recherche d’une issue à la crise actuelle. Le parti néo-communiste Die Linke est clairement dans l’opposition, sans alliance réelle possible avec d’autres forces. Cela vaut encore plus pour les populistes de droite de l’Alternative pour l’Allemagne avec près d’une centaine de députés d’extrême droite avec lesquels personne ne veut avoir à faire.

    Quatre forces restent donc en lice : les conservateurs, les sociaux-démocrates du SPD, les Verts et les libéraux. La solution la plus confortable et la plus stable pour Angela Merkel a disparu. Les sociaux-démocrates ont annoncé dès le soir des élections qu’ils n’étaient plus disponibles pour une nouvelle grande coalition droite/gauche. Ils l’ont répété lundi en adoptant une résolution en ce sens. Le SPD veut se refaire une santé dans l’opposition.

    Les clivages prennent le dessus

    Angela Merkel n’avait donc plus qu’une seule option crédible, une alliance inédite au niveau national entre les chrétiens-démocrates, les libéraux et les Verts. Cette coalition pouvait avoir le charme de surmonter certains clivages traditionnels. Mais ces derniers ont fini par l’emporter.

    Durant quatre semaines de discussions, plusieurs thèmes ont concentré les divergences entre les partenaires. L’environnement avec la réduction des émissions de CO2 pour permettre à l’Allemagne de tenir ses engagements a été un de ces thèmes chers aux Verts qui plaidaient pour la fermeture de centrales électriques au charbon, polluantes.

    Autre pomme de discorde, la politique migratoire et surtout le regroupement familial pour certaines catégories de réfugiés, un regroupement suspendu actuellement et que les écologistes souhaitaient assouplir. Malgré les concessions des Verts, dont le sérieux a été souligné également à droite, ce sont, à l’arrivée, les libéraux qui ont claqué la porte.

    Problème de confiance

    Dimanche soir, ils ont estimé que la confiance nécessaire entre les différents partenaires pour constituer un gouvernement commun n’était pas suffisante. Le FDP a aussi souligné qu’une vision manquait au projet. Sans doute le parti, qui avait gouverné avec Angela Merkel entre 2009 et 2013, se rappelle-t-il que cette coalition a été tiraillée par de nombreuses divergences et que la législature s’était soldée par un fiasco pour les libéraux, qui n’avaient pas réussi à rentrer au Parlement pour la première fois depuis la guerre. Le FDP pourrait donc préférer achever son redressement entamé avec son retour au Bundestag en septembre dans l’opposition.

    Le parti a été vivement critiqué pour sa décision dimanche soir. Mais même si le FDP peut par sa rupture des négociations faire figure de coupable idéal, sa décision constitue un échec pour Angela Merkel, qui n’a pas réussi son pari et faisait grise mine en prenant la parole dans la nuit de dimanche à lundi.

    Les options de Merkel

    La chancelière a le dos au mur, mais n’entend pas raccrocher. Angela Merkel reste sans alternative dans son parti qui a serré les rangs. Elle a annoncé qu’en cas de nouvelles élections, elle serait la candidate des chrétiens-démocrates. Cette solution est une option possible. Un nouveau scrutin aurait alors lieu en 2018 en espérant que les résultats facilitent les choses.

    L’autre option envisageable serait un gouvernement Merkel minoritaire avec les libéraux ou les Verts. Mais cette solution obligerait la chancelière, sur chaque vote important, à grappiller des voix à l’extérieur de sa majorité relative pour faire adopter ses projets. Angela Merkel s’est toujours opposée à cette solution et favorise une majorité claire.

    Une telle option est contraire à la tradition politique allemande de l’après-guerre qui voulait mettre fin à la valse des gouvernements de la République de Weimar entre 1919 et 1933. Enfin, une solution viable pour de plus petits Etats l’est peut-être moins pour la première puissance européenne, qui doit rester fiable pour ses partenaires.

    Le rôle décisif du président

    La balle est désormais dans le camp du président de la République Frank-Walter Steinmeier. Ce social-démocrate, qui a été deux fois ministre des Affaires étrangères de deux gouvernements de grande coalition dirigés par Angela Merkel, ne veut pas de nouvelles élections. Il estime que les partis ont reçu un mandat des citoyens en septembre et que leur devoir consiste à conclure un compromis pour former un nouveau gouvernement.

    Mais à l’arrivée, l’ancien diplomate ne peut que tenter de convaincre ses interlocuteurs. La rupture des négociations dimanche soir par les libéraux paraissait bien ferme et définitive. Et les sociaux-démocrates ne veulent pas entendre parler d’une nouvelle grande coalition. L’hypothèse de nouvelles élections paraît donc aujourd’hui la plus probable.

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