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    Europe

    Nucléaire iranien: après le retrait américain, l’Europe face à ses défis

    media Emmanuel Macron, Angela Merkel et Donald Trump au sommet du G20 à Hambourg, le 7 juillet 2017. John MACDOUGALL / AFP

    Le retrait des Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien mardi 8 mai tend davantage les relations transatlantiques. Et met l’Europe face à ses propres défis.

    Si ce n’est pas encore une rupture, cela s'en approche. Le retrait américain de l’accord sur le nucléaire iranien complique un peu plus les rapports entre les Etats-Unis et ses alliés européens, déjà malmenés par un an d'une politique de Donald Trump basée sur son sacro-saint principe de l’«America First», l’Amérique d’abord.

    Depuis l’arrivée du président américain à la Maison Blanche, les Européens se prennent claque sur claque. Sur l’Otan d’abord, pour laquelle il a fallu arracher à Donald Trump une référence à l’article 5 qui prévoit que les alliés viennent au secours d'un Etat attaqué, alors qu’il n’avait en tête que l’idée de faire payer davantage les Européens. Sur le climat aussi, avec le retrait de l’Accord de Paris. Ou encore le commerce et l’instauration de taxes douanières sur l’acier et l’aluminium dont les Européens attendent toujours d’être exemptés.

    Avec le retrait américain de l’accord sur le nucléaire iranien, une nouvelle étape est franchie. En choisissant de quitter l’accord, les Etats-Unis s’assoient sur l’un des principes les plus fondamentaux du droit international, un principe tellement ancien qu’il est désigné par une locution latine – pacta sunt servanda –, qui veut que les engagements pris soient respectés. Et remettent potentiellement en cause tout l’ordre international. « Si un pays majeur comme les Etats-Unis ne respecte pas ses engagements, comment croire que les accords internationaux peuvent constituer une garantie de sécurité collective ? » s’interroge le diplomate français Michel Duclos sur le site de l’Institut Montaigne.

    L'Europe au pied du mur

    Les relations transatlantiques n'avaient pas connu pareille situation depuis 2003 et l'invasion de l'Irak. Et encore… A l'époque, l'opération américano-britannique ne s'était heurtée qu’à l'hostilité de la France et de l'Allemagne. Cette fois, c’est toute l'Union européenne qui fait front face à ce qu’elle considère comme un camouflet et l’expression du mépris américain à l’égard de ses alliés.

    Surtout qu’en annonçant le rétablissement du plus haut niveau de sanctions contre la République islamique qui obligeraient les entreprises engagées en Iran d'en sortir sous peine de représailles, Washington met les Européens au pied du mur : soit ils suivent sa position, soit leurs entreprises seront punies. Si l'Union européenne a jusque-là évité la confrontation avec les Etats-Unis malgré leurs divergences, le cas pourrait être cette fois différent, estime Manuel Lafont-Rapnouil, directeur du bureau Paris du European Council on Foreign Relations (Conseil européen des relations internationales, ECFR). « Il ne s’agit pas simplement d’un sujet sur lequel les deux parties sont en désaccord, mais d’un possible sujet de crise transatlantique », affirme-t-il.

    Or les trois grandes puissances européennes semblent bien décidées à préserver un accord obtenu aux forceps à l’issue d’âpres négociations. Pour Paris, Londres et Berlin, la sécurité de la région en dépend. Malgré l’opposition des faucons iraniens, partisans d’une reprise des activités nucléaires, le président Hassan Rohani ne compte pas pour l’instant abandonner l’accord. « Je pense qu’il y a deux raisons pour lesquelles les Iraniens essaieront de jouer le jeu. La première, c’est qu’il vaut mieux pour eux garder les Européens de leur côté. La seconde, c’est qu’en continuant à respecter scrupuleusement l’accord, ils décrédibilisent la position d’Israël et de Donald Trump », avance Nicholas Dungan, directeur de recherche à l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS).

    Encore faut-il que les entreprises européennes acceptent de poursuivre leurs activités en Iran. Leurs chancelleries planchent pour trouver des solutions les protégeant des sanctions de Washington, mais cela suffira-t-il ? Entre les promesses offertes par un pays émergent et le risque, même minime, de se voir fermer l’immense marché américain, le choix pourrait être vite fait.

    « L'Europe doit prendre son destin en main »

    En attendant, la décision de Donald Trump met l’Europe face à sa capacité – et sa volonté – d’affirmer son autonomie. Depuis mardi, les responsables européens multiplient les discours d'intention. « Il est temps que l'Europe passe des paroles aux actes en matière de souveraineté économique », pour se défendre face aux sanctions que les Etats-Unis veulent appliquer aux entreprises étrangères travaillant en Iran, a estimé ce vendredi sur Europe 1 le ministre français de l'Economie Bruno Le Maire.

    A Aix-la-Chapelle, où était remis hier à Emmanuel Macron le prix Charlemagne récompensant son action pour l’Europe, Angela Merkel a elle-même plaidé pour une Europe forte et unie. « Le temps où l’on pouvait compter tout simplement sur les Etats-Unis pour nous protéger est révolu », a déclaré la chancelière allemande, « l’Europe doit prendre son destin elle-même en main, c’est notre défi pour l’avenir. »

    Ces propos ne sont pas nouveaux. Elle avait tenu les mêmes l'année dernière à pareille époque à l’issue de deux jours de rencontres au sommet, dans le cadre de l’Otan et du G7, où les positions de Donald Trump avaient choqué ses partenaires. Depuis, rien n’a vraiment bougé du côté de Berlin. En termes de ressources économiques, l’Europe a pourtant tout le potentiel nécessaire pour investir dans son appareil militaire, sa diplomatie, son aide au développement, et devenir une puissance beaucoup plus considérable, affirme Manuel Lafont-Rapnouil, de l’ECFR.

    Tout dépend de son aptitude à agir collectivement. « A la suite du Brexit, on a vu un certain nombre d’Européens prendre conscience du fait qu’avec le départ du Royaume-Uni, il était important d’élever le niveau. La France a augmenté son budget de défense et d’aide au développement. Les Allemands ont décidé qu’il leur fallait faire de même. Un certain nombre d’initiatives ont été prises à Bruxelles pour renforcer la défense européenne. Mais tout cela reste en deçà du potentiel que pourrait avoir l’Europe », remarque le chercheur.

    L’Europe, à la peine et affaiblie par l’arrivée au pouvoir de gouvernements eurosceptiques, saura-t-elle relever ces défis ? Interrogé sur RFI, le diplomate Michel Duclos estime que si elle y parvient, elle pèsera davantage dans des relations transatlantiques renouvelées. Les tensions avec les Etats-Unis pourraient donc être pour elle un mal pour un bien.

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