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    Poutine souhaite «bonne santé» à Skripal, tout juste sorti de l’hôpital

    media Le président russe Vladimir Poutine en conférence presse à Sotchi, vendredi 18 mai 2018. REUTERS/Sergei Karpukhin

    Le président Vladimir Poutine a souhaité ce vendredi « bonne santé » à l'ex-agent double russe Sergueï Skripal, sorti de l'hôpital britannique où il était soigné depuis mars après avoir été empoisonné par un agent innervant. L'affaire avait provoqué une grave crise diplomatique entre l'Occident et Moscou, accusé d'être responsable de cet empoisonnement.

    « Que Dieu lui donne bonne santé ! » s'est exclamé Vladimir Poutine depuis Sotchi, où il donnait une conférence de presse commune avec Angela Merkel. Le président russe réagissait à la sortie de l'hôpital de Sergueï Skripal, annoncé ce vendredi par le service de santé public NHS England. « J'espère qu'il restera vivant, en bonne santé et sain et sauf », a ajouté M. Poutine.

    J'ai entendu dire aujourd'hui dans les médias qu'il était sorti de l'hôpital. Que Dieu lui donne bonne santé ! Nous sommes très heureux, en réalité. Dans cette affaire, je souhaiterais faire quelques remarques. D’abord, je pense que si, comme le soutenaient nos collègues britanniques, un agent toxique militaire avait été employé, cette personne serait morte sur place. Un agent toxique militaire est tellement puissant que la personne visée meurt instantanément ou en quelques secondes ou quelques minutes. Heureusement il est guéri, il est sorti de l'hôpital et j'espère qu'il restera vivant, en bonne santé, et sain et sauf. Pour ce qui concerne l’enquête, nous avons proposé à de nombreuses reprises à nos partenaires britanniques d'apporter toute l'aide nécessaire. Nous avions aussi demandé aux Britanniques d’avoir accès à l’enquête. Il n'y a aucune réaction pour l'instant. Nos propositions restent ouvertes.
    Poutine sur l'affaire Skripal: «Si un agent toxique militaire avait été employé, cette personne serait morte sur place...» 18/05/2018 - par RFI Écouter

    L'ex-agent double, 66 ans, était hospitalisé depuis le 4 mars dans un établissement de Salisbury, une ville du sud de l'Angleterre où lui et sa fille Ioulia avaient été découverts inconscients sur un banc public, empoisonnés par un agent innervant hautement toxique. Selon la police britannique, les Skripal étaient entrés en contact avec le poison au domicile de Sergueï, où sa fille était venue lui rendre visite de Russie.

    Le produit, identifié comme un agent neuroparalytique de la famille Novitchok, était issu selon les autorités britanniques d'un programme chimique nucléaire soviétique. Le 12 avril, l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC), sans toutefois établir de responsabilités, confirmait l'identité du poison, précisant que la substance était d'une « grande pureté ».

    → (RE)LIRE : Affaire Skripal: les confidences de l’un des inventeurs du «Novichok»

    Crise diplomatique

    La Première ministre Theresa May avait rapidement mis en cause Moscou, estimant qu'il s'agissait de « la seule explication plausible ». Des accusations vivement rejetées par le Kremlin et qualifiées de « provocation ». Londres avait rapidement reçu le soutien de Washington qui avait dénoncé une attaque « irresponsable », puis de Paris et Berlin. S'en était suivi une grave crise diplomatique entre plusieurs pays occidentaux et la Russie, concrétisée par l'expulsion de part et d'autre de plusieurs dizaines de diplomates.

    Ancien colonel du service de renseignement de l'armée russe, Sergueï Skripal avait été accusé de « haute trahison » pour avoir vendu des informations au renseignement britannique, et condamné en 2006 à 13 ans de prison. En 2010, il avait fait l'objet d'un échange de prisonniers entre Moscou, Londres et Washington, et s'était installé en Angleterre.

    Sortie de l'hôpital le 10 avril, sa fille Ioulia avait décliné l'aide consulaire russe, selon la police britannique. D'après les médias britanniques, elle avait été conduite en lieu sûr, ce qui avait provoqué la colère de l'ambassade de Russie, qui avait estimé qu'elle était « retenue en otage ».

    Une enquête « complexe »

    « Dans l'intérêt de la sécurité de Sergueï et de Ioulia, nous ne parlerons d'aucun des dispositifs de protection ou de sécurité en place », a indiqué Scotland Yard dans un communiqué diffusé ce vendredi. La police britannique souligne par ailleurs qu'« il s'agit d'une enquête complexe et les détectives continuent de rassembler toutes les preuves pour établir les faits et les circonstances de cette horrible attaque. »

    « Nous avons proposé à de nombreuses reprises à nos partenaires britanniques d'apporter toute l'aide nécessaire à l'enquête, a déclaré Vladimir Poutine lors de la conférence de presse à Sotchi. Il n'y a aucune réaction pour l'instant. Notre proposition reste ouverte. »

    (Avec AFP)

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