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    Europe

    Solidaire du Royaume-Uni dans l'affaire Skripal, l'UE ne décolère pas

    media Le président du Conseil européen, Donald Tusk, au sommet européen de Bruxelles, le 23 mars 2018. REUTERS/Francois Lenoir

    Les pays membres de l'Union européenne ont fait preuve d'une grande solidarité avec le Royaume-Uni dans l'affaire de l'ex-agent double Sergueï Skripal, empoisonné avec sa fille Ioulia sur le territoire britannique. Plusieurs pays de l'UE ont annoncé vendredi qu'ils prendraient dans les prochains jours, peut-être dès lundi, des mesures contre la Russie.

    Avec notre envoyé spécial à Bruxelles, Tudor Tépénéag

    Sur le très sensible dossier Skripal, la pièce diplomatique s'est jouée en plusieurs actes à Bruxelles.

    D'abord une réunion à trois jeudi soir, entre la Première ministre britannique Theresa May, la chancelière allemande Angela Merkel et le président français Emmanuel Macron, qui ont sans doute passé en revue les éléments sensibles de l'enquête, prouvant l'implication de Moscou dans l'empoisonnement de l'ex-agent double russe Segueï Skripal et de sa fille Ioulia.

    Ensuite Donald Tusk, le président du Conseil européen a déclaré, malgré les réticences de certains Etats membres de l'Union, que la Russie est bien derrière l'attaque de Salisburry et qu'il n'y a pas d'autres explications possibles. Dans la foulée, l'Union européenne annonçait qu'elle rappelait son ambassadeur à Moscou pour des consultations.

    Vendredi, l'affaire s'est poursuivie avec la prise de position très nette du président Emmanuel Macron. Le chef de l'Etat a dit que l'attaque commise sur le territoire britannique « nécessite une réponse coordonnée et déterminée de la part de l'Union européenne et de ses Etats membres », il s'y est engagé avec la chancelière Angela Merkel. La Lettonie, la Lituanie, l'Irlande, la République tchèque et le Danemark ont annoncé qu'ils préparaient à leur tour des mesures contre Moscou.

    Vingt-trois diplomates de chaque camp rejoignent leur pays

    Des mesures « sont attendues dès lundi au niveau national », s'est réjoui M. Tusk à l'issue du sommet. Le président du Conseil européen s'est dit « personnellement satisfait de voir que malgré les dures négociations du Brexit, l'UE ait fait preuve d'une unité sans équivoque avec le Royaume-Uni ». Il s'agirait notamment d'expulser des diplomates russes, impliqués dans des activités d'espionnage.

    La Russie, pour sa part, a accusé le Royaume-Uni de pousser ses alliés européens à la confrontation avec elle, dénonçant « une nouvelle campagne antirusse lancée par Londres » et « une provocation ». « Nous regrettons qu'une nouvelle fois on prenne de telles décisions en utilisant la formulation "très probablement" », a déclaré à la presse le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, déplorant que la Russie « ne puisse toujours pas obtenir des informations » de Londres sur cette affaire.

    Londres a déjà expulsé 23 diplomates russes, qui ont quitté mardi son territoire, et annoncé le gel des relations bilatérales. La Russie a ordonné en représailles la fermeture du British Council et l'expulsion de 23 diplomates britanniques, qui ont commencé à quitter Moscou vendredi, selon les agences de presse russes.

    Les autres dossiers du sommet

    Les pays européens ont dû faire preuve de beaucoup de solidarité également sur un autre front, celui des menaces économiques des Etats-Unis, la taxation envisagée de l'acier et de l'aluminium.

    Ils ont obtenu un sursis de la part de Washington, se disant prêts à répondre du tac au tac en cas de surtaxation de leurs produits plus tard. Prêts aussi à des négociations, mais pas à des concessions.

    Ils ont par ailleurs mis sur les rails la deuxième phase de négociations autour du Brexit, celle qui devrait aboutir à une nouvelle relation, la plus étroite possible, mais sans ambiguïtés, entre l'Union européenne et le Royaume-Uni

    Des engagements ont été pris pour que les échanges commerciaux tiennent compte désormais des normes sociales et environnementales.

    Le président français Emmanuel Macron s'est assuré du soutien de la chancelière allemande Angela Merkel pour une partie au moins de la réforme de la zone euro qu'il propose, à défaut de rallier le groupe des pays du nord de l'Europe qui s'y oppose.

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