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    Pour les élections municipales, la Belgique mise sur la diversité

    media Les candidats du parti écologiste, dont la jeune Yasmia Atta (à gauche), à Anvers. Sabine Cessou/RFI

    Les élections municipales du 14 octobre en Belgique font largement place à la diversité. Des candidats issus de l’immigration sont présents sur les listes de gauche comme de droite, de Bruxelles à Anvers, avec notamment une nouvelle génération d’afro-descendants qui s’engage en politique pour prendre part aux décisions.

    Logement, sécurité et décolonialité : telles étaient les grandes lignes d’un débat préélectoral organisé le 11 octobre à l’étage d’un restaurant sénégalais, l’Horloge du Sud, situé au carrefour du quartier européen et de Matonge, petit quartier « afro » de Bruxelles. Sur les six candidats présents, figuraient quatre femmes et trois afro-descendants, d’origines belgo-congolaises, rwandaise et burkinabè.

    Ils sont revenus, en s’envoyant des piques dans une ambiance bon enfant, sur la polémique provoquée par l’instauration fin juin d’une place à la mémoire de Patrice Lumumba, héros de l’indépendance du Congo belge. Une décision d’abord refusée par la commune d’Ixelles, faisant partie de Bruxelles-Capitale et où se trouve Matonge, puis adoptée par la mairie de Bruxelles, un cran au-dessus.

    Quel avenir pour Matonge, le quartier afro d’Ixelles ?

    Christos Doulkeridis, tête de liste du parti écologiste et d’origine grecque, a évoqué un « acte manqué d’Ixelles, par rapport à un devoir de mémoire que l’on doit à nos citoyens, et un passé qu’il faut décoder avec les regards d’aujourd’hui ». Karen Kaneza, d’origine rwandaise et membre de la liste du Parti socialiste (PS) - l’un des partis majoritaires à Ixelles -, a proposé d’aller plus loin en faisant la « promotion touristique de Matonge ». Un quartier encore perçu – à tort - comme malfamé ou dangereux, et évité par la masse annuelle de touristes qui déferle à Bruxelles.

    Dans la salle, un public cosmopolite, composé aux deux tiers de Belges, de Français habitant Ixelles et d’électeurs africains, a débattu du caractère populaire et africain de Matonge, qui est menacé par la gentrification du quartier, où les prix des loyers s’envolent. En cause, sa proximité avec les grandes institutions européennes, le Parlement et la Commission, mais aussi les faiblesses de son ingénierie sociale, avec seulement 30 logements sociaux construits sur les quatre années de la législature passée.

    Visages de la diversité dans le fief de l’extrême droite

    À Anvers, la même bonne humeur prévalait le 12 octobre, lors du tournage d’un dernier petit film de campagne du parti vert. Autour de sa tête de liste, Wouter Van Besien, se trouvent des colistiers issus de la diversité, dont Yasmia Satta, 24 ans, étudiante et travailleuse sociale d’origine égyptienne. Numéro 4 sur la liste, elle est la plus jeune candidate de la ville. Son programme, si elle est élue, propose de « faire doubler le budget destiné à la jeunesse et revenir sur l’interdiction du foulard islamique dans les écoles communautaires flamandes, ainsi que les postes des administrations publiques où les agents sont en contact avec les usagers ».

    Dans la seconde ville de Belgique, néerlandophone, où se trouve le fief du parti d’extrême droite Vlaams Belang, la diversité s’est imposée ces dernières années, et ce parmi tous les partis politiques classiques, de gauche comme de droite. Ceux-ci n’ont pas seulement fait « cordon sanitaire » autour du Vlaams Belang après ses scores historiques de plus de 33% en 2000 et 33,5% en 2006, avant de retomber à 10,2 % en 2012.

    L’onde de choc laissée par un meurtre raciste

    Tout a changé après le meurtre raciste d’une jeune femme malienne et de la petite fille belge dont elle avait la garde, commis en mai 2006 en plein jour, par le neveu d’une députée du Vlaams Belang. « Ce parti s’était rendu populaire en étant anti-immigrés, anti-diversité et islamophobe », explique le Sénégalais Omar Ba, cofondateur de l’association Mémoire coloniale et membre de l’European Network of People of African Descent (ENPAD - Réseau européen des personnes afrodescendantes). « La réponse a été d’être anti-extrême droite chez les partis traditionnels, et de combler le fossé qui existait en termes de diversité, mais d’abord de manière cosmétique, avec des étrangers sur les listes qui faisaient de la figuration », raconte cet habitant d’Anvers.

    Après le crime raciste de 2006, une plateforme de la société civile qu’Omar Ba a coordonnée a porté, explique-t-il, des « revendications pour changer le "narratif" sur l’immigration, et encourager les immigrés à intégrer les structures des partis, pour les rendre vraiment inclusifs et être là où les vraies décisions se prennent. Nous avons été entendus ». De manière concomitante, le droit de vote a été accordé en 2006 aux ressortissants étrangers, contribuant à adoucir les discours politiques à leur sujet, puisque cette part de 15% de l’électorat peut faire la différence dans les majorités fragiles qui sortent des scrutins menant toujours à des coalitions en Belgique.

    Résultat : sur les sept têtes de liste qui se disputent la majorité à Anvers, tous sont des hommes blancs de 39 à 56 ans, à l’exception d’une femme, Jinnih Beels, 40 ans, de père belge et de mère indienne, qui mène campagne pour le Parti socialiste (SPA). Ancienne officière de police, elle s’est d’abord mobilisée contre le racisme dans sa corporation avant d’entrer en politique. Signe des temps qui changent : c’est en tant qu’indépendante qu’elle a accepté de mener la liste du SPA face au maire sortant de droite, Bart De Wever, donné comme favori pour décrocher un nouveau mandat.

    Sur la liste du parti du maire, le NVA, les candidats issus de l’immigration ne font pas non plus de la figuration. En troisième position figure Nabila Aït Daoud, d’origine marocaine, nommée en 2013 échevine (maire adjointe) à la jeunesse et l’environnement.

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