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    Gaz de schiste: le Royaume-Uni reprend la fracturation hydraulique

    media Le site d'exploration de gaz de schiste de Preston New Road (Lancashire) va reprendre ses activités ce samedi 13 octobre 2018. REUTERS/Peter Powel

    La société Cuadrilla Resources va relancer dans les prochains jours ses activités d’extraction de gaz de schiste par fracturation hydraulique au nord-ouest de l’Angleterre. Elle a reçu ce vendredi 12 octobre l’aval juridique qui lui manquait. Il y a sept ans, sa première expérience de fracturation avait déclenché des séismes, puis des manifestations. Malgré les risques avérés, cette technique d’exploration est soutenue bec et ongles par le gouvernement.

    Sept ans après l’arrêt de ses activités, Cuadrilla Resources est de nouveau autorisée à reprendre l’extraction de gaz de schiste. Le recours de dernière minute déposé par Bob Dennett, un habitant du comté de Lancashire où Cuadrilla siège et exploite deux puits fonctionnels, a été rejeté par la Haute Cour de justice britannique vendredi 12 octobre à la mi-journée. Le recours portait sur les règles en cas d’incidents (fuite de gaz…).

    Un coup dur pour la branche britannique de l’ONG Les Amis de la Terre, fer-de-lance du mouvement anti-schiste, contactée par RFI : « La décision de la Cour est une mauvaise nouvelle pour les riverains qui mènent un long combat contre cette sombre industrie et les risques qu’elle fait encourir à l’environnement et au climat. Alors que les titres de presse cette semaine ont été dominés par l’action nécessaire à porter pour arrêter le chaos contre le changement climatique [le rapport du Giec, ndlr], annoncer le début d’une nouvelle industrie d’énergie fossile est une erreur », a déploré Jamie Peters, qui porte la campagne anti-fracturation au sein de l’ONG et qui était présent à l’audience. « D’un côté, vous pouvez faire de la fracturation hydraulique, de l’autre, vous pouvez faire face au changement climatique, mais vous ne pouvez pas faire les deux à la fois », conclut le militant dans un communiqué de l’ONG.

    Pour sa part, Cuadrilla Resources a confirmé dans un communiqué vendredi après-midi le lancement de ses opérations de fracturation dès ce samedi 13 octobre. Il ne s'agit toutefois que d'essais de quelques mois visant à mesurer le potentiel commercial des réserves.

    Séismes à Blackpool

    Créée en 2007, Cuadrilla Resources est une entreprise à capital australo-britannique, tête de gondole du gaz de schiste dans le royaume. Elle a été la première à recevoir du gouvernement, en juillet dernier, le permis de prospecter entre Preston et Blackpool, depuis la mise en oeuvre d’un nouveau régime de lois plus favorable à l’exploration de gaz de schiste.

    C’est pourtant sur cette côte du nord-ouest de l’Angleterre qu'ont été enregistrés, les 27 avril et 1er mai 2011, deux séismes d’une magnitude de 2,3 et 1,5 sur l’échelle de Richter, suivies d’une cinquantaine de petites répliques. La zone n’est pas considérée comme propice aux mouvements tectoniques. Par contre, la société Cuadrilla Resources venait d’y réaliser sa première fracturation hydraulique. Ce procédé de forage consiste à creuser des roches dans les profondeurs en y introduisant un mélange d'eau (95%), de sable et de produits chimiques à haute pression. La roche ainsi éclatée libère les hydrocarbures (pétrole et gaz) contenus dans le schiste. Une technique controversée, notamment pour les risques sismologiques qu’elle engendre.

    Accusée, Cuadrilla demande une enquête indépendante… qui confirme sa responsabilité. Les secousses ont provoqué des déplacements de terrain et différents acteurs de la société civile se sont mobilisés. Un moratoire avait alors été imposé par l’exécutif britannique jusqu’en mai 2013, après quoi Cuadrilla a pu reprendre ses activités de forage, sans toutefois recourir à la fracturation. Avec ce rendu de justice, les barrières sont désormais levées.

    Alors qu’elle rongeait son frein depuis 2011, la compagnie bénéficie aujourd’hui d’un contexte politique favorable à ses activités géologiques. L’exécutif actuel, empêtré dans le Brexit et au plus mal dans ses relations avec la Russie, souhaite réduire la dépendance du royaume en matière d’importations de gaz, tandis qu’en parallèle, les réserves de pétrole en mer se réduisent comme peau de chagrin. Il est donc, comme le gouvernement Cameron naguère qui avait allégé les charges pour les compagnies d’hydrocarbures, un fervent partisan de l’exploitation du gaz de schiste et aux expériences qui le permettent.

    Ainsi, mardi 9 octobre, la ministre de l’Energie, Claire Perry, a estimé que les règles qui interdisent les opérations de fracturation hydraulique déclenchant des séismes de basse intensité pourraient être levées afin de faciliter la reprise des activités d’exploitation de schiste. « Le niveau de déclenchement peut être réajusté à la hausse sans compromettre l’efficacité des contrôles », écrit la ministre dans une lettre adressée à un député et que la cellule d’enquête de Greenpeace s’est procurée. Pour le moment, les secousses créées artificiellement par l’explosion en sous-sol sont limitées à 0,5 sur l’échelle de Richter, rappelle The Guardian. Une réévaluation à la hausse de telles limites aurait pour première conséquence une augmentation des activités de forages.

    Une source d’énergie très contestée

    Pour le PDG de Cuadrilla Resources, Francis Egan, cité par l'agence Bloomberg, « Brexit ou pas, c’est une bonne chose que d’avoir sa propre production d’énergie. Les gouvernements vont et viennent. Mais la demande d’énergie est toujours là et les réserves de gaz continuent de baisser. C’est un choix fondamentalement politique que de choisir de tirer notre gaz du Lancashire ou de Russie. » Le Royaume-Uni importe la moitié de son gaz par bateau ou pipelines. Le site ne devrait pas être commercialement opérationnel avant 2021, a précisé le dirigeant.

    Le gaz de schiste fait l’objet de vives controverses, autant pour sa technique d’extraction que pour lui-même. De nombreuses études scientifiques ont prévenu du danger représenté par cette industrie. Ce type d’hydrocarbure est une source d’énergie fossile et polluante. Quant à la technique – la fracturation hydraulique – elle accroît le risque sismique (c’est la récrimination principale dans le cas du Lancashire) et peut engendrer une contamination des nappes phréatiques. La fracturation hydraulique a largement cours aux Etats-Unis depuis les années 1950. En France, elle est interdite depuis la loi du 13 juillet 2011… soit deux mois après les secousses de Blackpool. Le 25 janvier 2017, le Parlement français a définitivement interdit toute exploration du gaz de schiste. « La fracturation a déjà été arrêtée en Ecosse, au Pays de Galles et en Irlande du Nord à cause des risques encourus. La fracturation est néfaste pour le climat, pour l’environnement et pour les gens qui habitent sur les sites d’extraction. Quand le gouvernement va-t-il se réveiller et réaliser qu’il a choisi le mauvais cheval ? », s’insurge Liz Hutchins des Amis de la Terre sur le site.

    Pour ses partisans en revanche, le gaz de schiste est le carburant le moins polluant. Par ailleurs, l’exploitation du sous-sol représente une alternative aux ressources amoindries de la mer du Nord, à tel point que la région de Lancashire est surnommée par les prospecteurs « la nouvelle mer du Nord ». Le nord de l’Angleterre et les Midlands (le bassin géologique du Bowland) sont particulièrement riches en schiste et pourraient représenter plusieurs décennies d’approvisionnement en énergie, avaient argué les acteurs économiques du secteur.

    Mais les scientifiques du British Geological Survey (BGS), l'agence nationale de sismologie, tempèrent grandement ces ardeurs : si la quantité de gaz présente est seulement une estimation, « la proportion de gaz qu’il est possible d’extraire est inconnue puisqu’elle dépend de facteurs géologiques, économiques et sociaux inhérents à chaque opération. Le gaz de schiste a clairement du potentiel en Grande-Bretagne mais cela va demander des expertises géologiques, des investissements et la protection de l’environnement ». Le BGS estime à plusieurs milliards de mètres cubes les réserves de gaz de schiste dans cette zone souterraine du Bowland.

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