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    Europe

    Glyphosate: les défenseurs de l’environnement dénoncent la «trahison de l’Allemagne»

    media Un manifestant anti-glyphosate à Bruxelles, le 27 novembre 2017. REUTERS/Yves Herman

    L'avenir du glyphosate a finalement été décidé ce lundi 27 novembre à Bruxelles après deux ans de saga, entre hésitations, suspense, pourparlers politiques, débats scientifiques, lobbying féroce. Au final, la licence de l'herbicide, classé cancérigène probable par l'Organisation mondiale de la santé et vendu par Monsanto, est renouvelée pour cinq ans au sein de l'Union européenne. Les Etats membres ont voté en comité d'appel et ont pu parvenir à une majorité qualifiée.

    Avec notre bureau de Bruxelles,

    Juste avant le vote, le mouvement Avaaz (organisation non gouvernementale internationale de cybermilitantisme), avait organisé un jeu de tir à la corde symbolique devant la Commission européenne : des citoyens contre des personnages de Monsanto avec des masques de têtes de mort. Finalement, « la démocratie a perdu », explique la porte-parole de l'organisation.

    De nombreuses ONG pointent du doigt le vote de l'Allemagne : « L'Allemagne a capitulé devant la pression des multinationales pour offrir à l'industrie chimique un joli cadeau de Noël », dénonce encore Avaaz. Le pays qui pesait dans la balance, et qui s'était abstenu jusque-là, a voté pour le renouvellement de la licence du glyphosate.

    Même déception pour l'eurodéputée Europe Ecologie-Les Verts, Michèle Rivasi : « On ne pensait pas qu'ils allaient changer de camp. » « C'est une trahison de l'Allemagne, déplore de son côté le responsable de l'Observatoire européen des entreprises, l'industrie a gagné sur toute la ligne. »

     → A (RE)LIRE : [Reportage] Glyphosate: les politiques hésitent, les agriculteurs agissent

    Si le glyphosate est un désherbant efficace, sa toxicité pour les humains est l’enjeu d’une controverse scientifique, sur laquelle se sont appuyés les eurodéputés pour voter. Nadine Lauverjat, de l’association Générations Futures : « Il y a une recherche, il y a une expertise qui a été menée par l’Inserm en 2013, la recherche médicale française, qui montrait des liens de causalité entre l’exposition au pesticide et un certain nombre de pathologies chez les cultivateurs professionnels et notamment certaines pathologies comme le lymphome non hodgkinien et la maladie de Parkinson. »

    Les preuves à charge semblent donc accabler le glyphosate. Mais quand on sait qu’il s’agit de l’herbicide le plus vendu au monde, l’enjeu financier suscite des réactions de la part de son fabricant. Eric Andrieu, eurodéputé du parti socialiste, a voté contre : « Depuis le début, la controverse [se situe entre] l’avis du Centre international de recherche sur le cancer de mars 2015 - la molécule était alors cancérigène probable pour l’homme - et celle de novembre 2015 de l’Agence européenne, l’Efsa, qui a émis un avis contraire en disant que la molécule n’était pas cancérigène pour l’homme. Or, l’étude de l’Efsa est controversée parce qu’elle a été confiée à un cabinet d’études allemand qui a fait un copier-coller sur des études faites par la multinationale Monsanto. »

    La Commission satisfaite

    La Commission européenne, elle, se félicite des résultats du vote de ce lundi : « Lorsque nous le voulons tous, nous pouvons avoir une responsabilité collective dans la prise de décision », écrit le commissaire à la Santé. Cette décision sera adoptée avant l'expiration de la licence de l'herbicide, c'est-à-dire avant le 15 décembre.

    Prochain vote européen dans 5 ans, mais d’ici-là, si le président Macron tient ses engagements, la France ne devrait plus utiliser de glyphosate sur son territoire.

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