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    Europe

    Allemagne: accord sur l'immigration entre SPD et conservateurs

    media La dirigeante du SPD, Andrea Nahles, et le ministre des Finances Olaf Scholz, également membre du SPD, à Berlin, le 5 juillet 2018. Omer MESSINGER / AFP

    Les trois partis qui composent la « grande coalition » au pouvoir en Allemagne sont parvenus jeudi soir 5 juillet à un accord sur la politique migratoire. Au cœur des pourparlers figuraient les migrants déjà enregistrés dans un autre pays européen ou y ayant déposé une demande d'asile. Les conservateurs bavarois de la CSU menaçaient de refouler ces personnes aux frontières allemandes.

    Avec notre correspondant à Berlin,  Pascal Thibaut

    « La récréation est terminée. » Le vice-chancelier allemand, le ministre des Finances Olaf Scholz - issu du Parti social-démocrate (SPD) -, espère qu'après l'accord trouvé au sein de la coalition gouvernementale sur les questions migratoires, le gouvernement allemand va se remettre au travail et mettre en veilleuse ses querelles étalées sur la place publique. Dans un sondage, vendredi, 78% des Allemands jugent négative l'action de leur gouvernement.

    Les sociaux-démocrates n'ont pas voulu approuver en l'état l'accord du début de semaine entre les deux partis conservateurs CDU et CSU sur une politique migratoire plus restrictive. A l'arrivée, le SPD obtient que les centres de transit à la frontière germano-autrichienne pour les migrants soient rebaptisés centres de transfert. Il ne s'agit, d'après Olaf Scholz, que de six à dix personnes par jour qui ont déjà déposé une demande d'asile dans un autre pays européen.

    « Beaucoup de bruit pour rien », résume d'ailleurs la première chaîne publique de télévision du pays, ARD, face à l'épilogue d'une crise qui a ébranlé l’Allemagne et toute une partie de l’Europe. Pour résumer, le compromis ne concerne qu’une demie-douzaine de personnes par jour qui se présentent à la frontière germano-autrichienne et qui ont déjà déposé une demande d’asile dans un autre pays. Elles peuvent rentrer en Allemagne via d’autres pays voisins où il n’y a pas de contrôle.

    « L’internationale nationale est une contradiction en soi »

    Les sociaux-démocrates acceptent des procédures accélérées. Ces personnes seront retenues au plus 48 heures et transférées par avion dans le pays européen où elles ont déposé une demande d'asile en premier lieu. Mais le compromis sur cette question reste pour l’heure une coquille vide. Car Angela Merkel comme les sociaux-démocrates ont imposé, contre la menace de la CSU, que les renvois de ces personnes ne se fassent pas de façon unilatérale.

    Au contraire, ils ne se feront que si le pays de destination est d'accord, ce qui n'est pas le cas de l'Italie, l'un des principaux Etats concernés par la situation et qui est gouverné par la Ligue et le M5S. Quant à l’Autriche du FPÖ et de l'ÖVP, pour l'heure, elle n'en veut pas non plus. Le ministre allemand Horst Seehofer se heurte au « niet » de ses amis politiques à Vienne et à Rome. « L’internationale nationale est une contradiction en soi », commente un quotidien.

    Les sociaux-démocrates ont aussi obtenu qu'une loi sur l'immigration soit adoptée avant la fin de l'année. Elle doit permettre aux pays de répondre à ses besoins en main-d'œuvre qualifiée. Dans l'immédiat, la popularité du ministre de l’Intérieur allemand, obsédé par les élections régionales en Bavière en octobre prochain, et notamment par la concurrence de l’extrême-droite sur ses terres, s’effondre. Tandis que la chancelière Angela Merkel ne recule que symboliquement.

    La chancelière allemande Angela Merkel arrive pour la réunion avec ses alliés de la coalition CSU et SPD, à Berlin, le 5 juillet 2018. REUTERS/Axel Schmidt

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