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    Europe

    Allemagne: débat interne compliqué à la CDU sur l’immigration

    media Annegret Kramp-Karrenbauer considérée comme la dauphine de la chancelière Angela Merkel organise des «ateliers» sur la politique d'immigration de celle-ci au sein du CDU. REUTERS/Fabrizio Bensch

    A Berlin, deux mois après avoir succédé à Angela Merkel à la tête de la CDU, la nouvelle présidente du parti chrétien-démocrate Annegret Kramp-Karrenbauer réunit sa formation pour un débat interne. Il doit durer 48 heures à l’ordre du jour : un examen minutieux de la grande décision prise ces dernières années par la chancelière allemande sur l’ouverture des frontières allemandes à des centaines de milliers de réfugiés en 2015.

    Les discussions en cours depuis hier au siège de la CDU s’appellent « atelier ». Mais si la discussion est ouverte entre les responsables et militants du parti et des experts externes, ça n’est pas un nouveau modèle complètement différent qui doit ressortir de cet atelier. Elue de justesse il y a deux mois face à un adversaire plus conservateur, Annegret Kramp-Karrenbauer veut mettre en avant sa volonté de dialogue sur la migration qui a remué les troupes chrétiennes-démocrates.

    Un débat délicat

    Beaucoup d’entre eux ont eu le sentiment que l’Etat perdait le contrôle de ses frontières et de l’immigration en général. Mais d’un autre côté, pas question de démonter la chancelière qui reste très populaire dans le parti comme à l’extérieur. Quatre groupes de travail composés de praticiens et d’experts se réunissent aujourd’hui et doivent faire des propositions sur l’avenir. On peut se demander si après tous les débats des dernières années des choses nouvelles sortiront de cet atelier d’après notre correspondant à Berlin.

    Le débat est délicat juge Hans Stark, professeur de civilisation allemande à la Sorbonne et chercheur à l’IFRI : « Même si l’on ne le dit pas comme ça ouvertement, il s’agit de crever l’abcès, car les divisions internes ont vraiment profondément affecté l’ensemble de cet appareil politique qui est l’Union démocrate-chrétienne et surtout, ces divisions sont à l’origine du renforcement du parti populiste et d’extrême droite, l’AFD. Donc ce débat, aujourd’hui, vise à trouver un équilibre, car il s’agit à la fois de faire un mea culpa, mais ce mea culpa ne doit pas affaiblir la chancelière Merkel qui est encore au pouvoir aujourd’hui. »

    « Une mesure unique dans un contexte unique »

    Celle que les médias surnomment par ses initiales AKK, a jeté mardi un pavé dans la mare en annonçant que son parti CDU ferait le 11 février un bilan critique de la politique migratoire suivie en Allemagne ces dernières années. Elle affirme depuis le début de l’année sa différence avec Angela Merkel avec un cap nettement plus conservateur :

    Hans Stark précise qu’il s’agit aussi pour la CDU d’arriver à un équilibre dans la critique : « Il ne s’agit nullement de s’autoflageller, mais, en même temps, il faut aller suffisamment loin dans l’autocritique pour justement montrer aux électeurs de la CDU que le parti a compris. Que cette politique menée par Angela Merkel en 2015 a été une mesure unique dans un contexte également unique. Que le parti n’a aucune intention de refaire cette politique si jamais l’ampleur migratoire retrouve les chiffres de l’année 2015, 2016. »

    Pour notre correspondant à Berlin, Pascal Thibaut, à l’arrivée, on est surtout dans le symbolique. Il faut prouver à la base qu’on l’écoute, offrir une thérapie de groupe d’où il ne ressort pas forcément du concret, mais au moins une pacification interne. La CDU veut espérer que la migration et l’accueil de centaines de milliers de réfugiés ne vont pas tarauder sur la durée le parti comme les réformes sociales de l’ex-chancelier social-démocrate Schröder dont le SPD débat toujours. Ça n’est d’ailleurs peut-être pas un hasard si Annegret Kramp-Karrenbauer a salué hier les sociaux-démocrates réunis autour d’elle provoquant l’hilarité générale.

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