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    Europe

    Russie: dans l'oblast de Pskov, un Poutine fort populaire [Reportage]

    media Pskov, l'une des régions les plus pauvres de la Russie, vote pour Poutine RFI/Anastasia Becchio

    C'est l'une des régions les plus pauvres de Russie. L'oblast de Pskov, dans le nord-ouest de la Russie, près de la frontière estonienne, se place en queue du classement socio-économique des régions russes. Près d'une personne sur cinq y vit en dessous du seuil de pauvreté. Les salaires sont parmi les plus bas du pays, les villes et les villages se vident. La région, qui manque d'investissements, a encore perdu 1 700 habitants l'an dernier. A la veille de la présidentielle, RFI s'est rendue dans la région de Pskov où l'issue du scrutin ne fait pas de doute : Vladimir Poutine devrait l'emporter haut la main, dès le premier tour.

    de notre envoyée spéciale,

    Un reportage dans la région de Pskov à la veille de la présidentielle russe aussi à écouter 16/03/2018 - par Anastasia Becchio Écouter

    Nous sommes à quelque 700 km au nord-est de Moscou. Avec son exploitation de 300 ha, perdue au milieu de champs enneigés et de forêts de bouleaux, Alexandre Konachenkov est l'un des trois derniers agriculteurs de la région. Cet homme jovial a pourtant connu une époque, dans les années 1990, où il y avait une centaine de fermiers. « Ici, c'est pratiquement le centre de l'Europe, vous vous rendez compte ! L'Union européenne est à 6 km. Dans le passé, il y avait une forte densité de population, parce que c'est une bonne région pour l'agriculture, pour l'élevage et pour la pêche. Mais aujourd'hui, on n'a pas un seul village qui ne soit pas en train de mourir, partout la population décroît ».

    Oblast de Pskov, près de la frontière estonienne: il ne reste plus que trois agriculteurs dans la région. Anastasia Becchio/RFI

    Le village de Veino et ses 40 âmes, est de ceux-là. Ici pas de gaz. Pour se chauffer ou cuisiner, les habitants débitent des arbres qu'ils vendent aussi pour gagner quelques centaines de roubles. Lorsqu'il n'est pas occupé à couper du bois, Alexandre Kouptzov, 63 ans, tente de redonner vie au club culturel, l'un des rares lieux de socialisation. Récemment, les autorités y ont coupé l'électricité.

    Devant l'unique épicerie du village de Vieno, mars 2018. RFI/Anastasia Becchio

    « La machine de propagande est très puissante »

    A Veino, il reste une épicerie et un bureau de poste. Le centre médical a fermé, tout comme les deux écoles. L'institutrice, Marina Bogdanova, 44 ans, 4 enfants, est depuis sans emploi, tout comme son mari. « J'ai un enfant handicapé et c'est grâce à sa pension d'invalidité qu'on survit. Mais ça va se terminer l'an prochain et je ne sais pas comment on va faire ».

    Marina ira voter dimanche, elle aussi, pour Vladimir Poutine. « Le président n'a qu'à rester à sa place, c'est ceux qui sont en dessous qu'il faut changer. Ils se cachent tous derrière son dos. C'est pour ça qu'on est dans cette situation. En réalité, Vladimir Poutine c'est un homme bien, mais il ne peut pas se démultiplier ».

    L'ancienne institutrice du village, Marina Bogdanova, 44 ans, sans emploi depuis que l'école a fermé en 2010. RFI/Anastasia Becchio

    Pour la présidentielle, même Iouri Pavlov, le chef du district, élu pourtant sous l'étiquette du parti libéral d'opposition «Iablok», comprend très bien, voire soutient, le choix de ses administrés.

    Un plébiscite attendu

    « Une région forte, une Russie forte », proclame un panneau avec la photo du gouverneur local, à l'entrée de Pskov, la capitale régionale, comme en écho à celui du candidat Poutine, juste en face : « Un président fort, une Russie forte ».

    Il y six ans, Vladimir Poutine recueillait 59,6% des voix dans la région de Pskov. Ses soutiens visent 70% ce dimanche.

    Ici, la victoire du chef de l'Etat ne fait guère de doute. « Nous savons que les gens sensés vont choisir la voie du développement progressif du pays et c'est pour ça que nous sommes sûrs de la victoire de notre candidat, affirme Galina Nevalennaya, médecin chef de la policlinique de Pskov et l'une des co-directrices du QG de Vladimir Poutine. Beaucoup de gens critiquent Poutine parce qu'il s'occupe de tout et même des petits problèmes qui pourraient être résolus par ses subordonnés. Mais c'est peut être une spécificité de notre pays ou une spécificité de son caractère ».

    Une campagne sans débat ni informations contradictoires 

    Autre spécificité : le président n'a jamais participé à un débat avec ses concurrents, ce que dénoncent régulièrement les autres candidats.

    Mais Denis Matveev responsable des jeunes volontaires du QG de Vladimir Poutine ne voit pas où est le problème. « Il n'a pas besoin de monter sur une scène pour prouver à ses opposants que sa pensée est plus sage, plus juste. Les débats ça sert à jauger comment une personne réagit dans des conditions de stress. Mais à quoi ça sert, si on sait déjà, au vu de ces 18 dernières années comment il est dévoué à son pays, à son peuple ».

    Lev Shlossberg, est l'unique député du parti libéral Iabloko au Parlement régional. Il dénonce : « Cela fait 15 ans que les gens sont privés d'information normale. Poutine a réussi à contrôler le champ de l'information. La machine de propagande est très puissante. Quand vous allumez la télévision et que 24 heures sur 24 vous ne voyez qu'un seul héros, voire un saint, vous vous faites facilement manipuler ».

    La drôle de campagne sans vrai débat et sans réel concurrent pour Vladimir Poutine s'achève ce vendredi soir à minuit.

    Le club de Vieno, officiellement fermé par les autorités (elles ont coupé le courant) que les habitants veulent réhabiliter. Sur le côté, une affiche appelant à aller voter le 18 mars pour l'élection présidentielle. RFI/Anastasia Becchio

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