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    Migrants: l'«Aquarius» de nouveau en errance en Méditerranée

    media Des migrants secourus par l'«Aquarius», navire des ONG SOS Méditerranée et Médecins sans frontières, le 10 août 2018 au large de la Libye. REUTERS/Guglielmo Mangiapane

    Quelque 141 personnes secourues par l'« Aquarius » attendent depuis vendredi 10 août un port de débarquement. Le navire humanitaire de SOS Méditerranée et Médecins sans frontières (MSF), qui se trouve actuellement entre Malte et l'île de Lampedusa, a porté secours à deux embarcations au large de la Libye. En France, le directeur du Port de Sète, l'ancien ministre communiste Jean-Claude Gayssot, a proposé ce lundi d'y accueillir l'« Aquarius » « si les autorités françaises le lui permettent ».

    C'est la première opération de sauvetage de SOS Méditerranée depuis le mois de juin. A l'époque, après le refus de l'Italie et de Malte d'accueillir le navire, l'Aquarius avait attendu neuf jours en mer avec 600 personnes à bord avant de pouvoir aborder finalement en Espagne.

    L'opération de vendredi a été coordonnée par la Libye, mais elle n'a pas été jusqu'au bout : les autorités libyennes ont rapidement indiqué à l'Aquarius qu'elles ne lui indiqueraient pas de port sûr pour débarquer et elles l'ont renvoyé vers les autres centres de coordination. Une situation qui retarde l'accueil des rescapés. Pour la présidente de SOS Méditerranée, Sophie Beau, le recours au Centre conjoint de coordination des secours libyens institué par les Européens est une impasse.

    « Les limites du modèle présenté par les autorités européennes »

    « La Libye ne peut pas évidemment être considérée comme un lieu sûr, donc effectivement conforme au droit international, ils ne peuvent pas nous demander de débarquer des personnes en Libye. Par contre, ce qui devient extrêmement compliqué c’est que cette même autorité, qui est censée coordonner le sauvetage et trouver un port de débarquement, nous dit qu’elle n’en est pas capable, s'alarme Sophie Beau. Et donc là, on voit toutes les limites du modèle tel qu’il nous a été présenté par les autorités européennes et on voit qu’on est dans la confusion la plus totale, dans une impasse, puisqu’aucune autre autorité de coordination des secours pour l’instant n’a pris la responsabilité de désigner un port pour l’Aquarius. »

    Un enfant dans les bras d'une secouriste de SOS Méditerranée, à bord de l'Aquarius, le 12 août 2018. REUTERS/Guglielmo Mangiapane

    Des rescapés racontent que cinq navires ne se sont pas arrêtés

    Aucun pays n'a pour l'instant manifesté sa volonté d'accueillir les rescapés, dont la moitié sont des mineurs et parmi lesquels se trouvent des femmes enceintes et des bébés. SOS Méditerranée appelle les pays européens à « prendre leurs responsabilités » et à désigner rapidement un port où débarquer ces personnes vulnérables.

    « Certaines des personnes rescapées ont dérivé pendant 35 heures sur des toutes petites barques en bois qui menaçaient de chavirer à tout moment. Elles ont dit à nos équipes de l’Aquarius qu’elles avaient rencontré cinq bateaux qui ne leur avaient pas porté secours. Nous-mêmes nous avions entendu des conversations radio entre les autorités libyennes et des bateaux sur zone. C’est donc très préoccupant parce que cela veut dire clairement qu’il y a des bateaux qui auraient dû probablement porter secours à cette embarcation, qui ne l’ont pas fait. Dans les circonstances actuelles où il n’y a pas d’entente entre les pays européens pour le débarquement des rescapés, on n’est pas étonnés de cette situation, même si c’est très inquiétant, parce qu’aujourd’hui il n’y a aucun navire humanitaire sur zone. Si les bateaux commerciaux, les navires de pêche, les pétroliers ou d’autres, militaires éventuellement, qui sont sur zone ne portent plus secours, là on peut s’attendre vraiment à des naufrages à répétition, à une catastrophe humanitaire encore plus grande que celle à laquelle on assiste aujourd’hui. »

    Cette difficulté à débarquer des rescapés fait craindre à l'association une augmentation du nombre de naufrages, car les navires commerciaux pourraient hésiter désormais à respecter l'obligation de secours en mer. Comme l'explique Sophie Beau, présidente de SOS Méditerranée, des migrants secourus vendredi ont raconté que plusieurs navires étaient passés près d'eux sans leur venir en aide.

    Des migrants se reposent à bord de l'Aquarius, le 12 août 2018, après avoir été secourus au large des côtes libyennes. REUTERS/Guglielmo Mangiapane

    Le port de Sète prêt à accueillir l'Aquarius

    Le président du port de Sète-Frontignan et ancien ministre des Transports, Jean-Claude Gayssot, a fait savoir à SOS Méditerranée qu'il était prêt à accueillir l'Aquarius, avec à son bord les migrants secourus en mer au large des côtes libyennes, a annoncé France Bleu Hérault ce lundi après-midi. Une information confirmée dans la foulée par l'Agence France-Presse.

    « Le port de Sète est prêt à accueillir l'Aquarius dès lors que les autorités françaises le lui permettront », a déclaré l'ancien ministre communiste, en précisant que « c'est la dimension humanitaire qui doit prévaloir, il s'agit de sauver des vies, des familles ».

    « La seule condition c'est d'abord le feu vert des autorités françaises. Je comprends que les choses sont complexes, y compris qu'il faut combattre les passeurs. Mais là, il s'agit de vies humaines. Tout doit être second par rapport à l'humain, par rapport à sauver des vies, des familles, des femmes et des enfants », a-t-il ajouté.


    Où en est la politique migratoire européenne ?

    Un porte-parole de la Commission européenne indique que Bruxelles cherche une solution à « cet incident », rapporte notre correspondante à Bruxelles, Laxmi Lota.

    Dernière proposition en date, celle du sommet européen de juin : des   plateformes de débarquement de migrants. Il s'agirait pour des pays hors Union européenne d'accueillir des personnes secourues dans les eaux internationales en Méditerranée. Mais aucune décision formelle n'a été prise. C'est donc le flou sur la faisabilité d'un tel projet.

    De plus, le Maroc et la Tunisie ont déjà fait savoir qu'ils y étaient opposés. Le même scénario se reproduit donc, car la situation n'a pas changé : l'Italie et Malte refusent d'ouvrir leurs ports et d'assumer seuls l'accueil des migrants. « L'Aquarius peut aller où il veut, pas en Italie », a twitté le ministre de l'Intérieur italien, Matteo Salvini.

    Mais le maire de Naples, Luigi de Magistris fait savoir qu'il est prêt « à défier Salvini en ouvrant le port de la cité au pied du Vésuve », indique notre correspondante à Rome, Anne Le Nir. Le maire de Palerme, Leoluca Orlando, lui fait écho. « Nous ne pouvons nous soustraire à des obligations morales et légales de secours », a-t-il réagi.

    Les Vingt-Huit doivent se revoir pour un sommet informel le 20 septembre à Salzbourg, en Autriche. Ils reparleront alors de ces plateformes de débarquement. La France souhaite également une grande réunion entre l'Union européenne et les pays du Sud.

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