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    Europe

    «Aquarius»: «il y a une crise politique européenne, un manque de solidarité»

    media Des migrants secourus le 10 août 2018 par le navire humanitaire «Aquarius», affrété par les ONG SOS Méditerranée et Médecins sans Frontières (MSF). REUTERS/Guglielmo Mangiapane

    Lundi 13 août au soir, l’« Aquarius » est à l’arrêt, dans les eaux internationales, à exacte distance de l’Italie et Malte. Toujours à la recherche d’un port pour que les 141 personnes secourues par le navire le vendredi précédent puissent débarquer. Aloys Vimard, coordinateur de projet pour Médecins sans frontières, à bord de l’« Aquarius » depuis cinq mois, fait le point pour RFI sur la situation.

    Aloys Vimard : les deux sauvetages qu’on a réalisés se sont déroulés sous la coordination des autorités maritimes libyennes. Vous le savez, un sauvetage se termine lorsque les rescapés sont désembarqués dans un lieu jugé sûr. Or, les autorités libyennes n’étaient pas en mesure de désigner un port où débarquer les rescapés. Donc, ils nous ont demandé de nous tourner vers d’autres centres de coordination. Les centres de coordination les plus proches sont ceux de Malte et de l’Italie. Donc, c’est ce qu’on a fait directement. Il s’agit de débarquer ces personnes qui sont fragiles, vulnérables, qui ont passé de longues heures en mer et qui ont eu un parcours extrêmement difficile pour la plupart. Et cela le plus rapidement possible, comme les lois et les conventions maritimes l’exigent. On a demandé à l’Italie, à Malte, qui nous refusent l’accès pour débarquer ces personnes.

    RFI : Quelle pourrait être la solution ? Est-ce qu’une solution vers un port français peut être envisageable ?

    On entend parler de « crise migratoire ». J’ai l’impression qu’il y a une crise effectivement, la crise est plutôt politique. Une crise politique européenne, un manque de solidarité et un système d’asile et de protection complètement défaillant et qui méprise les vies humaines. On est les premiers témoins en mer : on repêche, on sauve, on secourt, on porte assistance à des personnes qui sont en grand danger et on appelle l’Union européenne à prendre ses responsabilités. Nous sommes des citoyens, des humanitaires, nous sommes une organisation et nous avons conscience de nos limites. On fait tout ce qu’on peut pour combler le vide laissé par les gouvernements européens en mer et on ne peut pas accepter que des personnes meurent en mer. Maintenant on demande aux autorités de prendre leurs responsabilités, en tant qu’Union européenne. Nous, que ce soit la France, l’Espagne, l’Italie, le principal c’est que ces personnes-là soient mises en sécurité. C’est déplorable que les lois internationales maritimes ne soient pas respectées. Puisque si on va en France, si on va en Espagne et que ce n’est pas l’idéal pour ces personnes, bien sûr à bord de l’Aquarius ils sont exposés aux éléments. Les conditions de séjour ne sont vraiment pas évidentes pour ces gens. Ils dorment à même le sol, en termes d’hygiène, etc. ce n’est vraiment pas l’idéal et ce n’est pas acceptable de mettre ces personnes dans ces conditions. Mais, bien sûr, si la France ouvre un port, nous nous dirigerons vers ce port-là. Idem pour l’Espagne. Donc, on appelle l’Europe à prendre ses responsabilités et à faire preuve de décence envers ces vies humaines qui sont fragiles et vulnérables.

    De combien de jours de vivres, de carburant disposez-vous pour pouvoir encore tenir, attendre une éventuelle réponse d’un pays européen ?

    L’Aquarius a été en escale technique pendant un mois en juillet et malheureusement c’est un scénario auquel on se préparait, donc on est bien préparés, on a de la nourriture en quantité suffisante pour de nombreux jours, on n’est pas inquiétés à ce niveau-là, on a de l’eau, on a de quoi rester en mer un moment et, surtout, ne pas mettre en plus grand danger ces personnes. C’est la raison pour laquelle on s’est arrêtés pendant un moment pour se préparer à ce contexte qui change, malheureusement, qui place des considérations politiques avant toute autre chose. Qui vise, à tout prix, à contrôler les frontières, sans s’inquiéter une seconde de dans quelle situation les gens se trouvent en mer et en Libye.

    Avez-vous eu de la part des autorités maltaises ou italiennes une proposition d’aide ? C’est-à-dire, au moins, apporter des secours, des vivres, des choses qui pourraient manquer ?

    Nous n’avons reçu aucune proposition d’aide de la part de l’Italie, de la part de Malte. Ils savent, bien sûr, les conditions dans lesquelles les gens se trouvent à bord. Eux-mêmes reçoivent et ont reçu de nombreuses personnes rescapées à bord, les garde-côtes italiens connaissent très bien la situation des rescapés parce qu’eux-mêmes ont fait beaucoup de secours en mer…. On n’a reçu aucune proposition d’aide, le message était clair : « Nous ne voulons absolument pas avoir à faire à ces 141 personnes ». Les autorités maltaises nous ont dit n’être pas compétentes, ne pas être l’autorité appropriée pour coordonner ces secours. Les Italiens ont été eux aussi très clairs, en aucun cas l’Italie ne prendre la coordination du secours, pour que les personnes puissent être amenées à bon port.

    Parmi les personnes que vous avez secourues, y a-t-il des personnes qui ont des besoins sanitaires, médicaux urgents ?

    La situation est stable pour le moment. Ce sont des gens qui, pour la plupart, ont été exposés à des situations très très difficiles. Beaucoup ont été détenus en captivité en Libye, ont traversé des épreuves, leur corps parle de lui-même. Lors de leur première journée à bord de l’Aquarius, on a presque vu la moitié des personnes en consultation médicale. On prend le temps de prendre soin d’eux, y a pas de cas urgent, mais c’est des gens qui sont fragiles. Y a beaucoup de personnes en malnutrition chronique, ils ont besoin de soins et ça fait mal au cœur, en tant que travailleur humanitaire, de voir ces personnes fragiles être mises – de manière injuste et non nécessaire – dans de telles conditions.

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