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    Europe

    Europe: en visite au Danemark, Macron assume le clivage avec Orbán et Salvini

    media Le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre danois Lars Loekke Rasmussen, du Parti libéral Venstre. Ritzau Scanpix/Olafur Steinar Gestsson via REUTERS

    Le président français est toujours au Danemark ce mercredi 29 août 2018, avant la Finlande, en soirée. Emmanuel Macron est venu parler d’Europe notamment, alors que les points de désaccord sont nombreux entre Paris d'un côté, Copenhague et Helsinki de l'autre. Mais dans la matinée, le chef de l'Etat s'est adressé aux nationalistes italiens et hongrois. Un parfum de campagne pour les prochaines élections européennes.

    C’est sans précédent depuis les premières élections européennes au suffrage universel direct en 1979. Les listes de candidats sont prêtes dans aucun des 27 pays qui enverront, au printemps prochain, les 705 eurodéputés du Parlement de Strasbourg, rappelle notre envoyé spécial à Copenhague, Quentin Dickinson.

    Pour autant, la campagne pour les élections européennes de mai 2019 a déjà commencé, et de manière assez brutale. On en aperçoit déjà les contours : ce sera le camp des réformateurs pro-européens, les « progressistes », contre le camp des « nationalistes », que certains appellent les « populistes ».

    Le premier camp a clairement pour animateur le président de la République française, Emmanuel Macron. Quant au second, il est l'affaire du Premier ministre hongrois Viktor Orbán - dont le parti est membre de la droite européenne, le PPE - et du ministre italien de l'Intérieur Matteo Salvini, chef de La Ligue.

    Au cours des dernières semaines, ces deux derniers ont nettement pris le pas sur les mouvements de droite et d'extrême droite existants, débordés sur leur droite et contraint de suivre le mouvement. Et bien sûr, le premier enjeu sur lequel les partis s’affrontent déjà, sous leur impulsion, c’est la gestion des flux migratoires.

    Les nationalistes pourraient l’exploiter à leur bénéfice. Mais en face, on pense que, d’ici aux européennes, les solutions simplistes prônées jusqu'ici auront fait la démonstration de leur totale inefficacité, et l’on se félicite même que l'adversaire soit au pouvoir, dans l’impossibilité de se défausser sur autrui ce coup-ci.

    Le Premier ministre hongrois Viktor Orbán et l'actuel homme fort de l'Italie, le ministre de l'Intérieur Matteo Salvini, le 28 août 2018 à Milan. REUTERS/Massimo Pinca

    Macron répond à Orbán et Salvini : « Ils ont raison »

    Mardi, Matteo Salvini a accueilli Viktor Orbán dans son fief milanais, en Lombardie. Un moment qu'ils voulaient fondateur, dans l’optique de 2019. Leur cible : Emmanuel Macron. « Il y a actuellement deux camps en Europe. Macron est à la tête des forces politiques soutenant l’immigration », a dit M.  Orbán.

    Et le Premier ministre hongrois d'acter le fait suivant : « De l’autre côté, il y a nous qui voulons arrêter l’immigration illégale. » « Nous sommes au bord d’un tournant historique pour l’Europe, a renchéri M. Salvini. Aujourd’hui commence un parcours commun qui sera suivi de nombreuses autres étapes. »

    Ce mercredi, Emmanuel Macron leur a répondu : « S'ils considèrent qu'il y a, en France, l'ennemi du nationalisme, du repli sur soi, de la politique de haine, d'une politique qui consiste à dire que l'Europe doit payer ce qui nous arrange mais n'impose aucune forme de responsabilité et de solidarité, ils ont raison. »

    « Prendre des décisions en profondeur pour traiter le sujet des migrations, cela suppose sérieux et esprit de responsabilité, en restant attaché à nos valeurs, comme le droit d'asile, avec une vraie politique vis-à-vis des pays d'origine et en interne. Ce n'est pas ce que proposent MM. Orbán et Salvini », a-t-il détaillé.

    Notons que MM. Orbán et Salvini, de leur côté, sont déjà en flagrante contradiction l’un avec l’autre, le premier refusant tout immigré chez lui, tandis que le second exige que les autres pays européens, dont la Hongrie logiquement, se répartissent les migrants débarqués en Italie.

    Il est clair qu'aujourd'hui, en effet, se structure une opposition forte entre nationalistes et progressistes
    Emmanuel Macron, le 29 août 2018 à Copenhague 29/08/2018 - par Quentin Dickinson Écouter

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