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    Europe

    Pologne: le maire de Gdansk meurt après une agression au couteau

    media Le maire du grand port polonais de Gdansk, Pawel Adamowicz, avait été grièvement blessé au couteau dimanche 13 janvier lors d'une collecte de fonds pour une organisation finançant l'achat de matériel médical. Reuters

    En Pologne, le maire de Gdansk, Pawel Adamowicz, a succombé ce lundi à ses blessures, après avoir été victime la veille d'une attaque au couteau, lors d'une manifestation publique. Les médecins l'ont opéré pendant cinq heures mais n'ont pu le sauver  Âgé de 53 ans, Pawel Adamowicz était maire de cette grande ville portuaire du nord de la Pologne depuis 1998.

    « En dépit de tous nos efforts, on n'a pas réussi à le sauver », a regretté Tomasz Stefaniak, médecin à l'hôpital universitaire de Gdansk. Le maire de la ville, Pawel Adamowicz, avait en effet été admis en urgence dimanche 13 janvier au soir suite à une attaque au couteau survenue sur un podium dressé à l'occasion d'une manifestation caritative. Pawel Adamowicz avait perdu beaucoup de sang. Opéré durant cinq heures dans la nuit du 13 au 14, il était, depuis, sous machine, dans un état grave, avec un pronostic incertain en raison de ses nombreuses blessures, notamment au coeur et au diaphragme.

    L'agresseur, identifié depuis, était sorti de prison il y a quelques semaines. Il avait été incarcéré pour plusieurs attaques à main armée dans des banques de la ville. Avant d'être interpellé, il a accusé le principal parti d'opposition, la Plateforme civique, ancien parti de Pawel Adamowicz, d'être responsable de tortures envers sa personne. « C'est pourquoi Adamowicz meurt », a-t-il lancé.

    Ce lundi 14 au matin, de nombreuses personnes à Gdansk avaient répondu à un appel au don de sang. Le Premier ministre Mateusz Morawiecki et le ministre de l'Intérieur Joachim Brudzinski, membres du parti Droit et Justice (PiS) au pouvoir, ont déjà réagi pour dénoncer cet « attentat ». Le président de la République, Andrzej Duda, prévoit l'organisation d'une «marche contre la violence et la haine».


    Apprécié par certains, détesté par d’autres

    Des rassemblements ont lieu ce lundi soir dans les grandes villes polonaises pour rendre hommage à Pawel Adamowicz, un maire apprécié par certains, détesté par d’autres.

    Avec notre correspondant à Varsovie,  Thomas Giraudeau

    Une salle d’attente bondée au centre de don du sang à Gdansk : plusieurs dizaines de personnes sont venues pour tenter de sauver Pawel Adamowicz, sans succès. Maire de la ville de Gdansk depuis 1998, réélu cinq fois par les habitants, cet homme politique libéral affichait ses idées et son opposition au gouvernement conservateur polonais.

    Pawel Adamowicz participe à la Gay Pride, défend l’indépendance de la justice du pays. Il fait aussi de Gdansk une ville très ouverte aux migrants, crée un centre qui leur vient en aide. Il fait voter un ensemble de principes pour les accueillir au mieux. Tout cela lui vaut de multiples critiques du gouvernement et de la télévision publique qu’il contrôle, voire des menaces.

    En 2017, la Jeunesse polonaise, un mouvement d’extrême droite, publie un « certificat de décès » symbolique du maire de Gdansk. Dimanche soir, juste avant d’être attaqué sur la scène de l’événement de charité, Pawel Adamowicz a rendu hommage à sa ville, qu’il voulait pleine de bonté et de tolérance.


    REPORTAGE

    Dans plusieurs grandes villes du pays, et même à l’étranger, à Londres et Berlin, des milliers de personnes se sont rassemblés lundi soir pour rendre hommage au maire de Gdansk. Comme à Varsovie, où les plus de 1000 participants se demandent comment un tel drame a pu arriver.

    Devant le palais de la Culture, monument historique de Varsovie, une grande foule d’hommes et de femmes tiennent des bougies à la main et chantent l’hymne national. Avec tous en tête cette image du maire de Gdansk poignardé en plein événement de charité.

    Un symbole pour Katarzyna : « Pour moi, c’est vraiment horrible, terrible que ce se soit déroulé à ce moment-là. Ce type d’événement doit nous unir, nous, les Polonais. Mais là, cet acte, cette attaque a montré la division de notre société. »

    Avant d’être interpellé, l’agresseur a justifié son geste, invoquant des motifs politiques. Une vengeance vis-à-vis du parti libéral, auquel appartenait la victime. Une ligne rouge a été franchie selon Ewa : « C’est l'apogée, le summum de la parole haineuse. Elle était présente dans les médias, relayée par des politiques. Et maintenant elle est dans la rue, dans les actes. La preuve avec ce qu’il s’est passé, l'assassinat du maire de Gdansk. »

    Pour Isabella, les hommes et femmes politiques polonais portent tous une part de responsabilité : « La droite, la gauche, tous les partis se détestent. Le président du mouvement au pouvoir, ici, traite de la pire des façons ses opposants politiques. Il les considère comme des anti-Polonais. L’assassinat de M. Adamowicz est la conséquence de cette haine. »

    Sur demande de la famille du maire, le président polonais a renoncé à son projet de marche commune à l’ensemble des partis. Le jour des funérailles de Pawel Adamowicz sera une journée de deuil national en Pologne.
    T.G

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