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    Europe

    Après huit années d'austérité, la Grèce sauvée mais endettée et appauvrie

    media Manifestation contre l'austérité à Athènes. L'accord doit permettre à la Grèce de quitter, comme prévu, la tutelle de ses créanciers, zone euro et Fonds monétaire international (FMI), le 20 août prochain. REUTERS/Pascal Rossignol

    Après trois programmes d’aide financière versés par les Européens et le Fonds monétaire international, la Grèce voit, ce 21 juin au soir, la lumière au bout du tunnel. Les 28 ministres des Finances de la zone euro, réunis à Luxembourg avec la patronne du FMI, Christine Lagarde, ont décidé de la sortie de la Grèce du dernier plan d’aide en cours et donc de la quasi-tutelle de ses créanciers, Une sortie rendue possible - selon eux - par le fait que la Grèce a renoué avec la croissance et affiche même désormais un excédent budgétaire.

    Avec notre bureau de Bruxelles,

    « La crise grecque s'achève ici, cette nuit. C'est un moment historique », s'est félicité le commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici. Les ministres des Finances de la zone euro ont avalisé un versement de quinze milliards d’euros à la Grèce qui marque la fin d’une longue série. Il s’agit du dernier des versements accordés à la Grèce depuis mai 2010, date du premier des trois plans d’aide financière consécutifs.

    273 milliards d'euros

    Ils auront vu l’Union européenne et le Fonds monétaire international (FMI) décaisser au total 273 milliards d’euros. En s’accordant sur ce dernier versement, les ministres des Finances de la zone euro avalisent la sortie très attendue de la Grèce des programmes d’aide financière.

    Le 20 août prochain la Grèce sortira enfin de la tutelle financière liée à ces programmes puisqu’elle a dû en contrepartie des aides mener de profondes réformes sur par exemple la TVA, les retraites ou le salaire des fonctionnaires. Face au niveau astronomique de la dette publique, à 178% du PIB, des mesures d’allègement de la dette ont aussi été décrétées avec un allongement de dix ans de la durée des prêts et des délais de remboursement des intérêts.

    Surveillance

    Sous la pression des Allemands, certaines mesures d'allègement de la dette resteront cependant encore conditionnées à la poursuite des dernières réformes, dont certaines s'étendront sur plusieurs mois. Athènes sera d'ailleurs dès sa sortie du troisième programme d'aide en août, et jusqu'en 2022, sous le coup d'une surveillance encore jamais vue de la part des Européens, bien plus stricte que celles mises en place dans le passé pour le Portugal, Chypre ou l'Irlande. « Ce cadre de surveillance post-programme renforcé était nécessaire, mais il n'y aura en aucun cas de programme déguisé », a insisté Pierre Moscovici. « Je rends hommage au peuple grec pour sa résilience et son engagement. Ses efforts n'ont pas été vains », a twitté de son côté le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker.

    Bruno Le Maire, ministre français des Finances: «Les négociation ont été difficiles, reconnaissons-le», mais «je considère que le problème de la dette grecque est désormais derrière nous». REUTERS

    Le gouvernement d'Alexis Tsipras s'est félicité de l'accord, indique notre correspondante en Grèce, Charlotte Stiévenard. Pour le ministre des finances, Euclides Tsakalotos, « C'est un moment historique. » C'est ce qu'il a déclaré après la longue réunion de six heures avec ses collègues, cette nuit. Pour lui, la Grèce « a tous les éléments pour quitter le programme en toute confiance et pour revenir sur les marchés ». Parmi ces éléments, il y a l'accord sur la dette, mais aussi un « matelas de sécurité » de quinze milliards d'euros qui devrait permettre à Athènes de ne pas aller chercher de financements sur les marchés pendant plus d'un an... un nouveau petit prêt donc.

    La surveillance renforcée, plus stricte que pour le Portugal, dérange l'opposition grecque. Dans un communiqué de presse, les conservateur de la Nouvelle démocratie estiment qu'il s'agit là d'un « quatrième mémorandum » avec un « contrôle tous les trois mois de la Grèce par la troïka, quelque chose que nous n'avons vu dans aucun autre pays. » Le parti ajoute que « l'accord d'hier sur la dette aurait pu avoir lieu dès 2014, si Alexis Tsipras n'avait pas voulu tester ses illusions sur le dos des Grecs ».

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