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    Europe

    Président Sarkissian: «Mon rêve, c’est une Arménie jeune, dynamique»

    media Armen Sarkissian, élu nouveau président par le Parlement arménien, assiste à une session parlementaire à Erevan le 2 mars 2018. Vahram Baghdasaryan / Photolure via REUTERS

    Nikol Pachinian est donc depuis ce mardi 8 mai le Premier ministre arménien. Celui qui était jusqu’ici le chef de l’opposition a été élu par le Parlement après des manifestations de masse contre la corruption, le népotisme et les difficultés économiques. Une révolution sans violence, dont se félicite le président de la république d’Arménie Armen Sarkissian, lui-même investi il y a un mois.

    RFI : Quel regard portez-vous sur le mouvement non violent qui a permis à Nikol Pachinian d’être élu Premier ministre ?

    Armen Sarkissian : Je suis très heureux qu’après un processus politique dynamique qui aura duré moins d’un mois – manifestations, meetings, discussions, tout se soit très bien déroulé. Le gouvernement a changé, la direction dans laquelle va le gouvernement a changé et nous l’avons fait ici en Arménie en respectant la loi et l’ordre, et dans le cadre de la Constitution. Et je suis fier que le monde entier nous connaisse maintenant comme les auteurs – et nous avons le copyright -  d’un grand changement grâce à une révolution très, très pacifique. Une révolution à l’Arménienne !

    Nikol Pachinian veut réformer la loi électorale, est-ce que vous allez le soutenir dans cette démarche ?

    Et bien je vais soutenir tout ce que le Parlement va décider. Et je vais soutenir aussi tout changement qui permettra à notre République de gérer le pays de manière plus équilibrée et moderne. Je ne parle pas seulement de la loi électorale, mais aussi du fait de préserver l’équilibre des pouvoirs entre le Parlement, le gouvernement et la présidence. Et aussi de créer les conditions pour que le gouvernement puisse travailler de manière dynamique. Parce que mon rêve, c’est une Arménie jeune. Une Arménie dynamique, inscrite dans le 21e siècle, et qui une fois de plus montre au monde que nous pouvons faire des changements à l’arménienne, mais aussi avoir, à l’arménienne, une économie moderne du 21e siècle.

    Nikol Pachinian n’aura pas de majorité au Parlement, vous ne craignez pas une paralysie des institutions ? Une impasse politique ?

    Monsieur Pachinian n’a pas la majorité au Parlement, mais comme vous l’avez vu il a été élu par ce même Parlement où il ne dispose pas de la majorité. Monsieur Pachinian a la majorité de la rue. Donc, maintenant il faut avoir au Parlement un dialogue politique qui fonctionne.  C’est ce que nous avons réussi à obtenir aujourd’hui : les sujets qui étaient débattus dans les rues, qui posaient problème à beaucoup d’habitants et de citoyens – les injustices sociales, la corruption, ce sentiment des jeunes de ne pas avoir d’avenir même s’ils ont fait de bonnes études ici en Arménie, le sentiment qu’il n’y a pas de réflexion sur leur futur. Tout cela a créé un mécontentement. Qui a abouti à ce que nous avons vu. Aujourd’hui, chaque citoyen arménien se sent fier et libre. Au final, quelqu’un va relayer son point de vue, et ce point de vue sera entendu.

    Vladimir Poutine a félicité Nikol Pachinian mardi 8 mai. Est-ce un soulagement pour vous ? Cela veut-il dire que la Russie ne va pas s’ingérer dans ce qu’il se passe en Arménie ?

    D’abord, ce n’est pas un soulagement, parce que je n’ai jamais douté que Monsieur Poutine appellerait le plus tôt possible le Premier ministre et qu’il le féliciterait. La relation avec la Russie est très importante pour l’Arménie, et je pense que l’Etat, que la Nation fera toujours preuve de bon sens sur ce point. Et fera en sorte que notre relation avec la Russie reste intacte. Comme vous êtes Français, je vous dirais bien que la relation entre l’Arménie et la France est également importante ! Mais vous le comprenez, je pense, la relation avec la Russie est vieille de plusieurs siècles, et les rapports avec nos autres voisins font de la Russie un partenaire important pour la République d’Arménie. Mettre en danger nos relations internationales ou quelque autre engagement international que ce soit ne serait pas sage.

    Entretien avec le président arménien Armen Sarkissian 09/05/2018 - par Daniel Vallot Écouter

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