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    Europe

    En Belgique, les «gilets jaunes» peinent à mobiliser

    media Manifestation des «gilets jaunes» belges sous tension à Bruxelles samedi 8 décembre 2018. REUTERS/Yves Herman

    Les «gilets jaunes» en Belgique se sont levés contre la hausse du carburant en novembre, en même temps que les protestaires de France. Moins forte et limitée aux villes de Wallonie, la mobilisation a faibli depuis. Et ce, malgré l’intention du mouvement de s’organiser pour former un parti politique et présenter des candidats aux élections fédérales de mai 2019.

    Namur, Mons, Charleroi, Liège… C’est dans ces villes de Wallonie désindustrialisées et sinistrées que les «gilets jaunes» se sont levés mi-novembre en Belgique. Deux jours à peine après le début de leurs blocages d’axes routiers, ils se sont donné un nom, le Mouvement citoyen belge (MCB). Problème : cette appellation existe déjà, déposée par un petit parti politique qui compte à peine 2 000 amis sur Facebook.

    En attendant de trouver un nouveau nom, qui tarde à être annoncé, le programme des « gilets jaunes » de Belgique tient en quelques mots. Claude Gilles, l’un des leaders du mouvement et ancien membre du Parti populaire (PP), un micro-parti créé en 2009 et flirtant avec l’extrême droite, l’a ainsi décliné : « Nous serons là pour porter la voix de citoyens qui en ont marre, qui sont à bout. Nous prônerons naturellement le référendum et exigerons que le citoyen soit à la base de la réflexion politique belge ».

    Un pic d’un millier de manifestants à Bruxelles

    Comme en France, le mouvement spontané a été suivi de près par les partis politiques de gauche comme de droite. Le Parti communiste belge (PCB) a notamment appelé le 3 décembre à la « convergence urgente des luttes avec un plan d’actions radicales pour faire reculer les politiques antipopulaires des gouvernements nationaux et de l’Union européenne. »

    Quelques jours plus tard, le mouvement atteignait un pic d’un millier de manifestants à Bruxelles. Le déploiement des forces policières, spectaculaire le 8 décembre, s’est soldé par l’arrestation de près de la moitié des « gilets jaunes » – soit 450 au total, avec 10 inculpations de « casseurs ».

    Ces 1 000 contestataires, un chiffre très réduit par rapport à la France, étaient aussi beaucoup moins nombreux que les masses ayant défilé à la même période à Bruxelles. Pour mémoire, une manifestation monstre a rassemblé 65 000 personnes le 2 décembre contre le changement climatique, à l’ouverture de la COP 24 en Pologne. Le 16 décembre, 5 500 manifestants sont descendus dans la rue lors de la « marche contre Marrakech », pour refuser le Pacte mondial sur les migrations des Nations unies.

    Un contexte politique différent

    Cité par le site d’information 7sur7, le professeur et chroniqueur Vincent Engel estime que le mouvement, en France et en Belgique, « est le résultat de la destruction lente, mais certaine, de corps intermédiaires » tels que les syndicats. Pourquoi les « gilets jaunes », apparus dans les régions francophones de la Belgique, moins dynamiques sur le plan économique que la Flandre, ne prennent pas la même ampleur qu’en France ?

    Anne Morelli, professeure d’histoire à l'Université libre de Belgique (ULB) et experte des mouvements sociaux, estime que dans le modèle jacobin et centralisé de la France, l’ennemi est clairement identifié en la personne du président Emmanuel Macron. « En Belgique, poursuit-elle, se bat-on contre le gouvernement fédéral, contre les régions, contre les communautés? Les pouvoirs sont extrêmement morcelés et chaque niveau de pouvoir peut rejeter la responsabilité en déclarant : 'On vous comprend, mais cela ne ressort pas de notre compétence'. Ce qui peut conduire à une certaine démobilisation. »

    Le mouvement retombe

    En outre, le gouvernement de centre-droit du Premier ministre Charles Michel est tombé le 18 décembre, en raison de la défection des nationalistes flamands NVA de la coalition au pouvoir. Ce parti a marqué son désaccord avec le Pacte mondial sur les migrations de l'ONU. Jusqu’aux élections fédérales anticipées de mai 2019, le gouvernement gère donc les affaires courantes. Il est encore moins susceptible de répondre aux demandes sociales.

    D’ici là, que feront les « gilets jaunes » sur le plan politique ? La question reste posée, sans réponse pour l’instant. Seule certitude : le 12 janvier, la contestation sur les routes et dans les villes est retombée comme un soufflé. Les « gilets jaunes » n’étaient plus, à la mi-janvier, que 400 à marteler des slogans à Mons, devant le domicile d’Elio di Rupo, président du Parti socialiste (PS). Puis seulement 60 à Bruxelles, pour protester contre la hausse des factures d’électricité devant le siège de la société Engie-Electrabel.

    Un mort a été déploré le 12 janvier à Visé, une localité de la frontière belgo-néerlandaise proche de Maastricht. Un « gilet jaune » belge a été délibérément écrasé par un chauffeur de poids lourd néerlandais, qui a forcé un barrage et pris la fuite, avant d’être arrêté aux Pays-Bas. Une demande d’extradition a été faite pour que son jugement ait lieu en Belgique. Cette affaire occupe plus les médias du royaume, désormais, que les « gilets jaunes » eux-mêmes.

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