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    Turquie: déjà en campagne, Erdogan vise une réélection dès le premier tour

    media Le président turc Erdogan lors d'un meeting de son parti, l'AKP, à Istanbul, le 28 avril 2018. KAYHAN OZER / TURKISH PRESIDENTIAL PRESS SERVICE / AFP

    En Turquie, les élections législatives et présidentielle anticipées auront lieu dans un peu plus de 50 jours. Mais Recep Tayyip Erdogan est déjà en campagne. Le président turc a tenu samedi 28 avril son premier meeting électoral dans la ville d’Izmir. Il devrait multiplier dans les prochaines semaines ces grands rassemblements avec les partisans de son parti, l’AKP, avec pour objectif de remporter le scrutin présidentiel dès le premier tour.

    On dit de Recep Tayyip Erdogan qu’il est perpétuellement en campagne électorale. Il multiplie les rassemblements avec ses partisans, il harangue les foules, il est omniprésent sur les chaînes de télévision, toutes progouvernementales… Mais le meeting de ce samedi avait une saveur particulière. C’est le premier depuis l’annonce des élections anticipées le 24 juin.

    Comme à son habitude, le président turc a parlé de ce scrutin comme d’un moment historique, il a aussi attaqué l’un de ses rivaux potentiels, Kemal Kiliçdaroglu, en le traitant de « dictateur », rapporte notre correspondant à Istanbul, Alexandre Billette.

    Officiellement, la campagne électorale n’est pas encore lancée, mais le chef de l’État turc veut frapper fort. Il veut éviter un second tour, ce qui serait pour lui un affront. Les premiers sondages le donnent tous en tête, mais pas toujours avec plus de 50% des voix. C’est d’ailleurs l’objectif de tous les partis d’opposition, qui n’ont pas réussi à nommer un candidat commun mais qui semblent prêts à oublier leurs différences pour former un bloc anti-Erdogan… après le premier tour.

    L'ex-président Gül ne se présentera pas

    Parmi les noms de candidats qui ont circulé dans l’opposition, celui de l'ex-président turc Abdullah Gül a été au cœur d'intenses discussions entre plusieurs partis au cours de la semaine écoulée. Mais cette hypothèse a été vivement rejetée par certains en raison notamment de sa proximité passée avec Recep Tayyip Erdogan, dont il a été le compagnon de route, et l’ancien chef de l’État a finalement renoncé à se présenter.

    Une candidature d’Abdullah Gül aurait ouvert la voie à un spectaculaire duel fratricide avec l’actuel président turc. Ali Kazancigil, politologue, directeur de la revue géopolitique Anatolie et co-auteur du livre La Turquie, d'une révolution à l'autre, estime que Gül aurait représenté une solution pour certains électeurs de droite.

    « Parmi les gens qui votent pour l’AKP, ceux qui étaient déçus par l’autoritarisme d’Erdogan espéraient que Gül se porterait candidat parce que c’est quelqu’un de plus raisonnable, de plus ouvert et qui parle les langues étrangères. Il pouvait représenter la Turquie mieux qu’Erdogan et de façon plus libérale. Mais le parti est très contrôlé par Erdogan et je pense qu’il a dû le menacer ou l’empêcher d’envisager une candidature. »

    Le politologue explique cette volonté du président turc de tout contrôler par le fait que le chef de l’État n’est pas serein, malgré tout. « Erdogan n’a pas de rival dans son camp, il contrôle tout, il s’impose. Parce qu’il est très inquiet. Il n’est pas du tout assuré d’être confortablement élu. Il peut être élu, mais il est inquiet. »

    Les dispositions de la réforme constitutionnelle adoptée par référendum en avril 2017 et qui renforcent les prérogatives du président entreront en vigueur à partir de ces élections.

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