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    Europe

    Elections européennes: la démocratie à l’épreuve du nationalisme et des fausses nouvelles

    media Les citoyens de l’Union européenne éliront leur Parlement le 26 mai prochain, une élection inédite avec le départ annoncé du Royaume-Uni. Reuters

    C’est une Europe désunie qui se rendra aux urnes en mai prochain. Non seulement pour la première fois de son histoire un pays membre de l’Union européenne l’aura quittée, mais les crises et sujets de divisions ne manquent pas. Immigration, renforcement de la zone euro, budget, ou encore conflit en Ukraine, urgence climatique, voilà autant de défis à relever où le consensus est difficile à trouver. Mais l'un des plus importants enjeux du scrutin concerne l'avenir même de la construction européenne, remise en question par les mouvements nationalistes, autoritaristes et europhobes.

    De la droite conservatrice à la social-démocratie, les forces politiques classiques et pro-européennes reculent, un peu partout en Europe, sous les coups de boutoir de mouvements qui prônent le repli sur soi et des exécutifs durs. Hongrie et Pologne ont des gouvernements autoritaires et nationalistes, l’extrême droite est au pouvoir en Italie avec les populistes, et en Autriche avec la droite, elle émerge en Espagne avec le parti Vox. Cette cartographie politique est un élément clé du prochain scrutin européen estime le professeur Thierry Chopin, de l’université catholique de Lille et de l’institut Jacques Delors : « L’un des principaux enjeux est le clivage qui risque de structurer les prochaines élections européennes et qui oppose d’un côté les modérés aux radicaux, qui oppose les partisans de la démocratie libérale à des formes d’autoritarisme majoritaire, qui oppose encore finalement une économie sociale de marché ouverte à des tentations de repli sur les frontières et qui oppose aussi sur le plan extérieur la défense d’un système international multilatéral à une multipolarité très agressive de l’autre côté. »

    Le Brexit n’est pas pour rassurer ceux, spécialistes ou responsables politiques, qui craignent pour la survie, à terme, de l’Union européenne. « Le risque d’implosion pour l’Europe est évident ! estime même le sénateur La République en Marche (LREM), André Gattolin, membre du Mouvement Européen : « Après le Brexit, ce risque existe en Italie, et dans d’autres pays d’Europe qui ne sont pas satisfaits, comme ceux du groupe de Višegrad (Pologne, Hongrie, Slovaquie, République Tchèque), qui disent qu’il y a 'trop' d’Europe. Ces pays veulent bien obtenir davantage de subventions et d’aides européennes mais veulent pouvoir avoir la main sur une gouvernance 'illibérale'». Gouvernance qui fait fi en effet de règles européennes comme l’indépendance de la justice ou la liberté de circulation.

    Un Parlement éclaté, sans majorité

    Le risque de voir les fondements de l’UE remis en cause se situe toutefois davantage au niveau du Conseil européen des chefs d’État, analyse Thierry Chopin qui doute que les forces europhobes soient en mesure de se regrouper à l’issue des élections : « Ces différentes forces politiques populistes comme on les appelle - et le terme est peut-être un peu trop général - désignent de manière assez confuse à la fois l’extrême droite, les conservateurs souverainistes et nationalistes, les eurosceptiques, les europhobes ; et bien sûr il englobe parfois même sous l’étiquette populiste la gauche radicale. Ce sont autant de forces qui siègent dans des groupes politiques différents au Parlement, et qui n’ont que peu de chances de s’unir davantage en mai prochain qu’en 2014. »

    L’idée d’une majorité parlementaire hostile à la construction européenne, et son corollaire, un vote dicté par l’idée de « faire barrage » à l’extrême droite et au populisme ne convainc pas l’eurodéputé écologiste José Bové, pour qui ces forces politiques n’auront « mécaniquement » jamais la majorité, du fait de cette hétérogénéité. « Ils peuvent rêver comme ils veulent, aucun groupe parlementaire ne peut être majoritaire et nous travaillons donc par consensus ou par compromis. Donc il y aura, clairement, un barrage à toutes ces idées. Et c’est pour cela que je ne crois pas aujourd’hui à ce risque de Parlement européen ‘brun-noir’ ».

    Toutefois, même si le départ annoncé du Royaume-Uni, fin mars normalement, va entraîner celui d’un important contingent de députés hostiles à l’intégration comme le rappelle José Bové, toutes les études montrent que les partis eurosceptiques devraient progresser lors du scrutin du 26 mai.

    A qui profite l’euroscepticisme ?

    D’autant que cette évolution politique intérieure de l’Union européenne la fragilise aussi face à ses adversaires extérieurs : « le nationalisme virulent, la forte animosité à l’égard de la construction européenne crée des tentations du côté des gens qui sont hostiles à l’Europe, en partie du côté des États-Unis, mais plus encore de la Russie, redoute André Gattolin. Tentation par exemple de renforcer la présence et les moyens d’action de cette contestation ambiante tant au niveau des Etats qu’à l’encontre des institutions européennes. » La lutte contre les fausses nouvelles, à l’approche des élections, devient un autre enjeu essentiel. Le phénomène est avéré, et largement attribué à la Russie : « Toute une série d’analyses montrent que dans les principaux scrutins qui se sont déroulés en particulier au cours des deux dernières années, il y a divulgation massive soit de fausses nouvelles soit de nouvelles dirons-nous propagandistes, rappelle André Gattolin. Ces nouvelles transitent très largement soit par des médias 'officiels' comme Russia Today ou l’agence Sputnik, soit par des systèmes de faux comptes sur les réseaux sociaux. » Le vice-président de la Commission européenne, Andrus Ansip, s’en est d’ailleurs ému récemment.

    Mais la propagande anti-Union européenne des États-Unis doit aussi être prise au sérieux. Certes l’allié de Bruxelles a toujours été, aussi, un rival, et Washington n’est pas en manque de moyens d’influence. Mais « que ces attaques viennent également aujourd’hui explicitement des États-Unis est un fait absolument nouveau, constate Thierry Chopin. Quand on voit que l’ancien conseiller du président américain Steve Bannon a récemment organisé un mouvement pour fédérer les extrêmes droites européennes, il est évident que cela doit nous inquiéter. »

    Faire poids face aux géants du net

    Les électeurs, eux, ont parfaitement conscience des luttes d’influence et des dangers de manipulation sur internet. Selon une étude de la Commission européenne, 59% des citoyens de l'UE redoutent l’influence d’acteurs étrangers ou de groupes criminels sur l’élection, et 67% craignent que leurs données personnelles en ligne soient récupérées à des fins de ciblage politique. En France, selon une autre étude réalisée par l’Ifop pour le colloque sur l’influence de la Russie en Europe, 68% des personnes interrogées pensent que le Kremlin a une responsabilité importante dans la propagation des fausses nouvelles.

    En décembre, la Commission a annoncé un plan de lutte contre les fausses nouvelles et le piratage informatique, suite au vaste chantier lancé le printemps dernier sur le sujet. Mais ce pas important arrive toutefois bien tard et ses moyens sont limités. Obtenir en quelques mois des grandes plateformes numériques qu’elles jouent le jeu de la transparence relève de la gageure.


    La société d'avocat Tourné & Bonnieu, conseil juridique de RT FRANCE, a fait parvenir à RFI un droit de réponse que nous insérons ci-dessous :

    « RT FRANCE réfute catégoriquement les propos de M. André Gattolin cités dans le cadre de l’article "Elections européennes : la démocratie à l’épreuve du nationalisme et des fausses nouvelles" lui imputant d’être un "média officiel" qui propagerait des fausses nouvelles nouvelles et des nouvelles "propagandistes" destinées à influencer les principaux scrutins européens. RT FRANCE réfute fermement ces imputations qui atteignent sa probité et celles de ses journalistes, tous titulaires d’une carte de presse française.

    RT FRANCE relève par ailleurs qu’aucun exemple ne vient étayer une telle accusation.

    Le fait que RT FRANCE soit une chaîne d’information publique russe, à l’instar en France de France INFO ou de FRANCE 24, n’a aucune incidence sur l’indépendance de sa ligne éditoriale, ni sur celle de ses journalistes.

    RT FRANCE rappelle par ailleurs qu’elle a conclu une convention avec le CSA et que sa chaîne a toutes les autorisations d’émettre en France.

    RT FRANCE n’a en définitive pas d’autre vocation que d’informer le public de la manière la plus professionnelle, sérieuse et impartiale qui soit. »

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